La note moyenne des pays d’Afrique subsaharienne couverts par le rapport est restée similaire au niveau moyen de 3,1 enregistré en 2023. Globalement, les pays les mieux notés ont amélioré leurs performances, alors que les moins bien notés ont pour la plupart régressé.
Sur les 40 pays d’Afrique subsaharienne éligibles à l’aide de l’Association internationale de développement (IDA), le Rwanda est celui qui a affiché la meilleure qualité des politiques publiques et des institutions nationales en 2024, selon un rapport publié le jeudi 10 juillet 2025 par la Banque mondiale (BM).

Intitulé « Evaluation des politiques et des institutions (Country Policy and Institutional Assessment /CPIA) en Afrique », ce rapport évalue la qualité des réformes politiques et institutionnelles dans les pays d’Afrique subsaharienne bénéficiaires de l’aide de l’IDA, le guichet de la Banque mondiale dédié aux pays les plus pauvres, durant l’année 2024. Il se base sur 16 indicateurs regroupés en quatre catégories : « gestion économique » ; « politiques structurelles » ; « politiques en faveur de l’inclusion sociale et de l’équité » ; et « gestion et institutions du secteur public ».
Les pays couverts sont notés sur une échelle allant de 1 point (qualité médiocre des politiques et des institutions nationales) à 6 points (qualité optimale des politiques et des institutions) pour chaque indicateur. La note globale de chaque pays correspond à la moyenne des notes des quatre domaines évalués.
Le Rwanda obtient une note globale de 4,2 points, grâce notamment à ses bonnes performances dans la catégorie « politiques en faveur de l’inclusion sociale et de l’équité » (4,4 points) et « politiques structurelles » (4,3 points). Le pays des mille collines affiche ainsi une note largement supérieure à la moyenne des pays éligibles aux financements de l’IDA en Afrique subsaharienne et de l’ensemble des emprunteurs de l’IDA dans toutes les régions du monde (3,1 points).
Avec une note de 3,9 points, le Bénin occupe le deuxième rang, ex aequo avec la Côte d’Ivoire, le Cap-Vert et le Kenya. Viennent ensuite le Togo (3,8 points), le Sénégal, la Mauritanie et la Tanzanie (3,6 points pour chaque pays), tandis que l’Ouganda ferme le Top 10 avec une note de 3,5 points.
(Voir le classement des 40 pays d’Afrique subsaharienne couverts par le rapport ci-dessous).
Le rapport montre par ailleurs que la note CPIA moyenne des pays subsahariens éligibles aux financements de l’IDA est restée globalement similaire au niveau moyen de 3,1 enregistré en 2023. Les notes de neuf pays ont diminué, tandis que les notes de dix pays ont augmenté. Les pays de la région ont connu des évolutions divergentes. Contrairement à l’année précédente, en 2024, on observe plus d’augmentations parmi les pays les mieux notés et plus de détériorations parmi ceux les moins bien notés.

Des lacunes persistantes restent à combler pour promouvoir la croissance
Après quatre années de performances relativement bonnes, la moyenne de la région a rattrapé la moyenne de l’ensemble des emprunteurs auprès de l’IDA dans toutes les régions du monde.
L’Afrique subsaharienne a globalement dépassé la moyenne de l’ensemble des emprunteurs auprès de l’IDA dans les critères de la politique monétaire et de change, la politique budgétaire, l’environnement réglementaire des entreprises, la protection sociale et de l’emploi, les politiques et institutions pour la durabilité environnementale et la qualité de l’administration publique. En revanche, la région a pris du retard en matière de droits de propriété et de gouvernance fondée sur des règles et de la transparence, redevabilité et corruption dans le secteur public.
Les pays d’Afrique subsaharienne étudiés ont pour la plupart amélioré leurs résultats en matière de discipline budgétaire. Ils ont notamment poursuivi leurs efforts pour s’attaquer aux masses salariales élevées, aux dépenses fiscales et aux subventions aux carburants. Certains pays de la région ont également réalisé des progrès en matière de consolidation de la dette et de gestion des paiements d’échéances importantes. Sur les 40 pays, 26 ont connu une diminution de leur ratio d’endettement par rapport au PIB comparativement à 2022. Dans toute la région, les stratégies d’endettement ont donné la priorité aux prêts concessionnels pour réduire les coûts du service de la dette.
Le rapport fait toutefois état de lacunes persistantes dans de nombreux secteurs des services publics. Les services liés aux infrastructures, notamment les transports, restent sous-développés, ce qui nuit à l’activité économique et à la qualité de vie. Les niveaux élevés de pauvreté sont exacerbés par le manque d’accès aux infrastructures publiques, en particulier pour ce qui est des systèmes d’assainissement. Le développement du capital humain demeure entravé par la mauvaise qualité de l’éducation et les carences des services de santé, au détriment du bien-être des citoyens et de leurs perspectives de revenus une fois sur le marché du travail.

En outre, la capacité des gouvernements à assurer un niveau de sécurité de base est compromise, le nombre de victimes des conflits ayant presque triplé entre 2014 et 2024. Les services administratifs, essentiels pour un environnement des affaires florissant, restent aussi à la traîne en Afrique subsaharienne, avec des résultats particulièrement médiocres dans des domaines tels que l’implantation des entreprises et les services financiers.
Walid Kéfi
Edité par M.F. Vahid Codjia
Classement des pays d’Afrique subsaharienne affichant la meilleure qualité des institutions et des politiques en 2024 :
1-Rwanda (4,2 points)
– Bénin (3,9)
– Côte d’Ivoire (3,9)
– Cap-Vert (3,9)
– Kenya (3,9)
6- Togo (3,8)
7- Sénégal (3,6)
– Mauritanie (3,6)
– Tanzanie (3,6)
10- Ouganda (3,5)
11- Ghana (3,4)
– Burkina Faso (3,4)
– Cameroun (3,4)
14-Guinée (3,3)
-Zambie (3,3)
-Madagascar (3,3)
-Lesotho (3,3)
18-Gambie (3,2)
-Nigeria (3,2)
-Ethiopie (3,2)
-Niger (3,2)
22- RDC (3,1)
-Eswatini (3,1)
-Mali (3,1)
-Burundi (3,1)
-Sierra Leone (3,1)
-Liberia (3,1)
-Mozambique (3,1)
29-Zimbabwe (3)
-Malawi (3)
-Sao Tomé-et-Principe (3)
32-République du Congo (2,9)
33-Tchad (2,8)
34-Comores (2,7)
35-Guinée-Bissau (2,6)
-Centrafrique (2,6)
37-Somalie (2,2)
38-Soudan (1,8)
39-Erythrée (1,7)
40-Soudan du Sud (1,6)







