L’Union européenne cherche depuis quelques années à réduire l’empreinte environnementale liée à sa consommation de produits agricoles. Dans la zone, la loi ambitieuse contre la déforestation adoptée en 2023 peine à se concrétiser sur le terrain.
L’entrée en vigueur de la loi de l’Union européenne (UE) visant à interdire les importations de produits comme le cacao, le café, le soja, l’huile de palme, le bois et la viande provenant de terres déboisées (EUDR) sera pour la fin 2026.
Selon les détails relayés par le journal français LeMonde, cette décision a été notamment le résultat de la mobilisation de l’Allemagne et l’Autriche qui critiquaient vertement cette réglementation. Le texte adopté initialement en juin 2023 et prévu pour entrer en vigueur fin 2024 avait été déjà repoussé pour la fin de cette année sur fond de lobbying de plusieurs partenaires du marché communautaire comme les USA, le Brésil et l’Indonésie.
Après ce premier report, la Commission européenne avait également demandé plus de temps pour préparer le système informatique de surveillance des forêts face à l’afflux important de données qui découlera de l’application effective de la loi.
En plus de rallonger le délai d’un an, les pays de l’UE ont aussi entériné une clause de revoyure de la loi pour avril 2026. Concrètement, cela signifie que les vingt-Sept réexamineront ledit texte à cette échéance avant son entrée en vigueur.
Cette démarche qui ouvre la voie à de potentiels ajustements ou des modifications, est déjà dénoncée par plusieurs observateurs qui y voient un recul sur les ambitions de la zone qui participe à hauteur de 10 % à la déforestation mondiale via sa consommation. Elle intervient malgré l’appel de plusieurs groupes agroalimentaires qui avait exhorté les pays à maintenir les délais prévus.
Dans une lettre publiée le 2 octobre, Nestlé, Olam Agri et Ferrero avaient indiqué qu’elles étaient « activement préparées à l’entrée en vigueur du texte et ont investi dans la mise en conformité ».
Du côté des pays africains, ce report supplémentaire devrait donner un peu plus de temps pour mieux se préparer. Cette marge permettra de consolider leurs stratégies nationales de traçabilité, d’investir dans les équipements techniques et les plateformes numériques, et de renforcer la synergie avec les entreprises étrangères.
Pour rappel, dans le cadre du EUDR, l’UE classe plusieurs pays africains comme le Ghana, le Gabon, le Congo, l’Afrique du Sud, la Tunisie ou Madagascar dans la catégorie « faible risque » de déforestation ou de dégradation des forêts. À l’inverse, le Cameroun, la RDC et la Côte d’Ivoire sont considérés comme pays à « risque standard ».







