Alors que seuls 10 % des actifs kényans occupent un emploi formel, les jeunes restent durement touchés par le chômage. Le défi est encore plus aigu dans les camps de réfugiés, où l’accès à l’emploi est quasi inexistant, accentuant l’urgence de solutions innovantes.
La semaine passée, 214 jeunes réfugiés du camp de Kakuma, dans le nord-ouest du Kenya, ont achevé une formation axée sur les compétences numériques et l’entrepreneuriat. Ce programme, initié par BrighterMonday Kenya en partenariat avec la Fondation MasterCard et la Coalition Amahoro, intervient dans un contexte national préoccupant, où, selon le KNBS (Kenya National Bureau of Statistics), plus de 700 000 jeunes Kényans ont perdu leur emploi après la Covid.
Les bénéficiaires ont été formés aux compétences numériques de base, à la création de contenu, à l’entrepreneuriat et au développement de carrière, incluant la rédaction de CV et la préparation aux entretiens. Cette initiative vise à offrir aux jeunes déplacés des perspectives d’emploi durables, notamment via le travail à distance ou la création d’activités en ligne, dans un contexte où l’économie informelle prédomine.
« Nous sommes ici, en collaboration avec la Fondation MasterCard et la Coalition Amahoro, pour veiller à ce que les jeunes aient accès à des emplois numériques qu’ils peuvent exercer à distance. Mais où trouvent-ils ces emplois ? Quelle formation leur est nécessaire ? Quelles autres compétences doivent-ils posséder pour être efficaces ? Cet événement visait à répondre à ces questions, à présenter des plateformes d’emplois numériques et à donner aux jeunes de Kakuma les moyens de prendre en main leur avenir professionnel », a affirmé Sylvia Mbaabu, responsable des programmes nationaux de BrighterMonday Kenya.
À Kakuma, plus de 75 % des jeunes hommes et 74 % des jeunes femmes sont sans emploi, selon la Banque mondiale et l’Agence des Nations unies pour les réfugiés. En l’absence d’activités économiques formelles, les jeunes réfugiés peinent à s’intégrer durablement. La formation aux compétences numériques offre ainsi une voie d’insertion alternative, plus flexible et accessible.
La pérennité de ces initiatives dépendra notamment du soutien institutionnel, du financement international et de l’amélioration de la connectivité dans les camps. À terme, leur généralisation pourrait contribuer à réduire les inégalités d’accès à l’emploi pour des populations souvent marginalisées, à condition d’accompagner les bénéficiaires au-delà de la formation initiale.







