Avec l’usine d’Olkaria, le Kenya confirme vouloir mettre ses atouts énergétiques au service de l’industrialisation et de la transition verte. Le pays se pose en futur modèle de la mobilité électrique et de l’industrialisation durable dans la région est-africaine.
La Kenya Electricity Generating Company (KenGen) a inauguré dans le comté de Nakuru une usine d’assemblage de véhicules électriques (VE) d’une capacité de 50 000 unités par an. Installée au sein du parc d’énergie verte d’Olkaria, cette infrastructure ne se limite pas à un projet industriel : elle s’inscrit dans la stratégie nationale de transition énergétique et de mobilité durable que le pays peaufine depuis plusieurs années.
L’État kényan a en effet fixé des objectifs ambitieux à travers plusieurs documents de référence : le Draft National E-Mobility Policy lancé en mars 2024, la Kenya National Automotive Policy mise à jour en 2025, ainsi que les perspectives de la Vision 2030. Ces orientations prévoient notamment une réduction de 32% des émissions d’ici 2030, l’atteinte de la neutralité carbone à l’horizon 2050, la création d’emplois qualifiés et la réduction de la dépendance aux importations de carburants. L’État entend également porter la part des véhicules électriques à 5% des immatriculations annuelles d’ici fin 2025.
Dans ce contexte, l’usine d’Olkaria apparaît comme un levier important qui vient renforcer un écosystème porté par la fabrication locale de bus pour transport en commun et la production de motos électriques. Soutenue par Aquilastor Corporate Investment Company, une société d’investissement basée à Dubaï, elle devrait générer plus de 13 000 emplois directs et indirects, et bénéficier d’un accès privilégié à l’énergie géothermique produite par la KenGen.

Pour les autorités locales, l’attractivité d’Olkaria repose aussi sur son statut de zone économique spéciale (ZES) qui offre un environnement fiscal compétitif et des infrastructures fiables. « La ZES d’Olkaria combine énergie compétitive, sécurité d’approvisionnement et incitations adaptées » a rappelé l’honorable Kihagi, représentant du comté de Nakuru.
Au-delà de ses retombées économiques, le projet illustre la volonté du Kenya de se positionner en précurseur régional. Alors que l’Afrique du Sud et le Maroc avancent déjà dans le développement de chaînes industrielles automobiles vertes dans les régions australe et nordique du continent, Nairobi mise sur son avance géothermique pour s’affirmer comme hub de la mobilité électrique en Afrique de l’Est.
Toutefois, des défis restent à relever tels que celui du marché local encore limité par un faible pouvoir d’achat, des infrastructures de recharge encore insuffisantes et la nécessité d’incitations fiscales pour stimuler la demande. La question de l’absorption des 50 000 véhicules par an au niveau régional reste cruciale







