Face à la croissance rapide des effectifs étudiants en Afrique de l’Ouest, les États investissent pour moderniser l’enseignement supérieur, renforcer les infrastructures, améliorer les conditions d’apprentissage et préparer les jeunes aux défis économiques à venir.
Lors du Conseil des ministres du mercredi 24 septembre, le gouvernement béninois a validé la contractualisation relative à la réhabilitation des infrastructures de plusieurs universités publiques. Parmi les établissements concernés figurent l’Université d’Abomey-Calavi, les Écoles normales supérieures de Porto-Novo et de Natitingou, la Faculté des sciences de la santé, l’Université nationale d’agriculture, l’Université de Parakou, l’Université nationale des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (campus de Lokossa). Des bâtiments pédagogiques, administratifs et connexes, affectés par des dégradations, seront remis aux normes.

Invité de l’émission Version originale sur TVC Bénin, dimanche 28 septembre, le porte-parole du gouvernement Wilfried Léandre Houngbédji a révélé que le projet mobilisera 7 milliards FCFA (près de 12,5 millions de dollars). Selon lui, des rénovations majeures concerneront les amphithéâtres, laboratoires, bibliothèques et locaux administratifs.
Le gouvernement entend offrir aux étudiants un cadre d’études adapté à leurs besoins, dans un contexte où l’augmentation des effectifs met à rude épreuve les infrastructures existantes. Ces travaux visent non seulement à améliorer le confort et la capacité d’accueil des campus, mais aussi à garantir un meilleur cadre pédagogique. Les entreprises retenues seront suivies par les ministres concernés pour assurer le respect des cahiers des charges, selon le compte rendu officiel.
Ce plan ne règle pas totalement la surcharge des amphithéâtres, où des milliers d’étudiants partagent des espaces conçus pour deux fois moins d’étudiants. Pour y remédier, un comité travaille à la mise en œuvre du télé-enseignement, afin de permettre aux bacheliers de suivre leurs cours à distance, depuis leur domicile ou dans des centres régionaux équipés d’une connexion Internet fiable.
Cette orientation rejoint les recommandations de la Banque mondiale, qui prévoit que la population des jeunes en Afrique pourrait atteindre 850 millions d’ici à 2050, et que d’ici à 2063, ils représenteront la moitié de la population en âge de travailler. Ces projections accentuent la pression sur l’enseignement supérieur, avec une augmentation du nombre de bacheliers, la saturation des infrastructures pédagogiques, notamment des amphithéâtres, et la nécessité de solutions innovantes.
La stratégie béninoise s’inscrit dans une dynamique régionale. Depuis 2023, le Sénégal déploie un plan ambitieux pour moderniser l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, incluant la construction de nouveaux pavillons et la digitalisation progressive des cours pour limiter la surpopulation.
De son côté, la Côte d’Ivoire a investi 190 milliards de FCFA pour renforcer les infrastructures universitaires à Yamoussoukro et Abidjan, avec la construction de résidences universitaires totalisant 4500 lits. Parallèlement, l’Université virtuelle de Côte d’Ivoire (UVCI), créée en 2015, propose plusieurs filières en ligne, offrant ainsi une alternative flexible aux étudiants et contribuant à désengorger les amphithéâtres.
Ces initiatives traduisent une volonté commune de concilier réhabilitation des infrastructures physiques et recours au numérique pour répondre aux défis démographiques et pédagogiques de l’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest.


