- 16 October 2026
- Updated 16h47
Élysée 2027 : le grand déchirement des candidats sur l’avenir de l’axe Paris-Afrique
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- Max LIPORT
- 4 septembre 2026
- À la une L'Essentiel de l'Afrique
Pour restaurer une confiance profondément ébranlée en Afrique, le président français élu en mai 2027 devra acter une rupture psychologique et doctrinale totale avec le logiciel de la « Françafrique ». Face à des opinions publiques africaines souverainistes et des dirigeants qui diversifient massivement leurs alliances, Paris ne pourra plus imposer, mais devra négocier.Voici la feuille de route stratégique et pragmatique que le futur locataire de l’Élysée devra appliquer dès les 100 premiers jours de son mandat pour bâtir un partenariat de nouvelle génération.
1. Achever la décolonisation symbolique et monétaire La méfiance se nourrit de symboles perçus comme des anachronismes coloniaux. Le nouveau président doit clore définitivement ces débats.Retrait militaire total ou bascule invisible : Le président élu doit ordonner le démantèlement des bases militaires permanentes visibles (Sénégal, Côte d’Ivoire, Gabon). La coopération sécuritaire doit se limiter à de l’assistance technique, de la formation d’officier et de la vente de matériel à la demande exclusive des États, sans ingérence.Acter la fin du Franc CFA sans ambiguïté : La France doit encourager la transition complète de la zone UEMOA vers l’Eco ou toute monnaie souveraine. Le président doit retirer formellement tout représentant français des instances de gouvernance (BCEAO, BEAC) et supprimer le droit de veto technique du Trésor français.
2. Remplacer « l’Aide » par le co-investissement industriel L’Afrique ne veut plus de la charité paternaliste de l’Aide publique au développement (APD), mais des partenariats industriels créateurs de valeur ajoutée locale.La transformation locale obligatoire : Le président de 2027 doit inciter les entreprises du CAC 40 et les PME françaises à implanter des usines de transformation directement sur le sol africain. Financer des infrastructures de transformation de cacao à San Pédro (Côte d’Ivoire) ou de raffinage de minéraux critiques en RDC est la seule clé pour séduire la jeunesse africaine en quête d’emplois qualifiés.Adosser Paris au bouclier de l’Union européenne : Pour diluer le sentiment de tête-à-tête colonial, la France doit fondre ses financements dans le plan Global Gateway de l’Union européenne. Mobiliser les fonds de Proparco aux côtés de la BEI et de la Banque mondiale permet de financer de grands corridors logistiques impersonnels et utiles à l’intégration régionale (comme la Zlecaf).
3. S’appuyer sur la Diaspora comme pont diplomatique Les binationaux et les immigrés d’origine africaine en France (estimés à plus de 3,5 millions de personnes) sont le principal atout, aujourd’hui sous-utilisé, de la diplomatie française.Co-construction des politiques publiques : Le chef de l’État doit intégrer des figures majeures de la diaspora économique, scientifique et culturelle dans la rédaction des accords bilatéraux.Fluidifier la mobilité des talents : Pour rompre avec l’image d’une « Forteresse Europe » méprisante, Paris doit faciliter l’octroi de visas de circulation à choix multiples pour les entrepreneurs, chercheurs, artistes et étudiants africains, transformant la migration subie en une circulation dynamique des cerveaux.
4. Pratiquer la diplomatie du respect et de la réciprocité Le président de 2027 doit comprendre que la France n’est plus en situation de monopole sur le continent.Accepter la concurrence des BRICS : Paris ne doit plus diaboliser les choix des États africains de s’allier avec Pékin, Moscou, Ankara ou Washington. La France doit simplement démontrer que son offre technologique, environnementale et financière est plus avantageuse, transparente et respectueuse de la souveraineté locale.En finir avec les leçons de gouvernance sélectives : La diplomatie française doit cesser l’indignation à géométrie variable sur les droits de l’homme, qui décrédibilise sa parole publique, et traiter chaque État d’égal à égal, selon les standards du droit international.
La bascule doctrinale nécessaire en 2027 Posture historique (À abandonner) Nouvelle posture stratégique (À adopter) Ingérence politique & Sécurité subie Neutralité absolue, accords de défense secrets abrogés.Aide publique au développement (Dons)Prêts concessionnels, capital-risque (Tech) et co-investissements. Monopolisation des marchés (Chasse gardée) Compétitivité économique au mérite face aux BRICS. Paternalisme moralisateur Diplomatie du respect mutuel et de la réciprocité commerciale.








