L’économie circulaire s’impose progressivement en Afrique comme un levier de développement durable, générant de nouveaux métiers artisanaux. Cette dynamique offre des opportunités d’emploi tout en répondant aux défis environnementaux du continent.
Selon un rapport de l’OIT datant de 2023, sept à huit millions de nouveaux emplois pourraient être créés dans l’économie circulaire, où toutes les formes de déchets, tels que les vêtements, la ferraille et les appareils électroniques obsolètes, sont réutilisés, recyclés et remis à neuf. La création d’emplois implique aussi une adaptation des compétences. En Afrique, plusieurs initiatives ont été lancées ces dernières années pour répondre à cette problématique.
Des initiatives locales génératrices d’emplois
Au Ghana, le centre de formation de Dodowa, en partenariat avec Geolicrafts, prévoit de former environ 2000 personnes aux métiers artisanaux, notamment la fabrication de produits en bois et en paille. Selon les initiateurs, ce projet vise à créer 490 emplois directs dans les deux ans après la fin des travaux, avec une attention particulière portée à l’emploi des femmes et des jeunes issus des zones rurales.
Au Bénin, le gouvernement a lancé un plan d’action pour l’économie circulaire avec le soutien de la Banque africaine de développement. Ce plan vise à structurer les métiers artisanaux en formant 2676 artisans en 2024, contre 1720 l’année précédente. Les formations couvrent divers secteurs, dont la transformation agroalimentaire, la mécanique automobile et la plomberie, avec l’objectif d’améliorer les compétences de 1,8 million de Béninois actifs dans le secteur informel.
L’artisanat au service de l’environnement
L’économie circulaire favorise la réutilisation des matériaux, réduisant ainsi les déchets et l’empreinte écologique. À Dakar, l’atelier Soweto Village transforme des matériaux recyclés en œuvres d’art exportées à l’international en combinant savoir-faire local et design contemporain.
Au Burundi, l’entreprise sociale Hyacinth Art House, fondée par Kathia Gretta Iradukunda, valorise la jacinthe d’eau, une plante envahissante du lac Tanganyika, en objets artisanaux tels que des paniers et des lampes. Ce projet contribue à la préservation de l’écosystème tout en créant des opportunités économiques pour les femmes et les jeunes des communautés locales.
Structuration et professionnalisation des métiers
Malgré ces initiatives prometteuses, la structuration des nouveaux métiers artisanaux liés à l’économie circulaire reste un défi. La formation professionnelle est essentielle pour garantir la qualité des produits et la sécurité des artisans. Au Bénin, des centres de formation comme le Centre évangélique de formation professionnelle (CEFoP) à Parakou et le Centre de Formation des Filles à Nikki offrent des formations aux métiers artisanaux, contribuant à la professionnalisation du secteur.
Par ailleurs, des événements tels que le Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO) jouent un rôle crucial dans la promotion et la structuration de l’artisanat africain. Il offre une plateforme d’échange et de formation pour les artisans, facilitant leur accès aux marchés internationaux et encourageant l’innovation.

Vers une économie circulaire inclusive et durable
L’économie circulaire représente une opportunité majeure pour l’Afrique, avec un potentiel de création de 11 millions d’emplois sur le continent, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement. Pour concrétiser cette vision, il est impératif de renforcer les capacités des artisans, de structurer les filières et de promouvoir l’innovation. Les initiatives locales, soutenues par des politiques publiques et des partenariats internationaux, peuvent contribuer à une croissance inclusive et durable, tout en préservant l’environnement.







