Blanchiment : la liste des pays à haut risque
Pays présents sur la liste de la Commission européenne
Le 4 décembre dernier, la Commission européenne a ajouté la Bolivie à sa liste des « pays à haut risque » en matière de blanchiment d’argent. Accompagnée des Îles Vierges britanniques, le pays d’Amérique latine rejoint ainsi la Birmanie, le Cameroun ou encore la Syrie. Pour l’institution européenne, ces territoires « présentent des carences stratégiques dans leurs régimes nationaux de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme« .
Pourquoi la Commission européenne tient-elle à jour une telle liste ?
Depuis 1991, l’Union impose aux établissements financiers de vérifier l’identité de leurs clients, de signaler les comportements suspects et de coopérer avec les cellules de renseignement. L’arsenal juridique européen a ensuite beaucoup évolué.
Une directive européenne (la quatrième directive anti-blanchiment), adoptée en 2015, charge notamment la Commission de dresser une liste de pays et territoires tiers jugés à haut risque et de la mettre régulièrement à jour. Concrètement, les banques et les secteurs concernés dans l’UE par le cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux doivent renforcer le contrôle des transactions impliquant ces pays.
Pour mettre à jour sa liste, la Commission européenne s’appuie sur les travaux du Groupe d’action financière (GAFI), dont son panel de « juridictions soumises à une surveillance renforcée ». Fondé en 1989 et basé à Paris, cet organisme composé de 40 membres fixe des normes internationales pour aider les autorités nationales à lutter efficacement contre le blanchiment de capitaux ou le financement du terrorisme.
L’exécutif européen travaille également de concert avec le GAFI dans le suivi des progrès réalisés par les États visés et la mise en place de plans d’action à l’échelle nationale. Lorsque des progrès sont constatés, les pays peuvent être retirés de la liste. En décembre 2025, la Commission a ainsi enlevé six territoires : l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, le Mali, le Mozambique, le Nigeria et la Tanzanie.
En l’absence d’objection du Parlement européen ou du Conseil de l’UE, les modifications de la liste entrent officiellement en vigueur un mois après leur annonce.

La lutte contre le blanchiment d’argent dans l’Union européenne
L’Union européenne met régulièrement à jour son arsenal juridique pour lutter contre le blanchiment d’argent.
En mai 2024, une réforme a par exemple fixé de nouvelles obligations à certains secteurs comme le luxe, les cryptomonnaies ou encore le football. À compter de 2027 (2029 pour les clubs de football), tous devront appliquer des règles strictes de vigilance à l’égard de leur clientèle, et signaler toute activité suspecte à une cellule de renseignement financier.
Ce nouveau texte limite également à 10 000 euros les paiements en liquide au sein de l’Union européenne. Si la France disposait déjà de règles plus strictes en la matière, les paiements en espèces étaient jusqu’ici illimités en Allemagne ou en Autriche.
Enfin, une autorité européenne de lutte contre le blanchiment (ALBC), basée à Francfort, doit être prochainement opérationnelle pour surveiller directement les acteurs les plus exposés. Elle sera également chargée de coordonner l’action des Vingt-Sept dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
| Liste des pays à haut risque (mise à jour le 4 décembre 2025) |
|---|
| Afghanistan |
| Algérie |
| Angola |
| Bolivie |
| Îles Vierges britanniques |
| Cameroun |
| Côte d’Ivoire |
| Haïti |
| Kenya |
| Laos |
| Liban |
| Monaco |
| Myanmar/Birmanie |
| Namibie |
| Népal |
| République démocratique du Congo |
| Soudan du Sud |
| Syrie |
| Trinité-et-Tobago |
| Vanuatu |
| Venezuela |
| Vietnam |
| Yémen |
| Ont été retirés de la liste de juin 2025 l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, le Mali, le Mozambique, le Nigeria et la Tanzanie. Commission européenne (Janvier 2026) |



