Allemagne 🇩🇪 : Ursula von der Leyen (Présidente)
Autriche 🇦🇹 : Johannes Hahn
Belgique 🇧🇪 : Didier Reynders
Bulgarie 🇧🇬 : Iliana Ivanova
Chypre 🇨🇾 : Stélla Kyriakides
Croatie 🇭🇷 : Dubravka Šuica (Vice-présidente)
Danemark 🇩🇰 : Margrethe Vestager (Vice-présidente exécutive)
Espagne 🇪🇸 : Josep Borrell (Vice-président)
Estonie 🇪🇪 : Kadri Simson
Finlande 🇫🇮 : Jutta Urpilainen
France 🇫🇷 : Thierry Breton (jusqu’en septembre 2024)
Grèce 🇬🇷 : Margarítis Schinás (Vice-président)
Hongrie 🇭🇺 : Olivér Varhelyi
Irlande 🇮🇪 : Mairead McGuinness
Italie 🇮🇹 : Paolo Gentiloni
Lettonie 🇱🇻 : Valdis Dombrovskis (Vice-président exécutif)
Lituanie 🇱🇹 : Virginijus Sinkevičius (jusqu’en juillet 2024)
Luxembourg 🇱🇺 : Nicolas Schmit
Malte 🇲🇹 : Helena Dalli
Pays-Bas 🇳🇱 : Wopke Hoekstra
Pologne 🇵🇱 : Janusz Wojciechowski
Portugal 🇵🇹 : Elisa Ferreira
République tchèque 🇨🇿 : Věra Jourová (Vice-présidente)
Roumanie 🇷🇴 : Adina Vălean (jusqu’en juillet 2024)
Slovaquie 🇸🇰 : Maroš Šefčovič (Vice-président exécutif)
Slovénie 🇸🇮 : Janez Lenarčič
Suède 🇸🇪 : Ylva Johansson
La Commission von der Leyen (2019-2024)
Voici la liste des 27 personnalités qui composent le collège des commissaires au sein de la Commission européenne 2019-2024, présidée par Ursula von der Leyen. Cette Commission a été approuvée par un vote du Parlement européen le 27 novembre 2019, pour un mandat de cinq ans. Certains commissaires ont démissionné et ont été remplacés depuis.
Cet article brosse le portrait de chacun de ces commissaires européens, en évoquant leur parcours, les portefeuilles et missions dont ils ont de la charge, et en mentionnant leur affiliation politique.

Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne
Allemagne 🇩🇪
65 ans
Affiliation politique : Parti populaire européen (PPE), droite conservatrice.
Présidente de la Commission européenne depuis 2019.
Son parcours
Après des études en sciences économiques et en médecine, Ursula von der Leyen entame une courte carrière de médecin, puis de chercheuse.
Élue députée de l’Union chrétienne-démocrate (CDU, affiliée au PPE) au parlement régional de Basse-Saxe en 2003, elle est nommée la même année ministre des Affaires sociales, des Femmes, de la Famille et de la Santé de ce Land.
En 2005, la nouvelle chancelière allemande Angela Merkel lui propose de devenir ministre fédérale de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse. Pour favoriser l’accès des femmes au marché de l’emploi, elle crée notamment 500 000 places de crèche et instaure un salaire parental.
Reconduite au sein du gouvernement en 2009 avec les portefeuilles du Travail et des Affaires sociales, elle devient ensuite ministre de la Défense en 2013. Elle est la première femme à occuper ces fonctions outre-Rhin, la deuxième à être nommée à la tête d’un ministère régalien allemand.
Elle s’illustre notamment par son engagement contre l’organisation terroriste État islamique, mais aussi par sa décision de ne pas approvisionner l’Ukraine en armes à la suite de l’annexion russe de la Crimée, en 2014. Dans le même temps, elle est l’objet d’accusations de mauvaise gestion du budget de l’armée. Son parcours en fait une personnalité politique à la fois très médiatique et clivante en Allemagne.
Le 2 juillet 2019, elle est proposée comme présidente de la Commission européenne par les chefs d’Etat et de gouvernements des Etats membres réunis au sein du Conseil européen. Elle est confirmée de justesse dans ses nouvelles fonctions par un vote du Parlement européen le 16 juillet, obtenant 383 votes favorables, soit 9 de plus que la majorité absolue. Elle devient alors la première femme à occuper ce poste.
En 2024, elle est désignée cheffe de file (Spitzenkandidatin) du Parti populaire européen (PPE) pour les élections européennes. Confortée par le succès de sa famille politique lors de ce scrutin, elle brigue un second mandat à la tête de la Commission européenne. Elle est réélue le 18 juillet 2024 par le Parlement européen, récoltant les votes de 401 des 720 eurodéputés.
Ses missions
La présidente de la Commission européenne agit, peu ou prou, comme une cheffe de gouvernement. Elle préside l’exécutif européen et attribue les portefeuilles aux commissaires. Elle est responsable du travail de la Commission dans son ensemble, établit son agenda politique et supervise sa mise en œuvre.
Elle peut forcer un commissaire à quitter ses fonctions, ou remettre la démission de l’ensemble du collège. Elle et sa Commission sont responsables devant le Parlement européen, qui les élit sur proposition des chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres, et peut leur opposer une motion de censure qui, adoptée à une majorité des deux tiers des suffrages exprimés, amène la Commission à démissionner collectivement.
La présidente de la Commission européenne assure la représentation de l’Union européenne en interne (discours sur l’État de l’Union devant le Parlement, siège au Conseil européen pour rendre des comptes aux chefs d’État et de gouvernement) et, avec le président du Conseil européen et le chef de la diplomatie européenne, en externe (G7, G20, sommets avec des pays hors UE).
Retrouvez le détail de ses missions sur le site de la Commission européenne.

Margrethe Vestager
Vice-présidente exécutive pour une Europe préparée à l’ère numérique
Commissaire à la Concurrence
Danemark 🇩🇰
56 ans
Affiliation politique : Parti de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), groupe Renew Europe au Parlement européen, centre.
Commissaire européenne depuis 2014.
Son parcours
Née le 13 avril 1968 à Glostrup, au Danemark, Margrethe Vestager étudie l’économie à l’Université de Copenhague avant de débuter sa carrière politique au sein du Parti social-libéral danois (lié à Renew Europe). Elle devient cheffe de section du ministère des Finances en 1993, puis consultante spéciale et cheffe de secrétariat à l’Agence pour la gestion financière et les affaires administratives de 1995 à 1998.
En 1998, elle est nommée ministre de l’Éducation et des Affaires ecclésiastiques du Danemark, poste qu’elle occupe jusqu’en 2000 avant de se concentrer exclusivement sur le ministère de l’Éducation jusqu’en 2001. Elle devient députée au Parlement danois la même année, puis présidente du Parti social-libéral en 2007 et ministre de l’Économie et de l’Intérieur en 2011.
En 2014, elle est nommée commissaire européenne à la Concurrence. Elle se forge alors une réputation de « cauchemar de la Silicon Valley », en raison des mesures historiques qu’elle prend contre les GAFAM, géants américains des technologies de l’information et de la communication. En 2016, elle ordonne ainsi à Apple de rembourser 13 milliards d’euros à l’Irlande pour des avantages fiscaux illégaux, soit la plus grosse amende fiscale jamais infligée. En 2018, elle est aussi à l’origine d’une amende de 4,34 milliards d’euros infligée à Google pour abus de position dominante.
En 2019, elle mène la campagne des libéraux européens en tant que Spitzenkandidatin pour obtenir la présidence de la Commission européenne. Écartée par le Conseil européen au profit d’Ursula von der Leyen, elle est toutefois reconduite au sein de la Commission, dont elle devient vice-présidente exécutive en charge du Numérique, tout en conservant le portefeuille de la Concurrence.
En 2023, elle se retire temporairement de la Commission européenne pour briguer la présidence de la Banque européenne d’investissement (BEI), poste qu’elle échoue à obtenir.
Ses missions
Dans le cadre de ses fonctions, Margrethe Vestager préside le groupe de commissaires pour une Europe adaptée à l’ère numérique. Elle coordonne la stratégie européenne sur les données en ligne ainsi que l’approche européenne sur l’intelligence artificielle. Elle pilote les travaux visant à moderniser les règles de responsabilité et de sécurité pour les plateformes, services et produits numériques, et coordonne les travaux de la Commission européenne pour parvenir à une fiscalité numérique équitable.
En tant que commissaire à la Concurrence, elle codirige la stratégie européenne pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les start-ups, ainsi que la stratégie à long terme pour l’avenir industriel de l’UE. Elle a aussi pour mission de renforcer l’application des règles de la concurrence dans l’UE.
Valdis Dombrovskis
Vice-président exécutif pour une Économie au service des personnes
Commissaire au Commerce
Lettonie 🇱🇻
53 ans
Affiliation politique : Parti populaire européen (PPE), droite conservatrice.
Commissaire européen depuis 2014.
Son parcours
Né le 5 août 1971 à Riga, Valdis Dombrovskis a eu une carrière prolifique. Après une maîtrise en physique obtenue en 1996, il travaille comme assistant de recherche dans des institutions renommées en Allemagne, en Lettonie et aux États-Unis, puis en tant qu’économiste senior et économiste en chef à la Banque de Lettonie de 1998 à 2002. Il entre ensuite dans la vie politique et devient ministre des Finances de 2002 à 2004.
Il est élu député de la Saeima, le Parlement letton, en 2004, ainsi que député européen la même année. Cinq ans plus tard, en 2009, il devient Premier ministre de la République de Lettonie. Il co-écrit, avec Anders Åslund, le livre « How Latvia Came Through the Financial Crisis« , publié en 2011, qui détaille la gestion de la crise financière par la Lettonie. Il annonce sa démission en novembre 2013, assumant la responsabilité politique de l’effondrement d’un supermarché dans la capitale lettone, Riga. Il quitte ses fonctions en janvier 2014.
Réélu député européen en mai 2014, Valdis Dombrovskis est nommé à la Commission européenne, dont il devient vice-président, chargé de l’Euro et du Dialogue social. En 2016, il récupère les portefeuilles de la Stabilité financière, des Services financiers et de l’Union des marchés de capitaux. Adepte des politiques de rigueur économique dans son pays, il se bat pour le respect des obligations budgétaires des États membres.
En 2019, il devient vice-président exécutif de la Commission européenne présidée par Ursula von der Leyen, en charge d’une Économie au service des personnes. Il récupère le portefeuille du Commerce en 2020 à la suite de la démission du commissaire irlandais Phil Hogan, accusé d’avoir violé les règles de sécurité sanitaire en vigueur dans son pays au moment de la pandémie de Covid-19.
Ses missions
En tant que commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis est responsable de la construction d’une économie européenne tournée vers l’avenir. Il soutient la mise en œuvre de la Facilité pour la reprise et la résilience et du Semestre européen, et supervise la mise en œuvre du programme InvestEU. Il dirige également les travaux sur l’approfondissement de l’Union économique et monétaire et le renforcement du rôle international de l’euro.
Valdis Dombrovskis coordonne les travaux sur le socle européen des droits sociaux et représente la Commission lors des réunions de l’Eurogroupe. Il dirige aussi les travaux de l’UE sur la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et supervise la mise en œuvre des protections climatiques, environnementales et du travail inscrites dans les accords commerciaux conclus avec les partenaires extérieurs.
Enfin, il dirige les travaux visant à protéger l’UE contre les pratiques commerciales déloyales, contribue à la mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et gère les relations avec la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

Maroš Šefčovič
Vice-président exécutif en charge du Pacte vert pour l’Europe, des Relations interinstitutionnelles et de la Prospective
Slovaquie 🇸🇰
58 ans
Affiliation politique : Parti socialiste européen (PSE), groupe S&D au Parlement européen, sociaux-démocrates.
Commissaire européen depuis 2009.
Son parcours
Né en 1966 à l’époque de la Tchécoslovaquie, Maroš Šefčovič est un diplomate de carrière, formé à Moscou dans les années 1980. Il a servi au Zimbabwe et au Canada dans les années 1990 avant de devenir ambassadeur de la Slovaquie en Israël (1999-2002), puis représentant permanent de la Slovaquie auprès de l’UE de 2004 à 2009.
Cette année-là, il devient commissaire européen à l’Éducation, à la Formation, à la Culture et à la Jeunesse, remplaçant Ján Figeľ pour les dernières semaines de travail de la première Commission européenne présidée par José Manuel Barroso. Il est reconduit en 2010 pour le second mandat du Portugais, devenant vice-président en charge des Relations interinstitutionnelles et de l’Administration.
Il est de nouveau reconduit à l’issue des élections européennes de 2014, cette fois-ci en tant que vice-président en charge de l’Union de l’énergie et responsable de la coordination de la politique spatiale de l’UE au sein de la Commission présidée par Jean-Claude Juncker. Il assure également l’intérim au portefeuille du Marché unique numérique de juillet à novembre 2019.
En mars 2019, Maroš Šefčovič se présente à l’élection présidentielle slovaque avec le soutien de son parti, le Smer-SD (formation sociale-démocrate devenue national-populiste). Il est battu au second tour par Zuzana Čaputová, en récoltant 41,6 % des suffrages.
En 2019, il est renouvelé dans ses fonctions de commissaire européen pour la troisième fois, en tant que vice-président en charge des Relations interinstitutionnelles et de la Prospective.
Lorsque le Néerlandais Frans Timmermans démissionne en août 2023, Maroš Šefčovič lui succède au poste de vice-président exécutif en charge du Pacte vert pour l’Europe, tout en conservant ses précédents portefeuilles. Il assure également l’intérim en tant que commissaire européen à l’Action pour le climat, jusqu’à ce que le Néerlandais Wopke Hoekstra intègre la Commission, en octobre 2023.
Ses missions
Avec ses nombreux portefeuilles, Maroš Šefčovič est chargé de diriger les travaux de la Commission européenne sur le Pacte vert pour l’Europe afin de remplir l’objectif de devenir le premier continent neutre sur le plan climatique d’ici 2050. Il doit également assurer la mise en œuvre des objectifs de réduction de gaz à effet de serre pour les horizons 2030 et 2040.
Il coordonne l’accélération de la transition énergétique dans l’UE ainsi que les travaux visant à accroître l’accès aux matières premières critiques. Maroš Šefčovič est chargé d’accélérer le déploiement du Fonds pour une transition juste et de protéger la biodiversité européenne.
Sur l’aspect interinstitutionnel, il doit veiller au respect de l’accord-cadre entre la Commission et le Parlement européen et mettre en œuvre l’accord institutionnel « Mieux légiférer ». Il a pour mission de développer le principe de « One in, One out » pour réduire la bureaucratie européenne.
Maroš Šefčovič pilote les travaux visant à élaborer le programme de travail annuel de la Commission, produit le rapport annuel de prospective et coordonne les travaux de la Commission sur les résolutions parlementaires demandant des propositions législatives. Il a la responsabilité globale des relations avec les parlements nationaux, les organes consultatifs et le Médiateur européen.

Josep Borrell
Vice-président pour une Europe plus forte sur la scène internationale
Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité
Espagne 🇪🇸
77 ans
Affiliation politique : Parti socialiste européen (PSE), groupe S&D au Parlement européen, sociaux-démocrates.
Commissaire européen depuis 2019.
Son parcours
La carrière politique de Josep Borrell i Fontelles débute dans les années 1970, alors conseiller municipal d’une commune de la banlieue de Madrid. En 1982, il est nommé secrétaire général à l’Économie au sein du ministère espagnol de l’Économie et des Finances. Il est promu secrétaire d’État aux Finances en 1984, notamment en charge de la lutte contre la fraude fiscale.
En 1986, il est élu député espagnol dans la circonscription de Barcelone ; un mandat qu’il occupera pendant près de 18 ans.
En parallèle, il poursuit son chemin au sein des gouvernements successifs. En 1991, il est nommé ministre des Travaux publics et des Transports, avant d’y ajouter le portefeuille de l’Environnement en 1993, puis celui des Télécommunications.
Sa carrière politique prend une dimension résolument européenne en 2004. Désigné tête de liste des socialistes espagnols, il est élu député européen, puis président du Parlement européen en juillet. Une fonction qu’il occupe jusqu’en janvier 2007. Il termine son mandat d’eurodéputé comme président de la commission du Développement au Parlement.
En juin 2018, il effectue son retour sur le devant de la scène politique nationale en étant nommé ministre des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération au sein du gouvernement socialiste de Pedro Sánchez.
En juillet 2019, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE réunis au sein du Conseil européen proposent sa nomination en tant que haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, c’est-à-dire comme chef de la diplomatie européenne. Il prend ses fonctions en décembre 2019 au sein de la première Commission présidée par Ursula von der Leyen.
Ses missions
Josep Borrell a pour mission de promouvoir l’Union européenne en tant que leader géopolitique mondial, en renforçant la capacité de l’UE à agir de manière autonome et à promouvoir ses valeurs et ses intérêts sur la scène internationale. Il doit aussi contribuer à l’approfondissement du projet d’une Union européenne de la défense.

Věra Jourová
Vice-présidente en charge des Valeurs et de la Transparence
République tchèque 🇨🇿
59 ans
Affiliation politique : Parti de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), groupe Renew Europe au Parlement européen, centre.
Commissaire européenne depuis 2014.
Son parcours
Vice-ministre tchèque du Développement régional de 2003 à 2006, Věra Jourová a notamment conduit les négociations relatives aux fonds européens avec la Commission européenne. Elle a par la suite mené des activités de consultante dans les Balkans en lien avec l’adhésion des pays de cette région à l’UE.
Membre du parti politique libéral ANO (Action des citoyens mécontents) depuis l’année de sa création en 2011 et proche de son fondateur, l’ancien Premier ministre Andrej Babiš, elle est élue députée tchèque en 2013, avant d’être nommée ministre du Développement régional en 2014.
Elle quitte cependant rapidement son poste, à la suite de sa nomination en tant que commissaire européenne à la Justice, aux Consommateurs et à l’Égalité des genres en octobre 2014. Un mandat au cours duquel elle a supervisé la mise en place du règlement général sur la protection des données (RGPD).
En 2019, elle est de nouveau proposée par le gouvernement tchèque comme commissaire européenne au sein de la Commission Von der Leyen. Elle change de portefeuille, ayant désormais en charge les Valeurs et la Transparence, et hérite du grade de vice-présidente de la Commission européenne.
Ses missions
En tant que vice-présidente de la Commission européenne en charge des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová doit notamment veiller au respect de l’État de droit dans les États membres de l’Union européenne. Elle doit s’assurer que les systèmes démocratiques des pays et de l’UE sont ouverts, transparents et protégés des ingérences extérieures.
Elle joue un rôle actif dans la Conférence sur l’avenir de l’Europe et mène les discussions sur le système de Spitzenkandidat et la formation de listes transnationales lors de futures élections européennes. Věra Jourová coordonne le plan d’action de l’UE pour la démocratie et a déposé des propositions législatives visant à garantir une plus grande transparence dans la publicité politique et des règles plus claires sur le financement des partis politiques.
La lutte contre la désinformation et les fake news fait également partie de ses missions, tout comme la préservation de la pluralité des médias. Elle coordonne l’initiative citoyenne européenne (ICE) et suit l’application de la Charte des droits fondamentaux dans l’Union.

Dubravka Šuica
Vice-présidente en charge de la Démocratie et de la Démographie
Croatie 🇭🇷
67 ans
Affiliation politique : Parti populaire européen (PPE), droite conservatrice.
Commissaire européenne depuis 2019.
Son parcours
Avant de se lancer en politique, Dubravka Šuica a travaillé pendant près de 20 ans comme enseignante d’anglais et d’allemand au lycée, professeure d’université puis directrice d’école à Dubrovnik, ville côtière touristique située à l’extrême sud de la Croatie.
Élue députée croate en 2000, elle est devenue maire de Dubrovnik l’année suivante, en 2001, poste qu’elle a occupé jusqu’en 2009. En 2004, Dubravka Šuica est élue vice-présidente du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux au sein du Conseil de l’Europe.
Devenue vice-présidente du HDZ (Union démocratique croate, affilié au PPE) en 2012, elle est élue au Parlement européen en 2013 lors d’élections européennes qui permettent à la Croatie, nouvel Etat membre de l’UE, d’être représentée à Strasbourg et Bruxelles. Elle est réélue aux élections européennes de 2014. Durant ce premier mandat complet, elle se démarque par son travail parlementaire, notamment au sein des commissions de l’environnement (ENVI) et des affaires étrangères (AFET).
Réélue une troisième fois députée européenne en 2019, elle est désignée en août de la même année comme candidate de la Croatie pour intégrer la Commission européenne présidée par Ursula von der Leyen. Cette dernière lui confie le poste de vice-présidente, en charge de la Démocratie et de la Démographie.
Ses missions
En tant que vice-présidente de la Commission européenne en charge de la Démocratie et de la Démographie, Dubravka Šuica dirige les travaux de la Commission sur la Conférence sur l’avenir de l’Europe, notamment en donnant aux citoyens leur mot à dire sur la manière dont l’UE est gérée et sur ce qu’elle devrait faire.
Elle coordonne également les travaux sur une vision à long terme pour les zones rurales et étudie les moyens de soutenir les régions les plus touchées par la « fuite des cerveaux ». Parmi ses missions figurent aussi la production d’un livre vert sur le vieillissement et le lancement d’un large débat sur les impacts à long terme de ce phénomène, notamment sur la santé et les retraites. Elle doit ainsi veiller à ce que les systèmes de protection sociale européens répondent de manière adéquate aux besoins d’une population vieillissante et au risque de pauvreté.
Enfin, elle a sous sa responsabilité la préparation d’une stratégie globale de l’UE sur les droits de l’enfant, y compris la protection des enfants vulnérables et des droits des enfants en ligne, ainsi que le soutien à une justice adaptée aux enfants.

Margarítis Schinás
Vice-président pour la Promotion du mode de vie européen
Grèce 🇬🇷
62 ans
Affiliation politique : Parti populaire européen (PPE), droite conservatrice.
Commissaire européen depuis 2019.
Son parcours
Avant d’entrer en politique, Margarítis Schinás a longtemps travaillé comme fonctionnaire grec et européen. Après des études qui l’ont mené de Thessalonique (Grèce) au Collège d’Europe à Bruges (Belgique) puis à la London School of Economics and Political Sciences (Royaume-Uni), il rejoint la Direction générale des Transports (DG MOVE) de la Commission européenne en 1990. Il travaille ensuite pour le bureau de la représentation permanente de la Commission en Grèce (1994-1999).
Margarítis Schinás a travaillé au sein des cabinets de plusieurs commissaires européens. Entre 1993 et 1994, pour Abel Matutes puis Marcelino Oreja d’abord, qui étaient en charge des portefeuilles des Transports et de l’Énergie. Ensuite de 1999 à 2004 en tant que chef adjoint du cabinet de Loyola de Palacio, vice-présidente de la Commission chargée des Relations avec le Parlement, des Transports et de l’Énergie. Enfin, de 2004 à 2007, en tant que chef de cabinet du commissaire chypriote Márkos Kyprianoú, alors en charge de la Santé et de la Protection des consommateurs.
En 2007, à la suite de la démission d’un eurodéputé grec de son parti, Nouvelle Démocratie (affilié au PPE), il lui succède au Parlement européen, où il siège jusqu’en 2009. En 2010, il est nommé directeur adjoint du Bureau des conseillers de politique européenne par le président de la Commission, José Manuel Barroso. Il est promu porte-parole en chef de la Commission européenne en 2014, et devient également directeur général adjoint de la Direction générale de la Communication (DG COMM) de la Commission européenne l’année suivante.
En 2019, Ursula von der Leyen le nomme vice-président de la Commission européenne, en charge de la Promotion du mode de vie européen, devenant ainsi le premier Grec à occuper des fonctions si élevées au sein de la Commission.
Ses missions
Dans son domaine d’action, Margarítis Schinás traite notamment les questions migratoires. Il doit ainsi coordonner les travaux de la Commission sur le nouveau pacte sur la migration et l’asile. Il a également pour mission de développer des voies de migration légale pour favoriser l’intégration au marché du travail et à la société des immigrés et réfugiés.
Le commissaire doit aussi coordonner les travaux de la Commission sur le développement d’une Union européenne de la sécurité, ainsi que ceux visant à renforcer les mesures de prévention, de détection et de réponse aux menaces hybrides.
Dans sa mission de promotion du mode de vie européen, Margarítis Schinás a pour mission de rendre l’éducation plus accessible et plus inclusive, d’encourager l’apprentissage tout au long de la vie, la reconversion et l’apprentissage transfrontalier. Construire une véritable Union de l’égalité et de la diversité fait partie de ses priorités, tout comme maximiser le potentiel de la culture et du sport au sein de l’UE, ainsi que du Corps européen de solidarité et des programmes DiscoverEU.
Enfin, il est chargé de piloter le dialogue de la Commission avec les églises et les associations ou communautés religieuses, ainsi qu’avec les organisations philosophiques et non confessionnelles. Il est également en première ligne au sein de l’exécutif européen dans la lutte contre l’antisémitisme.

Johannes Hahn
Commissaire au Budget et à l’Administration
Autriche 🇦🇹
66 ans
Affiliation politique : Parti populaire européen (PPE), droite conservatrice.
Commissaire européen depuis 2010.
Son parcours
Né le 2 décembre 1957 à Vienne, Johannes Hahn est titulaire d’un doctorat en philosophie. Membre du Parlement régional de Vienne de 1996 à 2003, il occupe en parallèle des postes de direction dans divers secteurs de l’économie autrichienne, notamment au sein du conseil d’administration de la société Novomatic AG, un important opérateur de jeux et de paris.
En 2003, il devient conseiller municipal de Vienne, avant de prendre en 2004 la tête de la section viennoise du Parti populaire autrichien (ÖVP, affilié au PPE). En 2007, il est nommé ministre de la Science et la Recherche : il met alors l’accent sur la promotion de la recherche publique, l’égalité des genres dans la recherche et les projets de sensibilisation scientifique pour les jeunes.
En 2010, il intègre la Commission européenne présidée par José Manuel Barroso comme commissaire européen en charge de la Politique régionale. En 2014, il est reconduit comme commissaire sous la présidence de Jean-Claude Juncker, cette fois-ci en charge de la Politique de voisinage et de l’Élargissement. Au sein de la Commission von der Leyen et pour son troisième mandat, il hérite des portefeuilles du Budget et de l’Administration.
Ses missions
Comme commissaire européen au Budget, Johannes Hahn est responsable des recettes et des dépenses de l’Union européenne. C’est aussi lui qui dirige l’évaluation annuelle des comptes. Il a négocié le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 au nom de la Commission européenne.
L’Autrichien est également responsable des ressources humaines au sein de l’administration européenne. Au début de son mandat, la présidente de l’exécutif européen lui a demandé de travailler sur l’égalité femmes-hommes dans l’administration, de mettre en œuvre la numérisation complète de l’administration et de veiller à ce que la Commission dispose de l’infrastructure adéquate pour faire face aux menaces qui visent ses infrastructures physiques et numériques.

Didier Reynders
Commissaire à la Justice
Belgique 🇧🇪
66 ans
Affiliation politique : Parti de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), groupe Renew Europe au Parlement européen, centre.
Commissaire européen depuis 2019.
Son parcours
Après des études de droit et une courte carrière d’avocat, Didier Reynders s’illustre dans le secteur des transports. Il devient en 1986 président de la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB), puis président de la Société nationale des voies aériennes en 1991.
En parallèle, il se lance en politique, d’abord élu conseiller communal de Liège, puis député en 1992. Il devient président du groupe du Parti réformateur libéral (centre droit, ancêtre du Mouvement réformateur) à la Chambre des représentants en 1995.
Il est nommé ministre des Finances en 1999, poste qu’il occupe pendant douze ans, jusqu’en 2011. Il préside en parallèle le Mouvement réformateur entre 2004 et 2011. Didier Reynders est nommé la même année ministre des Affaires étrangères et européennes, et obtient également le portefeuille de la Défense en 2018.
Une carrière ministérielle longue de plus de 20 ans, au cours de laquelle il aura servi dans 10 gouvernements, dirigés par 6 Premiers ministres différents, qui se stoppe en 2019. Il est désigné par le gouvernement belge pour être le nouveau commissaire européen du pays. Ursula von der Leyen lui confie le portefeuille de la Justice.
Ses missions
Dans le cadre de ses fonctions, Didier Reynders doit garantir le respect de l’État de droit dans l’Union européenne. Il coordonne les rapports de la Commission en la matière, en veillant à ce que la méthode de surveillance adoptée soit identique pour tous les États membres.
Au début de son mandat, Ursula von der Leyen l’a chargé d’appliquer plus strictement les règles européennes concernant l’État de droit et d’approfondir les relations avec le Conseil de l’Europe.
Il est également chargé d’améliorer la coopération judiciaire et l’échange d’informations entre les États membres, et d’assurer la mise en œuvre du règlement général sur la protection des données (RGPD). Enfin, il a suivi la création du Parquet européen.

Iliana Ivanova
Commissaire à l’Innovation, à la Recherche,
à la Culture, à l’Éducation et à la Jeunesse
Bulgarie 🇧🇬
48 ans
Affiliation politique : Parti populaire européen (PPE), droite conservatrice.
Commissaire européenne depuis 2023.
Son parcours
Née le 14 septembre 1975 à Stara Zagora, Iliana Ivanova étudie en Bulgarie puis aux Etats-Unis. En 2004, elle décroche un Master en finance internationale à la Thunderbird School of Global Management, située dans l’Arizona.
Après un début de carrière au ministère bulgare de l’Agriculture puis dans des banques américaines, Iliana Ivanova est élue conseillère municipale de Sofia en 2007, puis députée européenne en 2009. Elle devient vice-présidente de la commission du contrôle budgétaire (CONT) ainsi que de la commission spéciale sur la crise économique, financière et sociale.
Fin 2012, elle cesse toutes ses activités politiques pour intégrer au 1er janvier 2013 la Cour des comptes européenne. Elle en est membre durant 10 ans, avant qu’elle ne soit désignée en juin 2023 pour remplacer la commissaire européenne bulgare Mariya Gabriel, démissionnaire. Une désignation approuvée par le Parlement européen, qui lui permet d’hériter des portefeuilles de sa prédécesseuse : l’Innovation, la Recherche, la Culture, l’Éducation et la Jeunesse.
Députée européenne entre 2009 et 2017, Mariya Gabriel est devenue commissaire européenne en 2017, chargée de l’Économie et de la Société numérique. Elle est reconduite en 2019 au sein de la Commission von der Leyen en tant que commissaire à l’Innovation, la Recherche, la Culture, l’Éducation et la Jeunesse. Chargée par le président bulgare de former un nouveau gouvernement à la suite des élections législatives, elle remet sa démission à Ursula von der Leyen le 15 mai 2023. Elle devient vice-Première ministre, en charge des Affaires étrangères, fonctions qu’elle occupe jusqu’en avril 2024.
Ses missions
Avec ses multiples casquettes, Iliana Ivanova est à la fois responsable de l’innovation, la recherche, la culture, l’éducation et de la jeunesse au sein de l’UE. La Bulgare est chargée de la mise en œuvre de deux programmes importants de l’Union européenne : Erasmus+ et Horizon Europe.
Son rôle est de poursuivre la construction d’un espace européen de la recherche, notamment via la mise en réseau des universités européennes et la coopération internationale dans ses domaines de compétences.
Iliana Ivanova a également pour mission de promouvoir les industries créatives, le sport et de renforcer l’engagement de l’Europe en faveur de la protection du patrimoine culturel.

Stélla Kyriakides
Commissaire à la Santé et à la Sécurité alimentaire
Chypre 🇨🇾
68 ans
Affiliation politique : Parti populaire européen (PPE), droite conservatrice.
Commissaire européenne depuis 2019
Son parcours
Née le 10 mars 1956 à Nicosie, Stélla Kyriakides est psychologue de formation. Elle fait ses études aux Royaume-Uni, à Reading puis Manchester. Elle rejoint ensuite le ministère chypriote de la Santé, où elle travaille durant près de 30 ans, jusqu’en 2006.
Cette année-là, elle est élue députée pour le Rassemblement démocrate (droite, affilié au PPE). Son mandat à la Chambre des représentants est renouvelé deux fois, en 2011 puis 2016. En 2012, Stélla Kyriakides devient la présidente de la délégation chypriote à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Elle est même élue présidente par intérim de l’institution en 2017, devenant la première personnalité chypriote à accéder à cette fonction.
Elle est reconnue pour son engagement en faveur de la lutte contre le cancer du sein, ayant notamment présidé l’association Europa Donna, consacrée à cette cause, ainsi que le comité national chypriote de la stratégie de lutte contre le cancer.
En 2019, elle est nommée commissaire européenne, en charge de la Santé et de la Sécurité alimentaire. Un portefeuille en adéquation avec sa carrière médicale et politique.
Ses missions
En tant que commissaire européenne à la Santé, Stélla Kyriakides a lancé le plan européen de lutte contre le cancer. Elle doit également s’assurer que l’Europe dispose de suffisamment de médicaments abordables pour répondre à ses besoins et soutenir l’industrie pharmaceutique européenne. La Chypriote met en œuvre la législation de l’UE relative aux dispositifs médicaux.
Durant la pandémie de Covid-19, elle suit la politique vaccinale européenne et participe à la création de l’Autorité de préparation et d’intervention en cas d’urgence sanitaire (HERA).
Son portefeuille couvre également la sécurité alimentaire. Responsable d’une partie du plan « De la ferme à la table« , Stélla Kyriakides doit veiller au respect des normes de l’UE en matière d’importations de denrées alimentaires et de bien-être animal.

Kadri Simson
Commissaire à l’Énergie
Estonie 🇪🇪
47 ans
Affiliation politique : Parti de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), groupe Renew Europe au Parlement européen, centre.
Commissaire européenne depuis 2019.
Son parcours
Diplômée d’histoire à l’université de Tartu, où elle est née, et de sciences politiques au University College of London, Kadri Simson commence sa carrière politique en 1999 comme conseillère auprès de la municipalité de Tallinn, avant de devenir conseillère du maire de la capitale estonienne en 2001.
Membre du Parti du centre (EK, affilié à Renew Europe), elle en est la secrétaire générale entre 2003 et 2007, année où elle est élue députée au Riigikogu, le Parlement national. Elle conserve son siège jusqu’en 2016, lorsqu’elle rejoint le gouvernement en devenant ministre des Affaires économiques et des Infrastructures.
En 2019, elle est désignée par son gouvernement pour devenir la nouvelle commissaire européenne estonienne. Ursula von der Leyen lui confie le portefeuille de l’Energie.
Ses missions
En tant que commissaire à l’Énergie, Kadri Simson est chargée de mettre en œuvre le Pacte vert européen dans ce secteur très émetteur de gaz à effet de serre. Elle participe par exemple aux négociations sur l’efficacité énergétique, la performance énergétique des bâtiments et les énergies renouvelables.
Alors que la Russie envahit l’Ukraine en février 2022, elle joue un rôle dans la mise en place du plan « REPowerEU« , destiné à sortir l’Europe de sa dépendance aux énergies fossiles russes. Tout comme dans la mise en œuvre des mesures d’urgence pour faire baisser les prix de l’énergie au pire moment de la crise.
Kadri Simson est également chargée de la réalisation des objectifs de l’UE en matière d’interconnexion des systèmes énergétiques nationaux. En parallèle, elle a la charge du développement du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et suit l’instauration du nouveau Mécanisme pour une transition juste (MTJ).

Jutta Urpilainen
Commissaire aux Partenariats internationaux
Finlande 🇫🇮
49 ans
Affiliation politique : Parti socialiste européen (PSE), groupe S&D au Parlement européen, sociaux-démocrates.
Commissaire européenne depuis 2019.
Son parcours
Née en 1975, Jutta Urpilainen est titulaire d’un master en sciences de l’éducation, obtenu à l’Université de Jyväskylä. Elle a brièvement travaillé comme institutrice, en même temps qu’elle présidait la section finlandaise des jeunes fédéralistes européens.
En 2000, elle est élue au conseil municipal de Kokkola, puis au Parlement finlandais en 2003, à 28 ans. Réélue en 2007, elle devient l’année suivante présidente du Parti social-démocrate (SDP, gauche, affilié au Parti socialiste européen), devenant la première femme à occuper ce poste à 32 ans seulement.
Sous sa direction, le parti joue un rôle clé dans la formation du gouvernement après les élections législatives de 2011. Elle l’intègre en tant que vice-Première ministre et ministre des Finances, et est confrontée à la crise de la zone euro. Jutta Urpilainen a été l’une des figures de proue des négociations concernant les plans de sauvetage pour les pays en difficulté financière, défendant la rigueur budgétaire et les intérêts de la Finlande sur la scène européenne.
Concurrencée à la tête de son parti, elle perd la présidence du SDP en 2014 et démissionne alors de ses fonctions gouvernementales. Elle retourne au Parlement et siège en parallèle à la Commission nationale finlandaise pour l’UNESCO. Entre 2017 et 2019, elle est représentante spéciale pour la médiation du ministère finlandais des Affaires étrangères, poste où elle a notamment pour objectif de contribuer au renforcement du rôle des femmes et de la jeunesse en Afrique.
En 2019, elle est choisie par le gouvernement finlandais pour devenir commissaire européenne. Nommée par Ursula von der Leyen, elle prend en charge le portefeuille des Partenariats internationaux. Elle se met en retrait de ses fonctions en décembre 2023 afin de se présenter à l’élection présidentielle en Finlande quelques semaines plus tard, mais échoue dès le premier tour.
Ses missions
En tant que commissaire européenne chargée des Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen est responsable de la gestion des relations entre l’Union européenne et les pays tiers, en particulier ceux en développement. Son mandat inclut la promotion de la coopération internationale, le soutien au développement durable et la réduction de la pauvreté dans le monde.
Elle est également chargée de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations Unies pour le développement durable, en coordonnant les efforts pour atteindre les Objectifs de développement durable.
Un des principaux défis de son mandat était de trouver un nouvel accord post-Cotonou, le cadre général dans lequel s’inscrivent les relations entre l’UE, d’une part, et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’autre part. Signé en novembre 2023, l’accord de Samoa lui a succédé.
Elle est également responsable de la coordination de la réponse de l’UE aux crises mondiales, qu’il s’agisse de conflits, de catastrophes naturelles ou de pandémies, en veillant à ce que l’aide humanitaire et le soutien au développement soient délivrés de manière efficace.

Thierry Breton
Commissaire au Marché intérieur
France 🇫🇷
69 ans
Affiliation politique : indépendant, proche du Parti de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), groupe Renew Europe au Parlement européen, centre.
Commissaire européen de 2019 à 2024.
Son parcours
Avant d’être un homme politique, Thierry Breton était un dirigeant d’entreprises. Ingénieur de formation, il débute sa carrière d’entrepreneur en créant Forma Systems aux Etats-Unis, en 1981, une PME spécialisée dans les nouvelles technologies. Il revient ensuite en France pour participer à la conception du Futuroscope, fameux parc d’attraction français situé à Poitiers. Il en est le directeur général de 1986 à 1990.
Il dirige ensuite la Compagnie générale de l’immobilier (1990-1993), puis les entreprises françaises Bull (1993-1997) et Thomson (1997-2002, aujourd’hui Technicolor), spécialisées dans l’ingénierie informatique. Il est nommé en 2002 à la tête de l’entreprise publique France Télécom, qu’il redresse et dont il accompagne la privatisation.
Conseiller politique de diverses personnalités de droite dans les années 1980-1990, il devient conseiller régional de Poitou-Charentes et vice-président de la région de 1986 à 1992. En 2005, il intègre le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin comme ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. À Bercy, il mène une politique de réduction du déficit public et de modernisation de l’économie, avant de quitter le gouvernement en 2007.
Après une année d’enseignement à Harvard, il réintègre le secteur privé et prend la tête du groupe Atos, société spécialisée dans la transformation numérique. Son bilan comme PDG de l’entreprise de 2009 à 2019 est sujet à débat, en raison de l’importante dette contractée. Thierry Breton travaille en parallèle à la mise en place de projets européens tels que le European Cloud Partnership (2012) et le Fonds européen de la défense dès 2016. Il quitte Atos en 2019 pour devenir commissaire européen, en charge du Marché intérieur.
Thierry Breton est également l’auteur de plusieurs romans de science-fiction, dont « Softwar« , vendu à 2 millions d’exemplaires et traduit dans une dizaine de langues.
Le 16 septembre 2024, à la surprise générale, Thierry Breton annonce sa démission avec effet immédiat de ses fonctions de commissaire européen, à cause de profonds désaccords avec Ursula von der Leyen. Il renonce dans le même temps à être le candidat français pour intégrer la prochaine Commission, alors qu’il avait été désigné fin juillet 2024 par Emmanuel Macron pour poursuivre sa mission au sein de l’exécutif européen. Ses portefeuilles n’ont pas encore été réattribués.
Ses missions
Responsable du marché intérieur au sein de la Commission d’Ursula von der Leyen, Thierry Breton gérait notamment les portefeuilles du numérique, de l’espace et de la défense.
Il a joué un rôle clé dans l’élaboration des législations DSA (Digital Services Act) et DMA (Digital Markets Act) pour réguler les géants du numérique. Il participe également à l’élaboration d’un règlement pionnier sur l’intelligence artificielle.
Plus largement, son rôle était de renforcer la souveraineté technologique de l’Europe ainsi que la cybersécurité. Thierry Breton a aussi été nommé en 2021 à la tête d’une « task force » chargée de gérer la production et la distribution des vaccins contre le Covid-19.

Olivér Várhelyi
Commissaire à la Politique de voisinage et à l’Élargissement
Hongrie 🇭🇺
51 ans
Affiliation politique : indépendant, proche du Fidesz du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán.
Commissaire européen depuis 2019.
Son parcours
Avocat de formation, Olivér Várhelyi débute sa carrière en 1995 au sein du bureau des affaires européennes du ministère de l’Industrie et du Commerce hongrois, avant de rapidement rejoindre le ministère des Affaires étrangères, où il devient chef de cabinet en 1998.
À partir de 2001, il commence à travailler au sein de la Représentation permanente de la Hongrie auprès de l’Union européenne, à Bruxelles. Il en devient le chef du service juridique en 2003, et participe notamment aux négociations de 2004 sur l’adhésion de la Hongrie à l’UE.
Après être revenu en Hongrie en 2006 pour diriger le département de droit européen au ministère de la Justice, il retourne à Bruxelles en 2008 pour intégrer l’administration de la Commission européenne, où il dirige l’unité chargée des droits de propriété industrielle à la Direction générale du Marché intérieur et des Services.
En 2011, Olivér Várhelyi est nommé représentant permanent adjoint et ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Hongrie auprès de l’UE. Il devient représentant permanent titulaire en 2015, jusqu’en 2019, lorsqu’il est désigné pour intégrer la Commission d’Ursula von der Leyen.
Il devient commissaire européen à l’Élargissement et à la Politique européenne de voisinage, après le rejet par le Parlement européen du candidat hongrois précédent, László Trócsányi. Il bénéficie d’une meilleure expertise sur les dossiers européens et sa carrière, bien plus diplomatique que politique, rassure les députés européens quant à sa proximité idéologique avec le très critiqué Premier ministre hongrois, Viktor Orbán.
Ses missions
En tant que commissaire à la Politique de voisinage et à l’Élargissement, Olivér Várhelyi est chargé de gérer et de renforcer les relations de l’Union européenne avec les pays voisins, notamment ceux qui aspirent à rejoindre l’UE.
Il supervise les processus d’élargissement, veillant à ce que les pays candidats respectent les critères d’adhésion de l’Union, y compris les principes économiques, de démocratie et de l’État de droit.
Le commissaire hongrois a également pour mission de renforcer les partenariats avec les pays voisins à l’Est et au Sud de l’UE. Il est responsable de la coordination des programmes de soutien aux réformes politiques et économiques dans les pays partenaires.

Mairead McGuinness
Commissaire aux Services financiers, à la Stabilité financière
et à l’Union des marchés de capitaux
Irlande 🇮🇪
65 ans
Affiliation politique : Parti populaire européen (PPE), droite conservatrice.
Commissaire européenne depuis 2020.
Son parcours
Diplômée en économie agricole, en comptabilité et en finances, Mairead McGuinness a entamé sa carrière comme journaliste, au début des années 1980, traitant essentiellement de sujets liés à l’agriculture, avant de s’engager en politique au milieu des années 2000.
En 2004, elle est élue députée européenne sous l’étiquette du Fine Gael, un parti de centre-droit en Irlande, affilié au Parti populaire européen (PPE). Membre de la commission de l’Agriculture et du Développement rural, elle est réélue en 2009, en 2014 et en 2019.
Elle devient également vice-présidente du Parlement européen en 2014, jusqu’à ce qu’elle rejoigne en octobre 2020 la Commission européenne, en remplacement du commissaire irlandais Phil Hogan. Elle n’hérite toutefois pas de son portefeuille du Commerce (qui revient au Letton Valdis Dombrovskis), mais de ceux des Services financiers, de la Stabilité financière et de l’Union des marchés de capitaux.
Ses missions
En tant que commissaire aux Services financiers, à la Stabilité financière, et à l’Union des marchés de capitaux, Mairead McGuinness est chargée de superviser et de réguler le secteur financier au sein de l’UE. Son rôle consiste à renforcer la stabilité financière européenne, en particulier dans le contexte de défis économiques globaux et de la crise du Covid-19.
Elle est également responsable de la mise en œuvre de l’Union des marchés de capitaux, un grand chantier visant à créer un marché intégré des capitaux à travers l’UE, afin de faciliter l’accès des entreprises aux financements, à travers les frontières, et de diversifier les possibilités d’investissements.
Mairead McGuinness veille aussi à la protection des consommateurs dans le secteur financier. Son travail englobe la réglementation sur les marchés financiers, la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que la surveillance des risques liés aux nouvelles technologies, comme les cryptomonnaies.

Paolo Gentiloni
Commissaire à l’Économie
Italie 🇮🇹
69 ans
Affiliation politique : Parti socialiste européen (PSE), groupe S&D au Parlement européen, sociaux-démocrates.
Commissaire européen depuis 2019.
Son parcours
Né en 1954 à Rome, Paolo Gentiloni est issu d’une famille aristocratique italienne. Après des études de sciences politiques, il s’engage à l’extrême gauche de l’échiquier politique, avant de se tourner vers l’écologie lorsqu’il entame sa carrière de journaliste.
Sa carrière politique débute au milieu des années 1990. Après avoir été porte-parole du maire de Rome, Paolo Gentiloni est élu pour la première fois à la Chambre des députés en 2001, sous l’étiquette du parti de centre gauche qu’il a cofondé : La Marguerite. Il restera député jusqu’en 2019.
En 2006, il entre au gouvernement comme ministre des Communications. Durant cette période, il s’attache à réformer le secteur des médias en Italie, tentant de réduire leur concentration et de favoriser le pluralisme.
En 2007, il participe à la fondation du Parti démocrate (PD, affilié au Parti socialiste européen), fusion de plusieurs formations de gauche, et devient l’un des principaux cadres de ce nouveau parti.
Il est nommé ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale en 2014, au sein du gouvernement dirigé par Matteo Renzi. En décembre 2016, Paolo Gentiloni est appelé à lui succéder en tant que président du Conseil. À la tête du gouvernement italien de 2016 à 2018, il se concentre sur la situation économique du pays, les politiques de santé, la gestion des flux migratoires, et la réforme du système électoral.
En septembre 2019, le Premier ministre italien Giuseppe Conte propose la nomination de Paolo Gentiloni comme commissaire européen au sein de la nouvelle Commission. Ursula von der Leyen lui confie le portefeuille de l’Économie.
Ses missions
En tant que commissaire à l’Économie, Paolo Gentiloni supervise la coordination des politiques budgétaires et économiques des États membres, en veillant à leur conformité avec les règles de l’UE.
Responsable du Semestre européen et du Pacte de stabilité et de croissance, il travaille en collaboration avec le vice-président Valdis Dombrovskis, qui dispose également de compétences économiques dans son portefeuille de commissaire.
Alors que la pandémie de Covid-19 éclate, Paolo Gentiloni joue un rôle clé dans la réponse économique de l’UE à la crise, en supervisant la mise en œuvre des mesures européennes de relance, comme le plan NextGenerationEU.
Il travaille à renforcer l’Union économique et monétaire, tout en assurant que les politiques fiscales et budgétaires de l’UE soutiennent la croissance économique à long terme.
Paolo Gentiloni travaille aussi à l’accord, puis la mise en œuvre de l’impôt mondial sur les sociétés. Enfin, il est chargé de la mise en œuvre du code des douanes dans l’Union européenne.

Virginijus Sinkevičius
Commissaire à l’Environnement, aux Océans et à la Pêche
Lituanie 🇱🇹
33 ans
Affiliation politique : son parti national, l’Union lituanienne agraire et des verts (LVŽS), n’est affilié à aucun parti européen, mais siège au sein du groupe écologiste Verts/ALE au Parlement européen.
Commissaire européen entre 2019 et 2024.
Son parcours
Diplômé en économie et en relations internationales à l’Université d’Aberystwyth (Pays de Galles) et en politique européenne à l’Université de Maastricht (Pays-Bas), Virginijus Sinkevičius commence à travailler pour le site d’actualité Lithuania Tribune et pour le Centre d’analyse de la politique européenne à Washington.
Il effectue un passage dans le secteur privé comme directeur de projets, notamment pour les aéroports lituaniens, puis pour Invest Lithuania, une agence du ministère de l’Économie lituanien chargée d’attirer des investissements étrangers.
Sa carrière politique début en 2016, alors qu’il est âgé de seulement 26 ans. Il est élu député sous l’étiquette de l’Union lituanienne agraire et des verts, un parti considéré comme centriste, se réclamant à la fois de l’écologie et du conservatisme.
Fin 2017, il est nommé ministre de l’Économie, et récupère le portefeuille de l’Innovation peu de temps après.
A 29 ans, en 2019, il devient le plus jeune commissaire européen de l’histoire de l’institution, ainsi que le seul membre de l’exécutif dont le parti est affilié aux écologistes au Parlement européen. Ursula von der Leyen lui confie les portefeuilles de l’Environnement, des Océans et de la Pêche.
Élu lors des élections européennes de juin 2024, il démissionne de ses fonctions au sein de la Commission pour siéger au sein du groupe écologiste au Parlement européen. Il est aujourd’hui vice-président de la commission des Transports et du Tourisme au Parlement européen. Ses portefeuilles de commissaire européen ont été récupérés par le vice-président exécutif slovaque Maroš Šefčovič, qui assure l’intérim jusqu’à l’installation de la prochaine Commission.
Ses missions
En tant que commissaire à l’Environnement, aux Océans et à la Pêche, Virginijus Sinkevičius était chargé de conduire les politiques environnementales de l’Union européenne. Il jouait un rôle central dans la réalisation des objectifs du Pacte vert européen, l’initiative visant à faire de l’Europe le premier continent neutre en carbone d’ici 2050.
Le commissaire lituanien supervisait la mise en œuvre des politiques destinées à protéger la biodiversité, à lutter contre la pollution, et à promouvoir l’économie circulaire. Virginijus Sinkevičius a par exemple participé à l’élaboration de la loi européenne de restauration de la nature et d’une partie de la stratégie alimentaire « De la ferme à la table ».
Il était également responsable de la gestion durable des ressources maritimes et halieutiques, en veillant à ce que les pratiques de pêche soient respectueuses des écosystèmes marins et contribuent à la préservation des océans.

Nicolas Schmit
Commissaire à l’Emploi et aux Droits sociaux
Luxembourg 🇱🇺
73 ans
Affiliation politique : Parti socialiste européen (PSE), groupe S&D au Parlement européen, sociaux-démocrates.
Commissaire européen depuis 2019.
Son parcours
Après ses études dans les années 1970 à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence (France), Nicolas Schmit entame sa carrière dans différents ministères luxembourgeois, principalement dans les affaires étrangères et européennes. Il est notamment chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères de 1984 à 1989.
Ces expériences le conduisent à devenir ambassadeur du Luxembourg auprès de l’Union européenne à partir de 1998. À différentes occasions, Nicolas Schmit participe aux travaux pour rédiger de nouveaux traités européens, dont celui de Maastricht de 1992.
Il quitte la représentation permanente du Luxembourg à Bruxelles en 2004, pour entrer au gouvernement. Il est nommé ministre délégué aux Affaires étrangères et à l’Immigration.
Après les élections législatives de 2009, Nicolas Schmit prend la tête du ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Immigration. Membre du Parti ouvrier socialiste luxembourgeois (LSAP, affilié au Parti socialiste européen), il est reconduit dans ses fonctions lors de la formation du nouveau gouvernement en 2013, élargissant son domaine d’action à cette occasion pour inclure l’économie sociale et solidaire.
Élu député européen en mai 2019, il rejoint la Commission européenne ensuite en tant que commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux.
Pour les élections européennes de juin 2024, il est choisi par la famille socialiste européenne pour devenir son Spitzenkandidat, chef de file de ce scrutin à l’échelle transnationale. La victoire du PPE ne lui permet pas de prétendre à la présidence de la Commission européenne, qui revient pour la deuxième fois de suite à Ursula von der Leyen.
Ses missions
En tant que commissaire à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit est responsable de la mise en œuvre et de la gestion des politiques de l’Union européenne en matière d’emploi, de conditions de travail, et de sécurité sociale.
Chargé de coordonner les efforts de l’UE pour réduire le chômage et pour promouvoir la création d’emplois de qualité, il supervise le Fonds social européen.
Son portefeuille inclut aussi la formation professionnelle et de développement des compétences. Il doit par ailleurs suivre l’application du socle européen des droits sociaux.
Durant son mandat, Nicolas Schmit a par exemple participé à l’élaboration de deux directives pour protéger les travailleurs des plateformes numériques et pour des salaires minimums adéquats en Europe.
Son mandat est également marqué par la pandémie de Covid-19, durant laquelle il a contribué à mettre en place les mesures de soutien aux États membres.

Helena Dalli
Commissaire à l’Égalité
Malte 🇲🇹
61 ans
Affiliation politique : Parti socialiste européen (PSE), groupe S&D au Parlement européen, sociaux-démocrates.
Commissaire européenne depuis 2019.
Son parcours
Docteure en sociologie politique (et élue Miss Malte en 1979), Helena Dalli enseigne d’abord à l’Université de Malte, avant d’être élue au Parlement maltais en 1996 sous l’étiquette du Parti travailliste (PL, gauche, affilié au PSE). Elle est alors désignée secrétaire parlementaire pour les droits des femmes auprès du Premier ministre (1996-1998).
Après une longue période dans l’opposition, elle devient en 2013 ministre du Dialogue social, de la Consommation et des Libertés civiles dans le gouvernement travailliste de Joseph Muscat. Elle est notamment responsable de l’instauration de nouvelles lois protégeant les personnes transgenres et intersexes, et de la légalisation du mariage homosexuel en 2017.
Cette année-là, elle devient ministre des Affaires européennes et de l’Égalité. En 2019, le Premier ministre Joseph Muscat propose sa candidature pour devenir la nouvelle commissaire européenne maltaise. Ursula von der Leyen lui confie le portefeuille de l’Égalité.
Ses missions
En tant que commissaire européenne à l’Égalité, Helena Dalli est chargée de renforcer l’engagement de l’Europe en faveur de l’inclusion et de l’égalité entre les citoyens. Elle mène une lutte contre toutes les formes de discriminations (sexe, origine, religion, handicap, orientation sexuelle…).
Dans le cadre de ses fonctions, elle veille à la mise en œuvre de la directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Elle participe également à faire aboutir le texte sur les quotas de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises.
Helena Dalli soutient aussi l’adhésion de l’UE à la convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre les violences sexistes, dont la ratification est entrée en vigueur en octobre 2023.

Wopke Hoekstra
Commissaire à l’Action pour le climat
Pays-Bas 🇳🇱
48 ans
Affiliation politique : Parti populaire européen (PPE), droite conservatrice.
Commissaire européen depuis 2023.
Son parcours
Diplômé en droit de l’Université de Leyde et titulaire d’un MBA de l’INSEAD, Wopke Hoekstra entame sa carrière dans le secteur privé avant de se lancer en politique. De 2002 à 2005, il travaille pour le géant pétrolier Shell, avant de rejoindre en 2006 le cabinet de conseil McKinsey & Company, où il se spécialise dans les services financiers et les réformes du secteur public.
Wopke Hoekstra débute sa carrière politique en 2011, en étant élu au Sénat néerlandais sous l’étiquette de l’Appel chrétien-démocrate (CDA), un parti de centre droit affilié au PPE. La fonction de sénateur étant à temps partiel aux Pays-Bas, il continue de travailler chez McKinsey jusqu’en 2017, lorsqu’il entre au gouvernement.
Il devient ministre des Finances dans le gouvernement de Mark Rutte, un poste qu’il occupe jusqu’en 2022. Il se fait connaître par ses positions fermes sur la discipline budgétaire. Chef de l’Appel chrétien-démocrate (CDA) depuis 2020, il devient vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères en 2022.
En août 2023, Wopke Hoekstra est choisi par le gouvernement néerlandais pour devenir commissaire européen, en remplacement de Frans Timmermans, démissionnaire. Après des auditions mouvementées au Parlement européen, où lui sont notamment reprochés ses passages chez le géant pétrolier Shell et le cabinet de conseil McKinsey, Wopke Hoekstra est investi commissaire européen, mais ne récupère que le portefeuille de l’Action pour le climat. Le slovaque Maroš Šefčovič hérite, lui, de la fonction de vice-président exécutif de la Commission en charge du Pacte vert européen, également laissée vacante par Frans Timmermans.
Ses missions
Wopke Hoekstra hérite des travaux de son prédécesseur, Frans Timmermans, et poursuit la révision des cadres législatifs existants, tels que le marché carbone de l’UE.
En tant que commissaire à l’Action pour le climat, il est chargé de piloter la politique climatique de l’Union européenne, notamment la mise en œuvre du Pacte vert européen.
Il est responsable de l’application de la loi européenne sur le climat par les États membres. Wopke Hoekstra prépare également une proposition de nouvel objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2040.
Le Néerlandais participe par ailleurs aux négociations climatiques internationales. Lors de sa prise de fonction, Ursula von der Leyen lui demande d' »œuvrer à l’établissement d’objectifs mondiaux ambitieux en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique« .

Janusz Wojciechowski
Commissaire à l’Agriculture
Pologne 🇵🇱
69 ans
Affiliation politique : Parti des conservateurs et réformistes européens, groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE) au Parlement européen, droite eurosceptique.
Commissaire européen depuis 2019.
Son parcours
Après des études de droit dans les années 1970, Janusz Wojciechowski entame une carrière de magistrat, d’abord comme assesseur, puis comme juge jusqu’en 1993. Il est alors membre du Parti paysan unifié, soumis au pouvoir communiste, avant de rejoindre le nouveau Parti paysan polonais après 1990.
Élu député en 1993, il démissionne deux ans plus tard quand il est choisi comme président de la Chambre suprême de contrôle en 1995, équivalent polonais de la Cour des comptes. Il redevient député en 2001, et vice-président de la Diète, la chambre basse du Parlement polonais.
En 2004, il est élu une première fois eurodéputé et devient vice-président de la commission de l’Agriculture et du Développement rural au Parlement européen. La même année, il devient présidence du Parti paysan polonais, mais en est exclu l’année suivante à cause de divergences politiques.
Le parti ultraconservateur Droit et justice (PiS) l’investit pour sa réélection en tant que député européen en 2009, puis en 2014. Il quitte son mandat d’eurodéputé en 2016 lorsqu’il est nommé membre de la Cour des comptes européenne.
En 2019, Janusz Wojciechowski devient commissaire européen à l’Agriculture, malgré une première audition compliquée devant les eurodéputés. Il convainc finalement les parlementaires d’approuver sa nomination lors d’une seconde session.
Ses missions
Chargé des dossiers agricoles, Janusz Wojciechowski surveille la mise en œuvre de la politique agricole commune (PAC) et les plans stratégiques des États membres en la matière.
Durant son mandat, le Polonais a également participé aux négociations pour réformer la PAC. Il a par ailleurs contribué à la définition de la stratégie alimentaire et agricole « De la ferme à la table », composante du Pacte vert européen.
Son portefeuille de compétences comporte aussi les indications géographiques européennes (AOP, IGP…) qui protègent les produits et le savoir-faire des agricultures européennes.

Elisa Ferreira
Commissaire à la Cohésion et aux Réformes
Portugal 🇵🇹
68 ans
Affiliation politique : Parti socialiste européen (PSE), groupe S&D au Parlement européen, sociaux-démocrates.
Commissaire européenne depuis 2019.
Son parcours
Née le 17 octobre 1955, Elisa Ferreira mène ses études en économie à l’Université de Porto, avant de rejoindre le Royaume-Uni. Elle obtient un master puis un doctorat en sciences économiques à l’Université de Reading.
Après différentes expériences dans les administrations de développement régional au Portugal, elle fait son entrée au gouvernement en 1995, en tant que ministre de l’Environnement. António Guterres est alors Premier ministre. En 1999, elle change de portefeuille pour devenir ministre de la Planification, fonction qu’elle occupe jusqu’en 2002.
Elue députée portugaise en 2002, Elisa Ferreira se tourne ensuite vers la politique européenne. En 2004, elle est élue députée européenne et réélue en 2009 et 2014. Elle siège à la commission des Affaires économiques et monétaires, où elle contribue aux débats sur la régulation financière, la supervision bancaire, les politiques fiscales et la gouvernance économique de l’UE. Elle est alors coordinatrice du groupe socialiste au Parlement européen sur les questions économiques.
En 2016, Elisa Ferreira est nommée vice-gouverneure de Banque centrale du Portugal, et quitte ainsi le Parlement européen. Désignée commissaire européenne en 2019 par le gouvernement portugais, elle hérite des portefeuilles de la Cohésion et des Réformes.
Ses missions
Elisa Ferreira est responsable de la politique de cohésion de l’Union européenne, un des principaux instruments européens pour réduire les disparités économiques et sociales entre les régions de l’UE.
Elle supervise la gestion des fonds structurels et d’investissement européens qui financent des projets partout en Europe. Dans ce cadre, elle suit par exemple la mise en place du nouveau Fonds pour une transition juste.
L’un des défis majeurs de son mandat est la mise en œuvre des programmes de relance économique dans le cadre du plan NextGenerationEU, lancé pendant la pandémie de Covid-19.
Elisa Ferreira travaille à rendre l’utilisation des fonds européens plus flexible afin de répondre à la fois aux conséquences de la pandémie et à celles de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.
Elle est par ailleurs chargée des travaux de la direction générale (DG) REFORM, qui offre un soutien technique et financier aux réformes économiques et budgétaires dans les États membres. Elle coordonne aussi l’assistance technique apportée aux États qui se préparent à rejoindre l’euro.

Adina Vălean
Commissaire aux Transports
Roumanie 🇷🇴
56 ans
Affiliation politique : Parti populaire européen (PPE), droite conservatrice.
Commissaire européenne entre 2019 et 2024.
Son parcours
Diplômée de l’Université de Bucarest, Adina-Ioana Vălean commence sa carrière comme professeure de mathématiques à Bucarest, la capitale roumaine. Elle rejoint ensuite le Parti national libéral (PNL, affilié au PPE), de sensibilité libérale-conservatrice.
En 2006, Adina Vălean occupe d’abord un poste d’observatrice au Parlement européen, puis y siège de pleins droits après l’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne, le 1er janvier 2007. Quelques mois plus tard, elle est élue lors des premières élections européennes dans son pays en 2007, et réélue en 2009, 2014 puis 2019.
Au fil de ses mandats, Adina Vălean se fait un nom au sein de l’hémicycle strasbourgeois. La Roumaine travaille sur des dossiers clés pour l’UE, tels que les transports ou les infrastructures énergétiques. Elle est élue vice-présidente du Parlement européen en 2014, avant de prendre la présidence de la commission de l’Environnement, de la Santé publique et de la Sécurité alimentaire de 2017 à 2019.
Elle est ensuite élue présidente de la commission de l’Industrie, de la Recherche et de l’Energie après les européennes de 2019. Quelques mois plus tard, elle abandonne ses fonctions au Parlement européen pour devenir commissaire européenne aux Transports.
Réélue députée européenne en juin 2024, elle démissionne de ses fonctions au sein de la Commission pour retrouver l’hémicycle strasbourgeois. Son portefeuille des Transports est récupéré par le commissaire néerlandais Wopke Hoekstra, qui assure l’intérim jusqu’à l’installation de la prochaine Commission.
Ses missions
Lors de son mandat, Adina Vălean est responsable de la politique de transport de l’Union européenne, avec pour objectif principal de moderniser et de verdir le réseau européen. Son portefeuille s’inscrit dans le Pacte vert, la feuille de route environnementale de la Commission européenne.
Elle participe à la révision des normes européennes en matière d’émissions pour les véhicules routiers, au développement des infrastructures pour les véhicules électriques, ou encore à l’extension du marché carbone au secteur maritime et à la réduction des quotas gratuits pour les compagnies aériennes.
Son mandat inclut également la sécurité sur les réseaux et le déploiement des nouvelles technologies dans ce secteur, à l’image des innovations en matière de transport autonome.

Janez Lenarčič
Commissaire à la Gestion des crises
Slovénie 🇸🇮
56 ans
Affiliation politique : indépendant.
Commissaire européen depuis 2019.
Son parcours
Diplomate de carrière, Janez Lenarčič est diplômé de droit international. Il débute sa carrière au ministère slovène des Affaires étrangères en 1993. Le Slovène exerce des fonctions dans de nombreuses institutions internationales tout au long de sa carrière.
Il travaille ainsi à l’ONU, de 1994 à 1999, en tant que secrétaire de la mission permanente de la Slovénie auprès des Nations unies. Puis, à partir de 2003, il représente son pays auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Il est ensuite nommé secrétaire d’État slovène aux Affaires européennes en 2006, avant de retourner à l’OSCE en 2008 pour y devenir directeur du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme.
De nouveau secrétaire d’État aux Affaires européennes et étrangères auprès du Premier ministre slovène Miro Cerar à partir de 2014, Janez Lenarčič est nommé ambassadeur de son pays auprès de l’UE en 2016. Il rejoint la Commission européenne en 2019, en tant que commissaire européen à la Gestion des crises.
Ses missions
Janez Lenarčič supervise et coordonne la réponse de l’Union européenne aux crises humanitaires et aux catastrophes naturelles.
Son portefeuille comprend le mécanisme de protection civile de l’UE, un instrument pour aider les États en cas de situations d’urgence. Son mandat est marqué par la pandémie de Covid-19 et les conséquences de l’invasion russe de l’Ukraine.

Ylva Johansson
Commissaire aux Affaires intérieures
Suède 🇸🇪
60 ans
Affiliation politique : Parti socialiste européen (PSE), groupe S&D au Parlement européen, sociaux-démocrates.
Commissaire européenne depuis 2019.
Son parcours
Ylva Johansson est diplômée de l’Université de Lund. Elle commence sa carrière comme professeure de mathématiques, de physique et de chimie.
Elle est élue au Riksdag, le parlement suédois, en 1988, sous la bannière du Parti de gauche communiste (VPK, gauche radicale, affilié à Maintenant le peuple), et siège jusqu’en 1991. Elle revient à l’enseignement de 1992 à 1994, période pendant laquelle elle quitte le VPK pour le Parti social-démocrate (gauche, affilié au PSE).
Entre 1994 et 1998, Ylva Johansson se voit confier le poste de ministre de l’Éducation. Après un passage dans le privé, elle revient au gouvernement comme ministre de la Santé et des Personnes âgées (2004-2006), puis ministre de l’Emploi et de l’Intégration de 2014 à 2019, où elle œuvre au renforcement de la loi encadrant l’immigration de travailleurs.
Elle devient commissaire européenne en 2019, en charge des Affaires intérieures.
Ses missions
En tant que commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson est responsable de la politique de migration, d’asile, de sécurité intérieure, et de gestion des frontières de l’Union européenne. Elle doit coordonner les efforts de l’UE et des États membres pour gérer les flux migratoires à destination de l’Europe.
Durant son mandat, Ylva Johansson joue un rôle clé dans l’élaboration du Pacte sur la migration et l’asile, qui vise à renforcer la lutte contre l’immigration illégale et à rendre les États membres plus solidaires entre eux. Ses missions comprennent aussi la lutte contre le trafic d’êtres humains et la coopération des services de police nationaux.



