Dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 mars 2025, nous avancerons nos montres d’une heure, après les avoir reculées au mois d’octobre dernier : dimanche matin à 2 heures… il sera donc finalement 3 heures.
Inspiré d’une réflexion formulée en 1784 par Benjamin Franklin pour économiser les bougies et chandelles, le changement d’heure a été instauré en France à plusieurs reprises au cours de l’histoire récente. L’objectif, à chaque reprise de la mesure : réduire l’éclairage et donc la consommation d’énergie en profitant des heures d’ensoleillement. Un argument de moins en moins pertinent, selon les opposants au changement d’heure, qui estiment cette économie marginale.
Une étude conduite par le Service de recherche du Parlement européen (EPRS) nuance cependant cette affirmation. Selon les travaux menés par deux chercheurs tchèques et repris par le Parlement européen, le “changement d’heure a très clairement un effet sur la consommation d’énergie”. L’économie réalisée varie toutefois d’un pays à l’autre : entre 0,5 % et 2,5 % de la consommation totale. Selon les auteurs, la latitude expliquerait en grande partie ces différences. Les pays les plus au sud du continent bénéficieraient davantage de ces mesures.
Les autres pays européens changent-ils d’heure eux aussi ?
Si la pratique s’est définitivement mise en place en France en 1976, elle s’est progressivement installée dans le reste de l’Union européenne. Et aujourd’hui, tous les Etats membres de l’Union européenne, ainsi que d’autres pays du continent européen, opèrent deux changements d’heure par an, en mars (heure d’été) et en octobre (heure d’hiver), au même moment.
Les règles nationales existantes impliquent aujourd’hui un changement d’heure tous les six mois. Actuellement, ces derniers se trouvent répartis sur trois fuseaux horaires différents (UTC, UTC+1 et UTC+2).
Où en est le débat européen sur la fin du changement d’heure ?
En 2018, l’idée de mettre fin au changement d’heure en Europe suscite un vif intérêt. Une consultation publique menée par la Commission reçoit une participation record de 6 millions de citoyens, principalement allemands. Elle débouche sur une proposition de directive, qui laisserait aux Etats membres le choix entre heure d’été et heure d’hiver de façon permanente.
Le Parlement européen vote en faveur de cette mesure en 2019, mais repousse son application à 2021. Le texte appelle notamment à la mise en place d’un mécanisme de coordination qui ne porte pas « atteinte au droit de chaque Etat membre de décider de l’heure légale ».
La réforme est toutefois bloquée au Conseil de l’Union européenne. Les Etats membres souhaitent une étude d’impact plus approfondie et veulent éviter les perturbations qui pourraient en résulter. Un décalage entre pays auparavant alignés sur le même fuseau horaire pourrait notamment déstabiliser les transports ou encore les systèmes d’information. Le cas particulier de l’Irlande ajoute une complexité supplémentaire, avec le potentiel décalage horaire entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord.
Les événements survenus en 2020, notamment la pandémie de Covid-19 et le Brexit, ont détourné l’attention des décideurs politiques. En outre, l’opinion publique reste divisée sur le choix de l’heure à adopter de façon permanente, avec des préférences variables selon les pays : certains favorisent l’heure d’été, d’autres l’heure d’hiver. En l’absence de compromis à Vingt-sept et face aux autres priorités européennes, le débat sur la fin du changement d’heure en Europe semble aujourd’hui au point mort.







