La Côte d’Ivoire, deuxième producteur africain d’huile de palme brute derrière le Nigeria, mais premier exportateur du continent, s’impose comme un acteur clé du secteur. Pour préserver ce leadership, la filière mise notamment sur le renforcement de sa compétitivité régionale.
En Côte d’Ivoire, le ministère de l’Agriculture vient d’approuver une nouvelle stratégie pour le développement de la filière palmier à huile. D’un coût total de 245,9 milliards de francs CFA (440 millions $), cette feuille de route élaborée à l’initiative du Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco (CHPC) sera mise en œuvre au cours des 10 prochaines années.
Dans un communiqué publié sur son site le 1er octobre, ledit ministère indique que cette feuille de route s’articulera autour de 5 axes d’intervention stratégique, dont l’amélioration de la productivité des vergers villageois, à laquelle sera consacré 61 % du budget prévu, la promotion de la durabilité dans la filière et le développement de mécanismes de financement adaptés.
Selon les autorités, cette stratégie vise à bâtir une filière « compétitive, durable, inclusive et moteur de croissance économique » en levant les obstacles susceptibles de freiner sa progression au cours des prochaines années. Parmi les défis identifiés figurent notamment le vieillissement des vergers, les exigences croissantes des marchés internationaux en matière de traçabilité et de durabilité, ainsi que la concurrence des huiles asiatiques sur le marché de la CEDEAO.

Près de 25 % de la production ivoirienne d’huile de palme brute est exportée vers les pays de la sous-région, tels que le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Ghana et le Nigeria. Les données compilées par le Département américain de l’Agriculture (Usda) indiquent, par exemple, que la production d’huile de palme en Côte d’Ivoire s’est élevée en moyenne à 573 000 tonnes par an entre 2021 et 2024.
Par ailleurs, l’enjeu pour la filière ivoirienne d’augmenter la productivité des vergers de palmier à huile sera également d’exploiter le potentiel de l’industrie locale sur le segment de la première transformation, qui fonctionne en surcapacité.
Dans son dernier rapport sur le marché des oléagineux en Côte d’Ivoire, l’USDA indique notamment que les huileries du pays ont une capacité d’absorption estimée à 152 % du potentiel de production actuel, ce qui indique un déficit de régimes de palme de 52 %. « Cela signifie que les capacités de transformation installées dépassent la disponibilité des matières premières à l’échelle nationale », souligne le rapport.
C’est dans ce contexte que le Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco (CHPC) a décidé, depuis le 3 juin dernier, d’arrêter la délivrance de nouvelles autorisations pour l’installation ou l’extension de la capacité des usines de première transformation des produits issus du palmier à huile.







