A Abidjan, Sidi Ould Tah et Serge Ekué affichent leur volonté de renforcer la coopération entre la BAD et la BOAD, une alliance stratégique pour mobiliser des financements et accélérer la transformation économique de l’Afrique de l’Ouest.
Le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, a reçu mardi 30 septembre 2025, à Abidjan son homologue de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Serge Ekué, pour discuter du renforcement de la coopération entre les deux institutions.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du programme « Quatre points cardinaux » lancé par Sidi Ould Tah, qui entend développer des partenariats plus étroits avec les banques régionales de développement afin de mobiliser davantage de financements pour des projets structurants en Afrique. L’objectif est de favoriser les investissements privés, considérés comme le principal moteur de création d’emplois sur le continent, en particulier pour les jeunes et les femmes.
Des précédents déjà posés à la BADEA
À la tête de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) de 2015 à 2025, Sidi Ould Tah a marqué son passage par une volonté de rapprocher les institutions régionales. Sous son mandat, la BADEA a pris, fin 2023, une participation au capital de la BOAD à hauteur de 30 millions de dollars, devenant ainsi actionnaire de la banque ouest-africaine.
Par la même occasion, elle a contribué à la première opération de capital hybride de l’institution de Lomé et accordé un prêt de 500 millions de dollars aux États membres de l’UEMOA, leur permettant de participer à l’augmentation de capital de 1,5 milliard de dollars engagée par la BOAD. Dans cette dynamique, la BAD s’est elle aussi renforcée au capital de la BOAD, en injectant 24 millions de dollars en 2024.
Présente depuis 1988 au tour de table de la banque régionale, la BAD avait déjà consenti, en 2021, une ligne de crédit de 70 millions d’euros destinée à financer des projets dans l’énergie, l’agriculture ou les infrastructures. Avec sa signature triple A, unique sur le continent, la BAD apparaît aujourd’hui comme un allié stratégique pour la BOAD, elle-même notée « investment grade », afin de structurer des financements innovants et de déployer des mécanismes de rehaussement de crédit.
Les liens entre les deux institutions sont aussi le reflet d’une relation personnelle forte entre leurs dirigeants. Serge Ekué, président de la BOAD, fut l’un des premiers soutiens de Sidi Ould Tah lors de sa candidature à la présidence de la BAD. Selon des sources, il a joué un rôle déterminant dans le ralliement des pays de l’UEMOA. Les deux hommes se connaissent bien : lorsque la guerre a embrasé Khartoum, siège de la BADEA, c’est à Lomé, au siège de la BOAD, qu’une partie des équipes de la banque arabe a trouvé refuge.
Selon nos informations, la coopération entre Abidjan et Lomé devrait désormais franchir un nouveau cap. Des cofinancements conjoints sont envisagés dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et du numérique, tandis que des mécanismes de garantie pourraient être mis en place pour attirer les investisseurs privés. Autant de pistes qui traduisent la volonté commune de la BAD et de la BOAD d’élargir leurs champs d’action et de jouer un rôle décisif dans la transformation économique de l’Afrique de l’Ouest.







