Des portraits anonymes qui relient les imaginaires africains des années de décolonisation aux mouvements transatlantiques pour les droits civiques. C’est la quintessence de l’exposition « Ideas of Africa : Portraiture and Political Imagination » qui présente les œuvres d’éminents photographes africains de décembre 2025 à juillet 2026.
L’exposition « Ideas of Africa : Portraiture and Political Imagination » sera dévoilée au Museum of Modern Art (MoMA) de New York à partir du dimanche 14 décembre et se prolongera jusqu’au 25 juillet 2026. Sept mois durant, elle révélera le rôle clé de la photographie portraitiste dans l’émergence d’une conscience panafricaine et la formation des visions politiques du continent.
Cette exposition photographique se tiendra sous la houlette de la curatrice Oluremi C. Onabanjo (photo), assistée de Chiara M. Mannarino.
« Je suis profondément attachée à comprendre comment des rencontres spécifiques peuvent façonner des perceptions qui résonnent à l’échelle internationale », affirme Oluremi C. Onabanjo, lauréate du prix Vilcek 2025 pour son travail de commissaire d’exposition.
Le thème central de cette manifestation artistique semble traduire cette aspiration d’Onabanjo : « Les photographes et leurs modèles, comment ont-ils contribué à la prolifération de la solidarité panafricaine au milieu du XXe siècle ? ».
Au MoMA, les visiteurs pourront contempler des images prises par des photographes d’Afrique centrale et occidentale : Jean Depara (RDC), Seydou Keïta (Mali), Malick Sidibé (Mali) et Sanlé Sory (Burkina Faso).
À travers des portraits de la vie quotidienne, des moments musicaux et la jeunesse urbaine en Afrique dans les années 1950-1970, ces créations révèlent les bouleversements politiques d’alors. Elles rappellent une période charnière où l’Afrique était portée par le vent de la décolonisation, tandis qu’outre-Atlantique s’affirmait le mouvement des droits civiques.
James Barnor et Kwame Brathwaite, pionniers d’une Afrique conçue comme projet politique, occupent une place de choix dans l’exposition. Aux côtés de celles de Samuel Fosso, Silvia Rosi et Njideka Akunyili Crosby, leurs œuvres dialoguent et révèlent la force toujours actuelle de ces thèmes. L’exposition interroge le portrait photographique dans sa capacité à conjuguer art et engagement politique à travers le monde.
Portée par le Fonds de dotation Jon Stryker, l’exposition s’appuie sur un financement majeur du Conseil international du MoMA, de mécènes tels que Denise Littlefield Sobel, Jerry Speyer et Katherine Farley, ainsi que du Conseil des arts noirs. La Fondation Anne Levy vient renforcer ce dispositif par un soutien supplémentaire.







