Le fabricant local de boissons Kasapreko Company Limited a confirmé son intention de s’introduire en bourse, d’ici fin 2025. Une fois réalisée, cette opération contribuera à dynamiser la Bourse du Ghana qui n’a plus connu une véritable IPO depuis celle de MTN, il y a sept ans.
La Bourse du Ghana (GSE) s’apprête à enregistrer sa première introduction en bourse (Initial Public Offering – IPO) de type classique depuis sept ans. L’annonce a été faite par Kasapreko Company Limited, fabricant ghanéen de boissons, qui prévoit de céder jusqu’à 25% de son capital au public d’ici fin 2025.
Cette opération marquerait la première véritable IPO depuis celle de MTN Ghana en 2018, qui avait levé 238,5 millions $. Depuis cette date, plusieurs sociétés ont rejoint la Bourse du Ghana, mais par des mécanismes alternatifs comme l’inscription directe, contournant ainsi les procédures réglementaires standards prévues pour une introduction. L’opération projetée par Kasapreko s’inscrit donc dans le cadre légal établi, et pourrait ainsi raviver l’intérêt des investisseurs pour la place financière d’Accra.
Richard Adjei, directeur général de Kasapreko, a présenté le projet lors d’une session tenue à la GSE. Il a expliqué que cette décision répond à un besoin de diversification du financement de l’entreprise. « L’entreprise recherche une combinaison optimale de dette et de fonds propres pour soutenir son expansion tant au niveau national qu’en Afrique. Cela nous permettra d’approfondir l’engagement de nos parties prenantes et d’élargir notre accès aux capitaux à long terme », a-t-il déclaré.
La directrice générale de la GSE, Abena Amoah, a salué cette initiative en soulignant son potentiel de mobilisation du marché. Elle a également exprimé l’espoir que cette opération incite d’autres entreprises, y compris des entités publiques, à envisager des introductions en bourse dans un avenir proche.
Kasapreko a réalisé en 2024 une croissance de son chiffre d’affaires de 45%, atteignant 2,7 milliards de cedis (256 millions $), grâce à des ventes sur le marché local et à l’export. Son bénéfice net a progressé de 574% sur un an. Au premier trimestre 2025, cette dynamique s’est poursuivie avec une hausse de 52% du chiffre d’affaires et une progression de 184% du bénéfice après impôts. Ces résultats sont attribués à une gestion optimisée des coûts et à la solidité des ventes.

Fondée en 1989, l’entreprise détient environ 45% du marché ghanéen des boissons et est présente dans 14 pays africains. En intégrant progressivement l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur, elle a étendu ses activités aux services B2B, ce qui renforce sa position dans la région.
En février 2024, elle avait levé 600 millions de cedis par l’émission d’obligations non garanties sur le marché ghanéen des titres à revenu fixe (GFIM), pour soutenir ses fonds de roulement et refinancer des dépenses d’investissement.
Les analystes estiment que cette IPO pourrait dynamiser le marché financier ghanéen et ouvrir la voie à de nouvelles introductions. Elle représente également un levier potentiel pour les entreprises locales souhaitant mobiliser des capitaux publics.
Sur le plan institutionnel, cette initiative pourrait accroître la profondeur et la liquidité du marché. Elle contribuerait aussi à la mise en œuvre de meilleures pratiques de gouvernance d’entreprise par le biais d’exigences accrues en matière de transparence. Enfin, elle pourrait soutenir les efforts gouvernementaux pour renforcer la formalisation de l’économie et diversifier les sources de financement du secteur privé.







