Dans un moment où les capitaux se raréfient pour les projets pétroliers et gaziers en Afrique, le Nigeria pilote la mise en place d’un forum panafricain des régulateurs du secteur, l’African Petroleum Regulators Forum (AFRIPERF).
Réunis à Accra le 18 septembre lors de l’Africa Oil Week, 16 pays africains ont signé ou soutenu la charte d’AFRIPERF. Présidé par Gbenga Komolafe, patron du régulateur nigérian de l’amont pétrolier, ce forum veut devenir la plateforme continentale de coopération et de normalisation du secteur pétrolier. L’objectif est de créer un environnement plus lisible et transparent pour débloquer les capitaux, alors que les investissements pétroliers en Afrique reculent fortement.

Ces dernières années, ExxonMobil a quitté le Ghana, Equinor l’Afrique du Sud, tandis que plusieurs grands projets, de l’EACOP en Ouganda au GNL du Mozambique, affrontent retards et difficultés de financement. Le phénomène est accentué par la pression des banques et institutions financières internationales qui réduisent leur exposition aux énergies fossiles.
C’est ce que qualifie la Chambre africaine de l’énergie (CAE) d’« apartheid financier ». Dans un document publié récemment, elle explique qu’en Europe, le gaz naturel est financé, car classé énergie de transition, mais pas en Afrique où les coûts sont jugés trop élevés. Dans ce contexte, des règles unifiées entre pays producteurs pourraient améliorer la sécurité juridique, raccourcir les délais et rendre les projets plus attractifs.
L’urgence est renforcée par la dynamique propre au secteur. Le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) montre que les taux de déclin des gisements s’accélèrent, en particulier pour les champs en mer et le schiste. Sans investissements continus, la production mondiale perdrait l’équivalent des volumes combinés du Brésil et de la Norvège chaque année. Or, près de 90 % des investissements en amont servent simplement à compenser ce déclin.
Pour l’Afrique, où 600 millions de personnes n’ont pas d’électricité et 900 millions n’ont pas accès à des technologies propres de cuisson, ce désengagement menace directement la sécurité énergétique et les recettes budgétaires.


