Contrainte par les sanctions occidentales, la multinationale russe Lukoil a décidé de se délester de ses actifs pétroliers situés hors de la Russie. Plusieurs compagnies internationales, parmi lesquelles la compagnie publique émiratie ADNOC, ont manifesté leur intérêt pour ces actifs.
Alors que plusieurs sociétés se positionnent sur les actifs pétroliers étrangers mis en vente par Lukoil, aucune compagnie publique africaine n’a, pour l’heure, été citée parmi les acquéreurs potentiels. La cession de ces participations ouvre, sur le plan contractuel, une possibilité pour les compagnies pétrolières nationales du continent d’ajuster leur présence dans les projets où elles figurent déjà parmi les partenaires.
Évalué à environ 22 milliards de dollars selon des informations relayées mardi 18 novembre par la presse internationale, le portefeuille d’actifs à l’étranger de Lukoil regroupe des intérêts dans plusieurs projets africains, notamment au Nigeria, au Cameroun, en Égypte et au Ghana. En principe, et souvent dans les contrats pétroliers, les compagnies d’État de ces pays disposent d’un droit de préemption lorsque les procédures de cession sont ouvertes. Par exemple, la législation pétrolière nigériane (Petroleum Industry Act) prévoit un « right of pre-emption » pour l’État en cas de transfert de licence.
La possibilité d’exercer ce droit s’inscrit dans une dynamique plus large qui touche la gouvernance énergétique sur le continent. Depuis quelques années, plusieurs gouvernements africains cherchent à renforcer le rôle de leurs compagnies publiques dans l’industrie pétrolière. Les politiques de contenu local, les réformes législatives et la volonté de capter une plus grande part de la valeur produite ont ainsi accru l’importance du contrôle public dans le secteur pétrogazier.
À ce stade, rien ne permet pour l’instant d’établir si des compagnies nationales africaines envisagent de se positionner sur les actifs mis en vente, d’autant plus que tous ne correspondent pas nécessairement à leurs priorités ou à leurs capacités financières et techniques. Il faudra aussi déterminer comment les États hôtes valideront ou non l’entrée de nouveaux partenaires dans les blocs concernés.







