- 6 November 2026
- Updated 16h47
Climat des affaires en Afrique centrale : entre réformes structurelles et défis persistants, autopsie d’une zone en quête d’attractivité
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- Max LIPORT
- 4 septembre 2026
- À la une L'Essentiel de l'Afrique
Moteur de croissance sous contrainte, l’Afrique centrale cherche à redorer son blason économique. Malgré une dynamique régionale portée par une croissance oscillant entre 3 % et 3,4 %, les disparités entre les pays de la zone CEMAC et ses voisins restent criantes. Plongée au cœur des réformes et des réalités du terrain.
Panorama pays par pays : des réalités contrastées
Cameroun : Le géant sous pression logistique
Véritable poumon économique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le Cameroun mise sur de grands projets structurants, à l’image du port en eau profonde de Kribi ou de l’exploitation minière (bauxite de Minim Martap).
Les points forts : Une diversification économique avancée et un marché intérieur dynamique.
Les points d’achoppement : Les lourdeurs administratives, la fiscalité jugée complexe et des infrastructures logistiques intérieures encore perfectibles pour libérer tout le potentiel entrepreneurial.
Gabon : L’ère des réformes de transparence
Depuis la transition, Libreville accélère la modernisation de sa gouvernance financière. Le lancement de la plateforme unique SIGFIP pour centraliser les flux de l’État et les accords stratégiques autour des grands gisements miniers (fer de Belinga) témoignent d’une volonté d’assainir le climat des affaires.
Les points forts : Un cadre naturel exceptionnel pour les investissements verts et extractifs, et une volonté affichée de digitalisation.
Les points d’achoppement : Des tensions sociales récurrentes et un besoin urgent d’inclusion pour la PME locale, souvent étouffée par la dépendance au secteur pétrolier.
République du Congo : Entre ambitions budgétaires et contraintes de la dette
Avec un budget axé sur la mobilisation des ressources intérieures et d’importants emprunts sur le marché des titres publics, Brazzaville tente de diversifier son économie hors hydrocarbures. Les réflexions menées pour lever les barrières douanières d’ici 2030 marquent une prise de conscience salutaire.
Les points forts : Une stabilité macroéconomique recherchée et des réformes douanières en préparation.
Les points d’achoppement : Une lourde dépendance aux revenus pétroliers et un accès au crédit bancaire encore difficile pour le secteur privé.
Tchad et Guinée équatoriale : Les défis de la diversification
Le Tchad, à travers la mise en œuvre de sa vision industrielle axée sur les extractives, et la Guinée équatoriale, qui affiche une maîtrise relative de son inflation, font face au même défi impératif : sortir de la mono-exportation. Le climat des affaires y souffre d’un manque d’infrastructures de base et d’un secteur informel ultra-dominant.
République Démocratique du Congo (RDC) : Le géant aux paradoxes miniers
Bien que frontalière et étroitement liée aux dynamiques d’Afrique centrale, la RDC attire massivement les investisseurs internationaux (notamment dans la chaîne de valeur des minerais de transition).
Les points forts : Un potentiel minier mondial et un appétit féroce des investisseurs (partenariats signés avec des fonds émiriens, etc.).
Les points d’achoppement : L’insécurité chronique dans l’Est, la corruption et le recours excessif aux procédures d’urgence budgétaire qui fragilisent la sécurité juridique des contrats.
Les chantiers transversaux : Que faut-il corriger ?
Pour s’aligner sur les meilleurs standards internationaux (mesurés par les rapports de type B-Ready de la Banque mondiale), l’Afrique centrale doit collectivement s’atteler à trois grands chantiers :
L’inclusion financière : Le lancement récent des premiers Bureaux d’Information sur le Crédit (BIC) dans la région est une avancée, mais l’accès aux liquidités reste le principal frein des PME.
La transition numérique : La dématérialisation des procédures administratives et douanières (guichets uniques) doit être généralisée pour éradiquer la petite corruption.
La sécurité juridique : Garantir l’indépendance de la justice et la stricte application du droit des affaires OHADA reste la clé de voûte pour rassurer l’investisseur étranger sur le long terme.
« L’Afrique centrale ne manque pas de capitaux ni de projets, elle souffre d’un déficit de prévisibilité réglementaire. C’est en sécurisant la règle du droit que la région transformera son potentiel en prospérité partagée. »








