Financement du développement : l’Afrique devient co-investisseur de son avenir avec un FAD record
Un signal fort a été envoyé depuis Londres. Le Fonds africain de développement (FAD), guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), a réussi une reconstitution historique de ses ressources en levant un montant record de 11 milliards de dollars. Annoncée le 31 décembre 2025, cette 17ᵉ reconstitution (FAD-17) est la plus importante jamais réalisée, en hausse de 23 % par rapport à la précédente. Mais surtout, elle marque un tournant majeur : pour la première fois, 23 pays africains ont contribué de manière significative à leur propre instrument de développement.
Avec 182,7 millions de dollars promis, incluant les contributions de 19 nouveaux pays africains, le continent passe du statut de simple bénéficiaire à celui de co-investisseur de son propre avenir, selon les mots du président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah. Un choix assumé de l’ambition plutôt que de la contraction budgétaire, dans un contexte mondial pourtant marqué par de fortes contraintes financières.
Cette levée record s’accompagne d’un changement de paradigme financier. Le FAD-17 inaugure un nouveau modèle visant à démultiplier son impact. Grâce à l’accès aux marchés financiers et à l’utilisation d’instruments innovants tels que les capitaux hybrides, chaque dollar investi devrait permettre de mobiliser plus de 2,50 dollars de cofinancements et de capitaux privés. L’objectif est clair : utiliser le financement concessionnel pour absorber les risques, attirer l’investissement privé et accélérer le développement à grande échelle.
La confiance dans le potentiel africain s’est également traduite par des engagements de cofinancement exceptionnels. La BADEA a annoncé jusqu’à 800 millions de dollars, tandis que le Fonds de l’OPEP pour le développement international prévoit jusqu’à 2 milliards de dollars.







