Au sein de l’Union européenne, les approches des États membres concernant la Palestine, pays observateur à l’ONU depuis 2012, diffèrent sensiblement. Notamment du point de vue de la reconnaissance diplomatique de l’État. À ce jour, 12 des 27 pays de l’UE reconnaissent la Palestine comme un État souverain.
Une vague de reconnaissances en 1988
Pour certains États d’Europe centrale et orientale, la reconnaissance de la Palestine relève en partie d’un héritage de leur passé communiste, l’URSS et ses États satellites s’étant alors positionnés en faveur du camp palestinien.
Dans la foulée de la déclaration d’indépendance de la Palestine, proclamée par Yasser Arafat à Alger le 15 novembre 1988, la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie et la Tchécoslovaquie (qui se transformera en 1993 en deux États distincts, la République tchèque et la Slovaquie) ont reconnu cet État. Chypre et Malte l’ont également fait au même moment, tous avant leur adhésion à l’UE.
En 2014, la Suède a officiellement reconnu l’État palestinien à son tour. Dix ans plus tard, le 28 mai 2024, l’Espagne, l’Irlande et la Norvège (qui n’appartient pas à l’UE) ont aussi reconnu l’État de Palestine, dans le contexte de la guerre sanglante opposant Israël et le Hamas depuis les attentats du 7 octobre 2023. Ces pays ont enfin été suivis par la Slovénie, dont le Parlement a voté un décret de reconnaissance de la Palestine le 4 juin 2024.
148 pays sur 193 reconnaissent aujourd’hui la Palestine
À ce jour, 15 États membres de l’UE ne reconnaissent pas la Palestine en tant qu’État indépendant. Aux côtés de l’Allemagne, de l’Italie ou de l’Autriche, la France en faisait jusque-là partie. Mais sa position vient de changer : le 24 juillet 2025, Emmanuel Macron a annoncé que la France reconnaîtra l’État palestinien en septembre, lors d’une réunion de l’Assemblée générale de l’ONU à New-York. Un geste qui vise à relancer la solution « à deux États » dans un contexte de guerre à Gaza et de blocage du processus de paix.
Aujourd’hui, 148 des 193 pays membres de l’ONU reconnaissent officiellement l’État de Palestine, dont quasiment tous les pays africains, sud-américains et asiatiques. A contrario, les États-Unis, le Canada, le Japon, l’Australie ou encore le Royaume-Uni, qui a quitté l’Union européenne en2020, n’ont pas franchi le pas. Ce dernier pourrait toutefois le reconnaître à son tour. À l’issue d’une réunion d’urgence du gouvernement britannique mardi 29 juillet, le Premier ministre Keir Starmer a annoncé son intention de reconnaître l’État de Palestine en septembre, sauf si Israël respecte certains engagements. Le dirigeant britannique a ainsi posé ses conditions à l’État hébreu, lui demandant d’accepter un cessez-le-feu ; de s’engager en faveur d’un processus de paix à long terme visant à une solution à deux États ; de s’engager à ne pas annexer la Cisjordanie ; de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza ; sans quoi le Royaume-Uni reconnaîtra l’État de Palestine lors de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre. Le Royaume-Uni deviendrait ainsi le second pays du G7, après la France, à reconnaître un État palestinien.
Le gouvernement britannique a également réaffirmé ses exigences à l’égard du Hamas, lui demandant de « libérer immédiatement tous les otages, de se désarmer, de signer un cessez-le-feu et de ne jouer aucun rôle dans le gouvernement de Gaza. »
La reconnaissance de l’État de Palestine parmi les États membres de l’Union européenne
| État membre de l’UE | Date de la reconnaissance |
|---|---|
| Malte | 16 novembre 1988 |
| Chypre | 18 novembre 1988 |
| République tchèque (Tchécoslovaquie) | 18 novembre 1988 |
| Slovaquie (Tchécoslovaquie) | 18 novembre 1988 |
| Hongrie | 23 novembre 1988 |
| Roumanie | 24 novembre 1988 |
| Bulgarie | 25 novembre 1988 |
| Pologne | 14 décembre 1988 |
| Suède | 30 octobre 2014 |
| Espagne | 28 mai 2024 |
| Irlande | 28 mai 2024 |
| Slovénie | 4 juin 2024 |








