Le Nigeria ambitionne de devenir un pôle créatif mondial, visant 10% du PIB et 100 milliards de dollars d’ici 2030, grâce à des initiatives stratégiques pour son secteur culturel.
Le ministère de la Culture et de l’Industrie créative du Nigeria a annoncé un partenariat stratégique avec Chocolate City Group pour transformer le National Film Institute (NFI) en une école de cinéma et un centre de production de calibre mondial. L’accord, signé en marge du Festival de Cannes qui s’achève le samedi 24 mai, prolonge un mémorandum d’entente conclu à la mi-avril à Abuja.
Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du plan national de Soft Power et de tourisme du Nigeria « Destination 2030 : Nigeria Everywhere », a pour objectif de revitaliser en profondeur les infrastructures du NFI et de moderniser ses programmes de formation. Un aspect essentiel de cette mue sera l’établissement de programmes d’échanges internationaux avec des institutions cinématographiques de premier plan à travers le monde, positionnant ainsi le NFI comme un pôle d’excellence mondial.
« Pendant trop longtemps, nos cinéastes les plus prometteurs ont dû suivre une formation technique à l’étranger. Nous investissons dans des infrastructures qui transforment les talents bruts en professionnels de renommée internationale, ici même au Nigeria, générant ainsi des retombées culturelles et économiques », a déclaré la ministre de la Culture, Hannatu Musawa, évoquant l’urgence de cette modernisation.
Une ambition pour l’avenir de Nollywood
Actuellement, le NFI, malgré son rôle historique dans la formation de nombreux professionnels de Nollywood, opère avec des installations limitées, peinant à suivre le rythme d’une industrie cinématographique nigériane en pleine croissance. Le partenariat avec Chocolate City Group aspire à combler ces lacunes, avec en ligne de mire la formation de 10 000 étudiants au cours des dix prochaines années. Le groupe s’engage également à mobiliser des financements durables et à créer des débouchés professionnels au niveau mondial.
Audu Maikori, cofondateur et président de Chocolate City Group, a insisté sur l’importance de cette vision : « Nous assistons à la renaissance créative du Nigeria, et l’éducation est le fondement de cette renaissance. Repenser l’enseignement du cinéma de A à Z permettra de préparer les étudiants aux opportunités existantes et de leur donner les moyens d’en créer de nouvelles, tout en faisant rayonner le récit nigérian sur la scène internationale ».
Un pilier pour l’économie nationale
Au-delà de la refonte du NFI, le partenariat prévoit également le développement de salles de concert, la détection et l’encouragement de nouveaux talents, la création de canaux de distribution mondiaux pour le contenu nigérian, et le renforcement des cadres de propriété intellectuelle. Le gouvernement fédéral soutiendra financièrement ce projet via la Société d’infrastructure créative et touristique (CTICo), un nouvel instrument d’investissement catalytique pour les secteurs créatif et touristique.
Ces initiatives convergent vers l’ambitieux dessein de faire du Nigeria un pôle créatif et technique majeur pour les productions mondiales. L’administration Tinubu vise en effet à propulser le secteur créatif à une contribution de 10 % du PIB d’ici 2030, ajoutant ainsi 100 milliards de dollars à l’économie, selon une feuille de route dévoilée en janvier 2024. À titre de comparaison, l’industrie du cinéma et de la musique enregistrée représentait environ 1,1 % du PIB du Nigeria en 2022, selon la plateforme Statista.







