Le projet de la Nimba Gold Refinery (NGR), présenté comme la future plus grande raffinerie d’or d’Afrique, est un pilier de la stratégie des autorités guinéennes pour rompre avec l’exportation de matières premières brutes. Porté par le ministère des Mines et de la Géologie en partenariat avec Emirates Minting et l’entrepreneur Yacoub Sidya, ce projet ambitionnait de transformer localement l’or pour capter une plus grande valeur ajoutée. En traitant jusqu’à 730 tonnes d’or par an, la raffinerie devait permettre à la Guinée de produire ses propres lingots aux standards internationaux, réduisant sa dépendance vis-à-vis des installations étrangères comme Dubaï ou la Suisse, et renforcer sa position de hub minier régional.
Cependant, cette ambition semble confrontée à de sérieux obstacles. Selon un récent rapport, le projet présente des “failles” et serait “encore bien loin d’entrer en exploitation”. Cette situation s’inscrit dans un contexte national de resserrement du cadre minier, le gouvernement ayant procédé, dès mai 2025, à un vaste assainissement du cadastre en annulant plus de 100 permis et en gelant les comptes d’une cinquantaine de sociétés pour inactivité ou manquements contractuels. La construction de la raffinerie, située près de l’aéroport de Conakry, est actuellement à l’arrêt, un coup d’arrêt qui soulève des questions sur la planification et le financement de cette infrastructure clé.
Les difficultés de la Nimba Gold Refinery interviennent dans un secteur minier guinéen historiquement marqué par des défis de gouvernance, incluant des cas de corruption et des manquements environnementaux. L’affaire emblématique de l’homme d’affaires Beny Steinmetz, condamné en Suisse pour corruption d’agents publics en Guinée, a illustré les pratiques prédatrices qui ont pu priver le pays des bénéfices de ses ressources. Plus récemment, des sociétés minières comme celles contrôlées par le fonds américain Orion Resource Partners ont été au cœur de scandales impliquant pollution et soupçons de corruption.







