Une ascension politique exemplaire
Très rapidement, Enrico Letta fut promis à un destin national. Prodige de la politique, plus jeune ministre – à 32 ans – de l’histoire italienne, sa fulgurante ascension politique s’est effectuée grâce à la participation de sa famille politique démocrate-chrétienne, aux gouvernements successifs de Romano Prodi, Massimo D’Alema et de Giuliano Amato, durant les années 2000. En opposition à Silvio Berlusconi donc.
Alternant portefeuilles ministériels et mandats de député et d’eurodéputé, Enrico Letta devient un véritable poids lourd de la politique italienne en 2006 lorsqu’il est nommé secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil. Une fonction propre à l’Italie de vice-chef de l’exécutif officieux. Ironie de la politique, son successeur ne sera autre que son oncle, Gianni Letta, mais au service… du Cavaliere. Candidat malheureux pour la direction du Parti démocrate (PD), nouvelle formation pour rassembler les forces de centre-gauche, il en devient néanmoins le numéro 2.
C’est donc naturellement à lui que fera appel le président Giorgio Napolitano, en 2013, pour tenter de former un gouvernement après la victoire du PD aux élections législatives. Il réussira là où le secrétaire du parti, Pier Luigi Bersani, a échoué et formera un gouvernement de grande coalition avec le Peuple de la Liberté de Silvio Berlusconi, alors en pleine tourmente judiciaire. Un tour de force politique qui sort l’Italie du blocage institutionnel. La concrétisation rapide d’une ambition. Mais aussi le début d’un chemin de croix.
« Pendant dix mois à la tête du gouvernement, j’ai vécu avec la sensation d’un siège continuel, des attaques qui convergeaient vers un seul objectif : faire tomber l’exécutif » , dira-t-il a posteriori. Au pouvoir, il n’y restera que dix mois, d’avril 2013 à février 2014. Un temps très court qui ne lui laissera pas le temps de voir le chômage baisser ou ses réformes, notamment institutionnelles, aboutir. Tout juste peut-il nommer un grand nombre de femmes au gouvernement, dont Cécile Kyenga, première personne noire à accéder à ce type de responsabilité, ou encore l’iconoclaste Emma Bonino, aux Affaires étrangères.
Victime du bulldozer Renzi
Après avoir essuyé une première charge de la part de la droite, esquivée de justesse, le président du Conseil tombera à la deuxième salve, fratricide celle-ci, venue du flamboyant maire de Florence, Matteo Renzi. Une « trahison » , dira Enrico Letta, sans détour. Auréolé d’une large victoire pour la direction du PD et voyant son concurrent à la peine dans les sondages, le charismatique et énergique M. Renzi fit en effet passer sans encombre une motion de défiance pour prendre les rênes du gouvernement. Une véritable humiliation pour Enrico Letta, dont l’éviction fut votée à 136 votes contre 16.
Une ascension politique exemplaire
Très rapidement, Enrico Letta fut promis à un destin national. Prodige de la politique, plus jeune ministre – à 32 ans – de l’histoire italienne, sa fulgurante ascension politique s’est effectuée grâce à la participation de sa famille politique démocrate-chrétienne, aux gouvernements successifs de Romano Prodi, Massimo D’Alema et de Giuliano Amato, durant les années 2000. En opposition à Silvio Berlusconi donc.
Alternant portefeuilles ministériels et mandats de député et d’eurodéputé, Enrico Letta devient un véritable poids lourd de la politique italienne en 2006 lorsqu’il est nommé secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil. Une fonction propre à l’Italie de vice-chef de l’exécutif officieux. Ironie de la politique, son successeur ne sera autre que son oncle, Gianni Letta, mais au service… du Cavaliere. Candidat malheureux pour la direction du Parti démocrate (PD), nouvelle formation pour rassembler les forces de centre-gauche, il en devient néanmoins le numéro 2.
C’est donc naturellement à lui que fera appel le président Giorgio Napolitano, en 2013, pour tenter de former un gouvernement après la victoire du PD aux élections législatives. Il réussira là où le secrétaire du parti, Pier Luigi Bersani, a échoué et formera un gouvernement de grande coalition avec le Peuple de la Liberté de Silvio Berlusconi, alors en pleine tourmente judiciaire. Un tour de force politique qui sort l’Italie du blocage institutionnel. La concrétisation rapide d’une ambition. Mais aussi le début d’un chemin de croix.
« Pendant dix mois à la tête du gouvernement, j’ai vécu avec la sensation d’un siège continuel, des attaques qui convergeaient vers un seul objectif : faire tomber l’exécutif » , dira-t-il a posteriori. Au pouvoir, il n’y restera que dix mois, d’avril 2013 à février 2014. Un temps très court qui ne lui laissera pas le temps de voir le chômage baisser ou ses réformes, notamment institutionnelles, aboutir. Tout juste peut-il nommer un grand nombre de femmes au gouvernement, dont Cécile Kyenga, première personne noire à accéder à ce type de responsabilité, ou encore l’iconoclaste Emma Bonino, aux Affaires étrangères.
Victime du bulldozer Renzi
Après avoir essuyé une première charge de la part de la droite, esquivée de justesse, le président du Conseil tombera à la deuxième salve, fratricide celle-ci, venue du flamboyant maire de Florence, Matteo Renzi. Une « trahison » , dira Enrico Letta, sans détour. Auréolé d’une large victoire pour la direction du PD et voyant son concurrent à la peine dans les sondages, le charismatique et énergique M. Renzi fit en effet passer sans encombre une motion de défiance pour prendre les rênes du gouvernement. Une véritable humiliation pour Enrico Letta, dont l’éviction fut votée à 136 votes contre 16.

Dans tous les domaines, Enrico Letta prône de nouvelles « délégations de souveraineté » , seule manière de concurrencer les grandes puissances comme les Etats-Unis ou la Chine. Lors de son discours d’investiture à la tête du gouvernement italien, il déclarait même que « le port vers lequel nous nous dirigeons s’appelle les Etats-Unis d’Europe et [que] notre navire est la démocratie » . Avant de déclamer, non sans lyrisme, que nous devons poursuivre notre propre rêve, « qui est celui de l’union politique européenne » . Des déclarations rarissimes dans le paysage politique européen actuel, surtout en pleine période de crise, comme c’était le cas en 2013.
Ses convictions auraient pu le conduire à la tête du Conseil européen l’an dernier. Herman Van Rompuy, qui a finalement cédé sa place au Polonais Donald Tusk, aurait approuvé. Mais avec Matteo Renzi au pouvoir à Rome, les conditions n’étaient pas réunies. Ce qui ne signifie pas qu’Enrico Letta a abandonné toute passion politique. « On ne l’abandonne pas » , a-t-il réaffirmé en quittant le Parlement italien. En fin connaisseur de la France, il n’ignore d’ailleurs certainement pas les vertus que peut avoir une traversée du désert, épreuve pourvoyeuse d’hommes providentiels.
Alain Juppé, dans une situation autrement plus compliquée que la sienne, s’était bien relancé à la faveur d’une expatriation au Canada… où il a enseigné pendant un an.







