La France est, devant l’Espagne et la Suède, le pays le plus étendu d’Europe occidentale. Sa superficie est de 638 000 km2 (550 000 km2 pour la seule France métropolitaine), ce qui représente près de 15 % du territoire de l’UE.
Sur le continent européen, la France a des frontières communes avec la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, l’Espagne (ainsi qu’Andorre et Monaco) et possède une double ouverture maritime, à l’ouest sur la mer du Nord, la Manche et l’océan Atlantique, et au sud sur la mer Méditerranée.
Dans les Caraïbes, la France est également frontalière d’un autre État membre de l’Union européenne : les Pays-Bas. L’île de Saint-Martin est en effet divisée en deux avec au nord, la collectivité de Saint-Martin et au sud, un territoire constituant les Antilles néerlandaises.

Une puissance mondiale et européenne
Avec 68,6 millions d’habitants au 1er janvier 2025, la France représente moins de 1 % de la population mondiale. Elle se classe au 2e rang européen des pays les plus peuplés, derrière l’Allemagne.
Lieu de transit entre le nord et le sud du continent, la France est reliée à ses voisins européens par un important réseau de transports aérien, routier et ferroviaire. Elle effectue l’essentiel de ses échanges commerciaux avec les autres États membres de l’UE.
Première destination touristique du monde chaque année, et première puissance agricole de l’Union européenne, la France dispose d’une industrie performante dans plusieurs secteurs (automobile, aérospatial, pharmacie, pétrochimie).
Septième puissance économique mondiale en 2024 (selon le FMI) et deuxième dans l’Union européenne (après l’Allemagne), son produit intérieur brut (PIB) est d’environ 2 920 milliards d’euros. Elle fait ainsi partie des principales puissances économiques du monde, dont beaucoup sont regroupées au sein du G7.
Le taux de chômage français est à un niveau relativement bas (7,6 % en juillet 2025), mais le pays reste au-dessus de la moyenne européenne (5,9 %). La dette publique française représente 114,1 % du PIB début 2025.
La France est une importante puissance diplomatique et militaire. Membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, elle fait partie des neuf puissances nucléaires du monde.
Grâce à l’étendue de ses territoires d’Outre-mer, et en particulier grâce à la Polynésie française, elle représente la deuxième zone économique exclusive et la seconde puissance maritime au monde. La base spatiale de Kourou, en Guyane, est également le centre de lancement de la fusée européenne Ariane.
En raison de son histoire coloniale, la France conserve également une influence en Afrique, qui transparaît notamment dans le poids de la francophonie (4 % de la population mondiale sur les cinq continents).

Le poids de la France dans la construction européenne
La construction européenne prend une place prépondérante dans la politique étrangère française dès 1945. Le rapprochement entre la France et l’Allemagne, dont Jean Monnet, Robert Schuman et Konrad Adenauer sont les principaux artisans, aboutit à la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en 1951, autour de laquelle va se construire le projet européen.
La France joue un rôle décisif dans la fondation de la CEE (le Marché commun), née du traité de Rome (1957), mais elle freine également à plusieurs reprises l’intégration européenne. En 1954, elle repousse la création de la CED (Communauté européenne de défense), puis pratique une « politique de la chaise vide » en 1965-66, sous la présidence du général de Gaulle, pour s’opposer aux velléités fédéralistes de ses partenaires. Toutefois, l’amitié de de Gaulle avec le chancelier Adenauer facilite la coopération franco-allemande, faisant de celle-ci un « moteur » de la construction européenne. Le traité de l’Élysée scelle en 1963 la réconciliation entre les deux pays.
La France s’implique également beaucoup dans la création de l’Union européenne avec le traité de Maastricht ratifié par référendum en 1992, qui aboutit au lancement de l’euro. Plus tard, les Français refuseront le projet de traité constitutionnel lors du référendum de mai 2005, à près de 55 %.
Avec le vote par référendum de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, la France a tenté de redonner un nouveau souffle à l’Union européenne, notamment au sein du couple franco-allemand. Élu en 2017, le président Emmanuel Macron s’est rapidement déclaré favorable à une intégration européenne renforcée ainsi qu’à un approfondissement de la zone euro.
Avec 23,9 milliards d’euros versés au budget de l’UE en 2023, la France est le deuxième pays contributeur de l’Union, derrière l’Allemagne.
La représentation française au sein de l’UE
La France, comme ses partenaires européens, agit sur tous les fronts pour faire entendre sa voix et défendre ses intérêts au sein de l’Union européenne. Elle dispose pour cela d’un appareil institutionnel spécifique. Outre le président de la République et les ministres, respectivement présents au Conseil européen et au Conseil de l’UE, c’est le Premier ministre qui dirige l’action européenne du gouvernement. Il assure la coordination interministérielle pour arrêter les positions françaises et dispose, pour ce faire, d’une structure dédiée le Secrétariat général des affaires européennes (SGAE).
Le ministre délégué chargé de l’Europe traite, par délégation du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, des questions liées à la construction européenne et porte la position du gouvernement dans ce domaine. A ce titre, il contribue aussi au débat sur l’Europe et les suites du projet communautaire. Dans le cadre de ses fonctions, il a également pour mission de favoriser une meilleure connaissance des affaires européennes parmi ses concitoyens, de même que le développement de la relation franco-allemande.
La représentation des intérêts français auprès des institutions européennes est assurée par une « ambassade » auprès de l’Union européenne, la Représentation permanente de la France (RPUE), basée à Bruxelles.
Par ailleurs, les 81 députés européens, ainsi que les élus nationaux, régionaux et locaux peuvent être amenés à jouer un rôle de représentation de la France au sein de différentes institutions.
Les institutions européennes en France
La France accueille le siège du Parlement européen à Strasbourg, ainsi que celui de plusieurs agences européennes dont l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) à Paris.
Quelle influence récente ?
En raison de son histoire, de son statut de pays fondateur et de son poids politique, économique et diplomatique, la France a toujours eu une place déterminante dans la construction européenne, plus ou moins marquée selon les époques. En 2016, par exemple, un rapport parlementaire déplorait une perte d’influence française au sein des institutions européennes. Celui-ci relevait que la France avait disparu des présidences des institutions majeures de l’Union européenne (Parlement, Conseil européen, Commission). Les derniers élargissements en étaient l’une des raisons, l’UE gagnant 13 nouveaux membres de 2004 à 2013 : ces élargissements successifs avaient mécaniquement réduit le poids de chaque pays, mais également déplacé le centre de gravité de l’UE vers l’Est. Après les élections européennes de mai 2019 et la sortie du Royaume-Uni de l’UE en 2020, la situation a cependant évolué.
Sur le plan institutionnel, de longues discussions entre chefs d’État et de gouvernement ont eu lieu au cours de l’été 2019 pour renouveler les dirigeants des institutions de l’Union. Au terme de ces échanges, c’est la Française Christine Lagarde, ancienne directrice du Fonds monétaire international, qui a été retenue pour prendre la tête de la Banque centrale européenne. Sa fonction, consistant à mener l’institution où sont définies les grandes lignes de la politique monétaire de l’UE, lui confère un pouvoir important. Avant sa démission surprise le 16 septembre 2024, un autre Français était influent au sein des institutions : Thierry Breton. Membre de la Commission européenne entre 2019 et 2024, il était commissaire au Marché intérieur, un portefeuille très large et transversal allant du numérique à la défense en passant par le programme spatial européen. Son successeur Stéphane Séjourné est aujourd’hui vice-président exécutif de l’institution, en charge de la Prospérité et de la stratégie industrielle.
Au-delà de ces aspects institutionnels, Paris a récemment été à l’origine de plusieurs initiatives à l’échelle de l’Union. Parmi elles se trouvent notamment la création d’un Fonds européen de défense (opérationnel depuis 2021) ou encore l’instauration d’une taxe carbone aux frontières de l’Union (entré en vigueur en octobre 2023). Durant la pandémie de Covid-19, la France a également joué un rôle majeur, aux côtés de l’Allemagne, dans l’adoption d’une solution inédite au niveau européen face à la récession : un plan de relance d’un montant de 750 milliards d’euros (806,9 milliards en euros de 2022). L’emprunt commun et la mutualisation de la dette qu’il implique, défendue par la France, était un concept auquel plusieurs pays « frugaux » s’étaient opposés.
Autre levier d’influence pour la France : la présidence tournante du Conseil de l’UE (PFUE), du 1er janvier au 30 juin 2022. Durant ces six mois marqués par l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février 2022, la France a fait avancer de nombreux dossiers (climat, énergie, défense…) et facilité l’adoption des premiers paquets de sanctions contre la Russie.


