La RDC est actuellement le premier producteur mondial de cobalt, un métal notamment utilisé dans les batteries des véhicules électriques. Selon le Cobalt Institute, le pays a couvert 76 % de l’offre mondiale du minerai en 2024.
D’ici les années 2040, la République démocratique du Congo devrait perdre son statut de premier producteur mondial de cobalt au profit de l’Indonésie. C’est ce qu’a notamment révélé l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport « Global Critical Minerals Outlook 2025 », publié le mercredi 21 mai.
La RDC est de loin le principal pourvoyeur de cobalt au monde, assurant actuellement plus de deux tiers de la production mondiale. Selon l’AIE, sa production devrait toutefois entrer dans une phase de déclin à l’horizon 2030, « en raison de la baisse de la qualité du minerai » traité dans ses mines. L’institution anticipe en ce sens un recul significatif de 45 % des volumes de cobalt produits au cours des années 2030 dans le pays d’Afrique centrale.
Une tendance qui est totalement à l’opposé de celle prévue pour l’Indonésie, premier producteur mondial de nickel, métal dont le cobalt est un sous-produit. L’AIE s’attend à une croissance de près de 80 % de la production indonésienne jusqu’en 2040, laquelle devrait dépasser dans la foulée celle congolaise.
Il faut souligner que cette prévision de l’AIE va dans le même sens que celle faite par le Cobalt Institute dans son « Cobalt Market Report 2024 ». D’après ce document, la part de marché de la RDC dans l’offre mondiale de cobalt devrait passer de 76 % en 2024 à 65 % d’ici 2030. En parallèle, l’Indonésie devrait gagner du terrain en contrôlant environ 22 % du marché, contre 12 % l’année dernière.

Même si ce déclin de la production pourrait signer un recul de l’influence de Kinshasa sur la chaîne d’approvisionnement du cobalt, il est difficile d’en évaluer l’impact pour les recettes minières congolaises. En 2022, la Banque centrale congolaise estimait que le cobalt a représenté environ 21 % des exportations de la RDC. Cependant, entre la diversification de l’économie congolaise au cours de la prochaine décennie et le désintérêt annoncé pour ce métal, le cobalt pourrait devenir moins vital pour le pays avant la perte de leadership.
Le marché des véhicules électriques, principal moteur de la demande en cobalt, montre en effet des signes de ralentissement. De plus, les projets de stockage d’énergie privilégient de plus en plus les batteries au lithium-fer-phosphate (LFP), au détriment des batteries traditionnelles à base de cobalt ou de nickel.
« Nous avons assisté à une baisse véritablement monumentale de l’intensité de l’utilisation du nickel et du cobalt dans la demande de batteries », explique Martin Jackson, consultant en matières premières chez CRU, un cabinet londonien de conseil en produits de base.
Reste à voir comment Kinshasa s’adaptera à ces différents changements. Les efforts actuels du gouvernement pour renforcer la place de la RDC dans les étapes aval de la chaîne de valeur, comme le raffinage ou la production de matériaux pour batteries, apparaissent comme des alternatives pour amortir les différents chocs annoncés.







