Le Bénin, Togo et la Côte d’Ivoire s’unissent pour créer leur propre agence gazière
Les ministres de l’Énergie de la Côte d’Ivoire, du Togo et du Bénin se sont réunis à Abidjan le 7 décembre 2025 pour créer un cadre tripartite visant à sécuriser l’approvisionnement régional en gaz naturel. Soutenue par la Banque mondiale, cette initiative répond à une dépendance croissante au gaz pour la production électrique et aux difficultés d’approvisionnement, comme l’illustrent les délestages au Togo causés par les déficits du gazoduc ouest-africain existant. L’objectif déclaré est de réduire les coûts, d’améliorer la sécurité d’approvisionnement et de soutenir la transition vers des énergies moins polluantes.
Les trois pays se sont mis d’accord sur un plan d’action concret. Il repose sur trois axes prioritaires : la mutualisation des importations de gaz naturel liquéfié (GNL), la création sous un mois d’un groupe de travail technique pour définir le modèle opérationnel, et le développement d’un projet structuré avec l’appui de la Banque mondiale pour le rendre « bancable ». Le vice-président de la Banque mondiale pour la région, Ousmane Diagana, a souligné que cette coordination régionale renforcerait le poids des pays dans les négociations avec les fournisseurs internationaux.
Cette coopération s’inscrit dans une reconfiguration stratégique du paysage énergétique ouest-africain. La Côte d’Ivoire, avec son important gisement de Baleine entré en production en 2023 et de nouveaux forages en cours, aspire à devenir un pôle gazier régional. Un projet de gazoduc bidirectionnel avec le Ghana est à l’étude et pourrait à terme alimenter le réseau existant vers le Togo et le Bénin. Cette dynamique vise à créer un deuxième pôle gazier en Afrique de l’Ouest pour diversifier les approvisionnements et réduire une dépendance structurelle au gaz nigérian, dont les projets d’exportation régionaux et continentaux sont pourtant ambitieux.







