Deuxième producteur africain de diamants en volume, l’Angola héberge d’autres ressources comme le cuivre et les terres rares. Un potentiel minéral que les autorités du pays veulent concrétiser, en attirant 2 milliards USD d’investissements dans le secteur minier hors diamants d’ici 2027.
L’Angola veut réduire les formalités administratives ainsi que les délais dans la délivrance des permis miniers, a annoncé le jeudi 20 novembre son ministre des Mines et du Pétrole, Diamantino Azevedo. Cette déclaration rapportée par Bloomberg s’inscrit dans le cadre des efforts du pays pour renforcer son attractivité auprès des investisseurs, afin d’accélérer la diversification d’un secteur minier local dominé par l’exploitation des diamants.

La durée actuelle du processus d’octroi des titres miniers et l’ampleur de la réduction de délai souhaitée n’ont pas été détaillées. Le ministre n’a pas non plus précisé si cette réduction concerne tous les titres, y compris ceux d’exploitation minière. Ces derniers sont les plus importants pour accélérer le développement des projets, car ce sont eux qui autorisent les compagnies à lancer la construction sur un projet économiquement viable. Selon une étude publiée en 2024 par S&P Global, la République démocratique du Congo présente le 2e temps le plus rapide au monde pour développer une mine, entre 10 et 15 ans. Le rapport ne mentionne pas l’Angola.
Au-delà de l’octroi rapide des titres miniers, Luanda met progressivement en œuvre d’autres réformes dans le secteur, comme la digitalisation du cadastre minier. Lancé le mois dernier, le cadastre minier numérique centralise toutes les données relatives aux informations géologiques et aux demandes de permis, afin de simplifier le processus et d’en assurer la transparence.
L’objectif à court terme est d’attirer 2 milliards USD d’investissements cumulés dans le secteur minier hors diamants d’ici 2027, selon le plan national de développement 2023-2027. En 2022, le secteur minier représentait 1,3 % du PIB angolais selon les autorités, une part qu’elles veulent porter à 1,6 % d’ici l’échéance susmentionnée, en développant notamment le secteur cuprifère et celui des terres rares.
Le canadien Ivanhoe Mines, copropriétaire de la plus grande mine de cuivre en RDC, et l’australien Rio Tinto ont ainsi signé des accords ces dernières années pour mener des travaux d’exploration de cuivre dans le pays lusophone. Quant au britannique Pensana, il prévoit d’ouvrir d’ici 2027 la première mine de terres rares d’Angola, grâce au projet Longonjo dont les coûts de construction sont estimés à 217 millions USD.

Site du projet de terres rares Longonjo en Angola
Le ministre Azevedo a aussi annoncé le mois dernier l’entrée en production imminente de la première mine industrielle de cuivre du pays. Si ces développements montrent que l’Angola est sur la bonne voie, il est encore trop tôt pour évaluer leur impact sur la contribution économique du secteur minier. En attendant, le pays peut toujours compter sur ses diamants, dont la production devrait établir un nouveau record en 2025.







