- 7 September 2026
- Updated 13h42
Présidentielle 2027 : qui sont les candidats déjà déclarés ?
- 57 Views
- Max LIPORT
- 28 août 2026
- À la une
À moins de huit mois de l’élection présidentielle de 2027, plusieurs candidatures sont déjà annoncées. Mais la liste officielle ne sera connue qu’après la validation des 500 parrainages par le Conseil constitutionnel.
À moins de huit mois du premier tour, la course à l’Élysée prend forme. L’élection présidentielle française aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027. Plusieurs responsables politiques ont déjà annoncé leur candidature ou ont été désignés par leur parti. Mais la liste reste encore provisoire : aucun nom ne sera officiellement retenu avant la validation des parrainages par le Conseil constitutionnel.
Pour être candidat à l’élection présidentielle, il faut obtenir au moins 500 présentations d’élus. Ces parrainages doivent venir d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer différents, sans que plus d’un dixième d’entre eux puisse provenir d’un même territoire. Ils devront être transmis au Conseil constitutionnel au plus tard le sixième vendredi précédant le premier tour, soit le 12 mars 2027 à 18 heures.
Qui est déjà candidat au centre ?
Deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron sont déjà engagés dans la course.
Édouard Philippe, maire du Havre et président d’Horizons, a annoncé dès septembre 2024 qu’il serait candidat à la prochaine élection présidentielle. Il cherche notamment à rassembler une partie du centre et de la droite, tout en marquant sa distance avec le second quinquennat d’Emmanuel Macron.
Gabriel Attal, ancien Premier ministre et secrétaire général de Renaissance, a officialisé sa candidature le 22 mai 2026. Cette double candidature ouvre une question majeure pour le camp central : ira-t-il divisé au premier tour, ou cherchera-t-il à se ranger derrière un seul prétendant avant le scrutin ?
Qui représentera le Rassemblement national ?
Marine Le Pen a annoncé, le 7 juillet 2026, qu’elle serait candidate à l’élection présidentielle de 2027, quelques heures après sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. Elle s’est depuis pourvue en cassation.
Sa situation judiciaire a longtemps nourri l’hypothèse d’une candidature de Jordan Bardella. Mais la décision rendue en appel lui permet, à ce stade, de se présenter en 2027. La question reste toutefois politiquement sensible, car la procédure judiciaire n’est pas entièrement close.
Quels candidats à gauche ?
À La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a annoncé le 3 mai 2026 sa candidature à l’élection présidentielle. Ce sera sa quatrième tentative, après 2012, 2017 et 2022. Au premier tour de la présidentielle de 2022, il avait terminé troisième (21,84 %), derrière Marine Le Pen (23,15 %) et Emmanuel Macron (27,84 %).
Dans le reste de la gauche, la situation est plus éclatée. Le 9 juillet 2026, le Parti socialiste a validé le principe d’une primaire, qui se tiendra les 11 et 18 octobre, pour désigner son candidat. Un scrutin qui inclut notamment Place publique, mais exclut Les Écologistes de Marine Tondelier ainsi que les anciens insoumis de L’Après. Le député Philippe Brun et l’ancienne ministre et candidate Ségolène Royal font partie des premiers à avoir déclaré leur candidature à l’élection présidentielle et à cette primaire. Après avoir laissé planer le doute pendant l’été, l’eurodéputé Place Publique Raphaël Glucksmann a également annoncé sa candidature à l’élection présidentielle et accepté le principe de la primaire, lors d’une intervention au 20h de TF1, dimanche 23 août.
Emmanuel Maurel (La Gauche républicaine et socialiste) a annoncé sa candidature à la primaire organisée par le Parti Socialiste, mercredi 26 août.
D’autres figures sociales-démocrates, comme l’ancien Premier ministre de François Hollande Bernard Cazeneuve, le député Jérôme Guedj et le maire de Saint-Ouen-sur-Seine, Karim Bouamrane, ont annoncé leur candidature à l’élection présidentielle mais refusent de participer à la primaire. D’autres noms circulent encore, comme celui de François Hollande.
Chez les écologistes, Marine Tondelier a fait valider par son parti le principe d’une candidature autonome, tout en continuant à défendre une primaire plus large de la gauche. L’ancienne ministre Delphine Batho est également candidate à l’élection présidentielle.
François Ruffin (Debout !) a, de son côté, indiqué qu’il maintiendrait sa candidature, primaire ou non.
Qui est candidat à droite ?
Chez Les Républicains, Bruno Retailleau a été désigné candidat par les adhérents du parti le 19 avril 2026. Il a recueilli 73,8 % des voix lors d’une consultation interne. Sa désignation n’a toutefois pas refermé tous les débats à droite, où d’autres responsables continuent de défendre l’idée d’une primaire ou d’un rassemblement plus large.
David Lisnard, maire de Cannes, a quitté LR le 31 mars et s’est déclaré candidat le même jour. Il plaide pour l’organisation d’une primaire ouverte à droite, afin de départager les différents prétendants et d’éviter une multiplication des candidatures dans le même espace politique.
Le jeudi 27 août, Xavier Bertrand, président de la Région Hauts-de-France, a annoncé sa candidature. En revanche, le candidat refuse de participer à une primaire. « On ne va pas faire les mêmes erreurs à chaque fois« , a-t-il assuré lors de l’Université de rentrée du Medef.
Quels autres candidats se sont déclarés ?
La présidentielle attire aussi de nombreuses candidatures venues de formations plus petites ou de sensibilités politiques plus marginales. Parmi les candidatures annoncées figurent notamment Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière, qui se lancera dans la course pour la quatrième fois, tout comme Nicolas Dupont-Aignan pour Debout la France. Florian Philippot (Les Patriotes), François Asselineau (Union populaire républicaine), Clara Egger (Solution démocratique) et Antoine Mikolajczak (Équinoxe), Anasse Kazib (Révolution permanente), Selma Labib (NPA-Révolutionnaires), Juan Branco (Les Ruches) et Lydie Massard (Union démocratique bretonne) Benoît Mathieu et le chanteur Francis Lalanne ont également déclaré leurs candidatures.
Les Décodeurs du Monde recensaient, au 27 août 2026, 24 candidats déclarés, auxquels s’ajoutaient une dizaine de candidats potentiels.
Pourquoi la liste reste-t-elle encore incertaine ?
La liste actuelle est politique, pas juridique. Elle permet de suivre les forces en présence, mais elle ne préjuge pas de la liste officielle du Conseil constitutionnel. Certaines candidatures peuvent encore être retirées, fusionnées ou empêchées par l’absence de parrainages suffisants.
Cette incertitude est d’autant plus forte que le paysage politique est très fragmenté. Le camp central compte déjà deux anciens Premiers ministres candidats. La gauche est divisée entre LFI, socialistes, écologistes et sociaux-démocrates. La droite cherche encore son équilibre entre candidature LR, candidatures dissidentes et concurrence du Rassemblement national.
La désinformation s’invite déjà dans la campagne
Avant même l’ouverture officielle de la campagne, plusieurs personnalités liées à la présidentielle ont déjà été visées par des opérations de désinformation ou d’ingérence présumée.
Fin juillet, Édouard Philippe a été ciblé par de fausses informations sur son état de santé, présentées par plusieurs médias comme une campagne de désinformation d’origine prorusse.
Début août, Raphaël Glucksmann a à son tour affirmé avoir été visé par une opération de déstabilisation. Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur des soupçons d’ingérence russe.
Le 5 août, l’entourage de Gabriel Attal a également indiqué que le candidat de Renaissance avait été visé par une ingérence en provenance de Russie. Ces épisodes confirment que la campagne présidentielle de 2027 se joue déjà aussi sur le terrain numérique, entre fausses informations, vidéos manipulées et soupçons d’influence étrangère.








