Aliko Dangote, l’homme qui a vaincu le « cartel pétrolier » nigérian et redéfini l’Afrique industrielle
Aliko Dangote mérite son titre de « Personnalité de l’année 2025 ». Le magnat nigérian ne s’est pas contenté de construire une raffinerie ; il a osé affronter un système entier organisé autour de l’importation de carburant et de la dépendance énergétique. Sa raffinerie Dangote, avec une capacité de 650 000 barils par jour, dépasse désormais le benchmark de Saudi Aramco de 250 000 barils supplémentaires, une prouesse industrielle sans précédent en Afrique.
Mais le véritable combat de Dangote n’a jamais été technique. C’est un combat politique et économique contre ce qu’il appelle ouvertement « le cartel pétrolier ». Pendant des décennies, des forces bien établies ont maintenu le Nigeria dans une dépendance chronique aux importations, alimentant la corruption, les files d’attente de carburant et l’instabilité macroéconomique. Dangote a refusé de plier. Malgré les tentatives de sabotage — réduction des livraisons de pétrole brut, inondation du marché par des importations subventionnées, sous-cotation des prix — sa raffinerie a tenu bon et a commencé à transformer le marché nigérian.
Les résultats parlent d’eux-mêmes : les files d’attente de carburant, un fléau depuis 1975, ont pratiquement disparu. Le prix du carburant, qui avait atteint 1 100 nairas le litre, a chuté à environ 885 nairas. Le Nigeria, qui importait massivement de l’essence, voit désormais ses besoins énergétiques satisfaits localement. Mais Dangote ne s’arrête pas là. Son empire s’étend au ciment (deuxième producteur mondial), aux engrais, et bientôt aux produits pharmaceutiques. La question qui se pose : dans un contexte où les régulateurs nigérians semblent encore résister à cette transformation, Dangote pourra-t-il consolider ses gains ou sera-t-il à nouveau confronté à des obstacles institutionnels ?







