Manœuvres navales des BRICS : L’Afrique du Sud affirme sa souveraineté en eaux troubles
Au large du Cap, une démonstration de force navale d’un genre nouveau a débuté ce 9 janvier. Baptisée « Will for Peace 2026 », elle réunit jusqu’au 16 janvier les marines sud-africaine, chinoise, russe, iranienne et émiratie. Ces exercices conjoints, présentés comme une opération « BRICS Plus » visant à sécuriser les routes commerciales maritimes, se déroulent dans un climat de tensions géopolitiques exacerbées. L’initiative sud-africaine intervient en effet dans un contexte de relations dégradées avec Washington, qui voit d’un mauvais œil ce regroupement de puissances considérées comme des rivales stratégiques. La présence de navires iraniens et russes, en particulier, est perçue comme une provocation par les États-Unis, qui ont récemment intensifié leurs actions coercitives, notamment par la saisie d’un pétrolier lié à la Russie quelques jours seulement avant le début des manœuvres.
L’exercice met en lumière les lignes de fracture au sein même de l’alliance des BRICS. L’absence notable de deux de ses membres fondateurs, l’Inde et le Brésil, est révélatrice des équilibres délicats que chaque nation doit maintenir. Pour New Delhi, il s’agit de ne pas froisser davantage une administration américaine déjà hostile, qui a imposé des tarifs douaniers punitifs sur ses exportations. Cette prise de distance rappelle que les BRICS, à l’origine un partenariat économique et commercial, ne constituent pas une alliance militaire. La transformation progressive du bloc en une force d’opposition frontale aux États-Unis ne fait pas l’unanimité, et l’Inde, soucieuse de préserver son autonomie stratégique, préfère se tenir à l’écart de ce qui s’apparente à une démonstration de force anti-occidentale.
Pour l’Afrique du Sud, l’organisation de ces manœuvres est un acte de souveraineté majeur. En maintenant le cap malgré les pressions, Pretoria réaffirme son attachement à une politique étrangère indépendante et multipolaire.







