Après plus d’un quart de siècle de négociations, la Commission européenne a officiellement signé l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur le 17 janvier, et ce malgré la réticence de la France et d’autres pays membres. Avant d’entrer en vigueur, une partie de ce traité décrié par beaucoup d’agriculteurs doit être ratifiée par le Parlement européen. Voici 10 chiffres pour mieux comprendre l’accord et ce que certains lui reprochent.
700 millions de consommateurs
Cet accord crée « l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde« , selon la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Le traité rassemble les consommateurs des 27 pays de l’Union européenne et ceux du Brésil, de l’Argentine, du Paraguay et de l’Uruguay (membre du Mercosur depuis 2023, la Bolivie n’est pas partie au traité). Au total, les pays représentent 30 % du PIB mondial et comptent plus de 700 millions de consommateurs.
111 milliards d’euros
En 2024, les échanges commerciaux entre les pays du Mercosur et l’Union européenne représentaient 111 milliards d’euros. Soit 55,2 milliards d’euros d’exportations et 56 milliards d’euros d’importations.
Ces dernières années, les relations commerciales entre les deux partenaires se sont renforcées. « Entre 2014 et 2024, les échanges de marchandises entre l’Union européenne et le Mercosur ont augmenté de plus de 36 %« , précise le Conseil de l’UE sur son site.
L’UE est aujourd’hui le deuxième partenaire commercial de la zone sud-américaine, représentant près de 17 % de ses échanges. À l’inverse, le Mercosur est le dixième partenaire de l’UE pour les marchandises.

35 %, 20 %, 14 % de droits de douane
Le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay appliquent des droits de douane sur les produits importés de l’Union européenne. Sur les voitures, les vêtements/textiles et les chaussures en cuir, ils atteignent 35 %.
Les spiritueux sont quant à eux taxés à hauteur de 20 à 35 %, le vin de 27 %, les machines de 14 à 20 %, les pièces automobiles de 14 à 20%, les produits chimiques jusqu’à 18 % et les produits pharmaceutiques de 14 %.
Tous ces droits de douane seraient réduits avec l’application de l’accord.
91 % des marchandises exemptées
Si l’accord entre en vigueur, il supprimera les droits d’importation sur plus de 91 % des marchandises de l’UE exportées vers le Mercosur.
Pour certains produits, « la libéralisation des droits […]se fera progressivement, sur une période plus longue« , prévient la Commission européenne sur sa page dédiée. Les entreprises du Mercosur auront ainsi « le temps nécessaire pour s’adapter« .
99 000 tonnes de bœuf à des conditions avantageuses
Certains produits alimentaires du Mercosur bénéficieront d’allègements ou d’exonération des droits de douane, mais en quantité limitée. C’est notamment le cas pour le bœuf, le porc et la volaille, pour qui des quotas sont mis en place afin d’éviter de pénaliser trop fortement les éleveurs européens inquiets.
Concrètement, seuls les volumes importés dans la limite de ces quotas profiteront de conditions tarifaires avantageuses, tandis que les quantités dépassant ces seuils resteront soumises aux droits de douane habituels.
Dans ce cadre, l’Union européenne autorisera l’importation de 99 000 tonnes de viande bovine (1,6 % de la production totale européenne) avec un droit de douane de 7,5 %, alors que les exportations actuelles du Mercosur vers l’UE atteignent environ 200 000 tonnes.
Elle acceptera également 180 000 tonnes de volaille (1,4 % de la production européenne) et 180 000 tonnes de sucre (1,1 % de la production dans l’Union) « en franchise de droits ». À cela s’ajoutent un quota de 450 000 tonnes d’éthanol destiné à l’industrie chimique et 60 000 tonnes de riz exemptées de droits de douane, soit environ 2 % de la consommation européenne.








