Inscrit dans les plans stratégiques de l’Union africaine, le corridor ferroviaire de Nacala est annoncé comme un outil logistique stratégique pour l’intégration régionale. Le tronçon clé Chipata-Serenje fait partie des priorités de la Zambie qui cherche ces dernières années à diversifier ses débouchés logistiques.
Le gouvernement zambien a annoncé être à la recherche de partenaires financiers pour lancer l’étude de faisabilité du projet ferroviaire Chipata – Serenje, un tronçon stratégique visant à connecter le réseau ferroviaire national au corridor logistique de Nacala, via le Malawi et le Mozambique. Selon Frank Tayali, le ministre des Transports et de la Logistique, des pourparlers sont en cours avec plusieurs entités, dont la Banque mondiale, pour soutenir cette phase.
Ledit tronçon s’inscrit dans une logique d’interconnexion continentale. Il reliera en effet Kapiri Mposhi, point stratégique du réseau Tazara (Tanzania – Zambia Railway), à la ville frontalière de Chipata, déjà reliée au Malawi par la ligne Chipata – Mchinji. L’extension permettra ainsi un accès direct à Nacala, l’un des ports en eau profonde les plus performants de la côte orientale de l’Afrique.
Cet itinéraire représente le trajet le plus court (1500 km) vers la mer pour les marchandises zambiennes, offrant une alternative aux corridors traditionnels vers Walvis Bay en Namibie, et Dar es Salaam en Tanzanie. Dans le cadre de cette vision logistique, le Mozambique a attribué un terrain à la Zambie pour la construction d’un port sec à Nacala, dont la gestion échoit à ZamCargo, entreprise publique zambienne déjà active en Tanzanie et en Namibie.
Cette infrastructure doit renforcer les capacités de stockage et de traitement des flux de marchandises en amont du port maritime. L’impact économique attendu est considérable. Le projet cible en particulier le transport en vrac pour les secteurs minier, agricole et énergétique, des piliers de l’économie zambienne, offrant une voie compétitive pour l’expédition en direction des marchés internationaux via le port de Nacala.
Ce dernier a été modernisé en 2023 pour porter sa capacité totale à plus de 10 millions de tonnes par an. L’intégration du port sec à cette chaîne logistique devrait quant à elle réduire les délais de transit, alléger les coûts du fret, et accroître la performance et la résilience commerciales de la Zambie en diversifiant ses corridors d’exportation.
Cela dit, le projet reste tributaire de la mobilisation des financements nécessaires à sa mise en œuvre, son coût global étant évalué à 2,3 milliards USD.







