Libération pose le cadre : « Il y a dix ans, jour pour jour, les dirigeants du monde, réunis en France, marquaient l’histoire de la diplomatie climatique en adoptant l’Accord de Paris et l’objectif le plus ambitieux à ce jour : maintenir ‘l’augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels’ et poursuivre les efforts ‘pour limiter l’augmentation de la température à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels' ».
“Première mauvaise nouvelle, le réchauffement climatique s’aggrave : + 1,24 °C sur la moyenne de 2015-2024” [Challenges]. Qui plus est, “les conséquences sont déjà très concrètes en France hexagonale et en Corse. Le réchauffement y est de + 2,1 °C par rapport au début du XXe siècle”, poursuit l’hebdomadaire.
Le gouvernement français n’a d’ailleurs “pas vraiment le cœur à célébrer cet anniversaire”, étant « empêtré dans le marathon budgétaire et le pétrin politique » [Politico]. Et ce “au risque de démobiliser davantage, alors que la France a levé le pied sur la réduction de ses émissions et menace de décrocher de sa trajectoire climatique.” L’exécutif présente toutefois aujourd’hui sa « troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC-3)« , destinée à préciser « la manière dont la France entend réduire de moitié ses émissions brutes de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990 » [France Info].
Accord ambitieux mais peu contraignant
Il y a dix ans, la 21e Conférence des Nations unies pour le climat (COP21) aboutissait “à l’adoption du premier traité universel de lutte contre le réchauffement : l’Accord de Paris« , rappelle Le Monde, qui retrace les grandes étapes des négociations. Avant lui, le protocole de Kyoto entré en vigueur en 2005 s’était trouvé « incapable d’endiguer la hausse des émissions de gaz à effet de serre ». Mais ce qui a permis à l’Accord de Paris d’aboutir et de durer, ce sont “les contributions déterminées au niveau national (soit des plans climat élaborés par chaque pays)”.
« Cette particularité, prévue dans l’accord, a permis son ‘universalité’« , abonde Libération. Mais elles sont aussi sa plus grande faiblesse : “depuis 2015, ces efforts n’ont jamais été au niveau des objectifs […] et le pic d’émissions n’est toujours pas atteint en 2025”, déplore RFI. « Les émissions globales de gaz à effet de serre continuent d’augmenter d’année en année à l’échelle mondiale”, poursuit Ouest-France. Bien que celles-ci progressent “six fois moins rapidement que lors de la décennie précédente », « 58 milliards de tonnes équivalent CO2″ ont été émis en 2024, « un chiffre en hausse de 2,3 % par rapport à l’année précédente« .
À ce jour, « l’objectif de limiter l’augmentation de la température à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels semble […] inatteignable« , estime la RTBF. Un échec qui, d’ici un quart de siècle, aura pour « conséquences la multiplication des vagues de chaleur et de leur durée [en Europe], ainsi que la hausse du niveau de sécheresse des sols et donc de risques d’incendies, puis d’inondations… » [Le Dauphiné Libéré].
Désengagement des États
En cause : « un recours aux énergies fossiles qui ne cesse d’augmenter et le développement de certains pays » [Ouest-France]. « Comme en 2015, le charbon, le pétrole et le gaz représentent toujours 80 % du mix énergétique actuel » des pays développés. Pourtant, les États s’étaient engagés en 2023 à « opérer une transition hors des énergies fossiles« .
De plus, « l’Accord de Paris s’est vu dangereusement fragilisé cette année avec le retrait des États-Unis annoncé par Donald Trump« , poursuit le quotidien. Et cette « influence du climatoscepticisme » s’est notamment fait sentir lors de la COP30, cette année à Belém (Brésil). Ce rendez-vous a par ailleurs été « fortement [critiqué] notamment du fait de la présence massive de lobbyistes des énergies fossiles » [RTBF].
La question du financement demeure un point central et conflictuel. Ouest-France rappelle que les pays développés s’étaient engagés à « verser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 aux pays en développement, afin de les aider à faire face aux effets du changement climatique« . Un « montant difficile à évaluer« , mais qui « semble loin d’être atteint et qui est bien souvent souvent réalisé sous forme de prêts« .








