Le Burkina Faso compte parmi les principaux producteurs de noix de cajou en Afrique de l’Ouest. À l’instar de plusieurs pays de la région, le segment de la transformation, encore peu développé, recèle toutefois de nombreuses opportunités d’investissement susceptibles de renforcer la création de valeur ajoutée dans la filière.
Au Burkina Faso, la filière anacarde augmentera sa capacité de transformation avec une nouvelle usine en 2025. En effet, le 22 mai dernier, le président Ibrahim Traoré a donné le coup d’envoi des travaux de construction d’une unité industrielle de transformation de pomme de cajou basée à Péni, dans la région des Hauts-Bassins.
D’un coût total de 6,65 milliards de francs CFA (11,5 millions $), ce projet, initié par le Conseil burkinabè des filières agropastorales et halieutiques (CBF), est prévu pour traiter 5 000 tonnes de pommes par an afin de produire divers dérivés, notamment du jus, du vin, du vinaigre et de l’alcool.
Selon les autorités, l’unité devrait être opérationnelle d’ici décembre 2025. Globalement, cette nouvelle capacité de transformation attendue dans le secteur devrait permettre de mieux valoriser la production de pommes de cajou et d’offrir un débouché supplémentaire susceptible d’augmenter les revenus des agriculteurs.
D’après les informations relayées par les médias locaux, l’unité va mobiliser annuellement plus de 500 millions de FCFA (867 000 $) pour l’achat de pommes auprès des producteurs. Il s’agit d’une aubaine pour ces derniers quand on sait que le Burkina Faso produit près de 400 000 tonnes de pommes de cajou par an, dont la quasi-totalité est souvent perdue ou sous-utilisée en raison du manque d’infrastructures de transformation, selon une étude d’évaluation du secteur publié en 2019 par le Centre d’étude, de formation et de conseil en développement (CEFCOD).
Plus largement, la diversification des produits issus de la pomme de cajou (jus, vin, alcool et vinaigre) traduit la volonté du gouvernement de maximiser la valeur ajoutée de cette matière première longtemps négligée, d’autant plus que la production d’amandes de cajou, principal produit transformé dans la filière anacarde, peine encore à se développer.
D’après le service indépendant de conseil commercial N’kalô, le Burkina Faso n’a transformé que 16 000 tonnes de noix de cajou en 2024, soit environ 10 % de sa récolte annuelle, alors même que la capacité installée de transformation dans le pays est évaluée à 30 000 tonnes depuis 2021, selon les données officielles.
« En développant des unités industrielles locales de transformation, le pays amorce une dynamique nouvelle vers l’industrialisation inclusive, la souveraineté alimentaire et la réduction de la dépendance aux importations. À travers cette initiative, le CBF réaffirme sa volonté de faire de la transformation locale un pilier du développement économique et un levier pour l’autosuffisance agro-industrielle du pays », peut-on lire dans un communiqué publié sur le site du CBF.
Il convient de noter que la coque de cajou est un autre sous-produit de la filière encore largement sous-exploité dans le segment de la transformation, tout comme la pomme. Pour rappel, la filière burkinabè a généré près de 111 millions $ de recettes d’exportation en 2024, d’après les données compilées sur la plateforme Trade Map, principalement grâce aux expéditions de noix sous forme brute.


