Raymond Barre est né à Saint-Denis de la Réunion le 12 avril 1924.
Agrégé d’économie et diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris (IEP), il se lance en politique en 1950, parallèlement à sa carrière d’enseignant-chercheur en économie.
De 1959 à 1962, il est directeur de cabinet de Jean-Marcel Jeanneney, ministre de l’Industrie du gouvernement de Michel Debré. En 1966, il travaille au sein du Commissariat général au Plan.
En 1976, Raymond Barre est nommé ministre du Commerce extérieur du gouvernement de Jacques Chirac. A la suite de la démission de ce dernier en août 1976, il devient Premier ministre, en pleine crise économique et financière, cumulant ces fonctions avec celle de ministre de l’Economie et des Finances.
Maire de Lyon de 1995 à 2001, Raymond Barre développe l’idée d’un « grand Sud-Est européen » dans lequel la région Rhône-Alpes, et Lyon particulièrement, serait appelée à jouer un rôle de tout premier ordre.
Il décède le 25 août 2007.
Le « Plan Barre »
Sur la scène européenne, Raymond Barre s’est révélé un promoteur particulièrement dynamique de l’Union économique et monétaire (UEM).
Nommé vice-président de la Commission européenne en 1967 par le général de Gaulle, il reste à ce poste jusqu’en 1972. Au titre de Commissaire responsable des Affaires économiques et financières, il élabore, en 1969, un plan de stabilité monétaire en Europe visant à renforcer la coordination des politiques économiques et instituer un soutien monétaire mutuel à court terme.
La même année, lors du Sommet de La Haye, les six Etats de la Communauté économique européenne (CEE) se donnent pour objectif l’UEM : le « Plan Barre » sert alors de base de discussion.
En 1970, ce plan est adopté par le Conseil des Ministres, mais son application en altère profondément le contenu. Concrètement, il donne lieu la même année à l’élaboration par les banques centrales d’un mécanisme de soutien monétaire et au « Rapport Werner » , qui propose pour la première fois la création d’une organisation communautaire supranationale.
En 1971, un accord est envisagé, stipulant qu’à l’horizon 1980 devrait exister un « ensemble monétaire individualisé » . La crise des années 1970 empêche la mise en oeuvre de ce projet.
Les monnaies et les valeurs de l’Europe
A la même époque, Raymond Barre formule, au nom de la Commission, les principes essentiels et les grandes lignes d’une construction possible de l’UEM. La dimension communautaire de l’action entreprise est à son sens essentielle.
Il lui parait ainsi fondamental que l’intérêt commun dépasse et unifie les intérêts nationaux. Raymond Barre met l’accent sur le parallélisme entre le domaine économique et le domaine monétaire, ainsi que et sur la nécessité d’une action progressive. Paix, prospérité et démocratie constituent des facettes interdépendantes d’une même réalité qu’il s’agit de construire et de soutenir avec vigilance.
La question de la réforme institutionnelle des années 1990 rejoint ainsi les prémisses de l’UEM, comme en témoignent ces propos de 1997 :







