- 7 September 2026
- Updated 14h00
Réseaux sociaux : Meta va limiter l’usage des adolescents à deux heures par jour aux États-Unis, la Commission européenne réclame des mesures comparables
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- Max LIPORT
- 28 août 2026
- À la une
Meta a conclu un accord avec 48 États américains et quatre autres juridictions et s’engage à renforcer les restrictions imposées aux adolescents sur Instagram et Facebook. Leur temps d’utilisation sera limité par défaut à deux heures par jour. Jeudi 27 août, la Commission européenne a demandé des protections similaires dans l’UE.

Une mesure inédite. Meta, le groupe propriétaire des plateformes Instagram et Facebook, a accepté de restreindre l’accès des adolescents américains, mercredi 26 août. Le géant du numérique, qui faisait face à des demandes de pénalités pouvant atteindre 200 milliards de dollars, a accepté de verser 16,8 milliards de dollars dans le cadre d’un accord à l’amiable avec tous les États américains, à l’exception du Nouveau-Mexique et de la Floride.
Accusé d’avoir conçu des fonctionnalités addictives nuisibles à la santé mentale des mineurs, Meta a également accepté de réduire drastiquement l’accès des mineurs à ses réseaux sociaux. Concrètement, Instagram et Facebook seront entièrement bloqués de minuit à 6 heures du matin, hors messagerie directe. Les notifications, elles, seront suspendues de 22 heures à 7 heures ainsi que pendant les heures de classe via un « mode école », actif de 8 heures à 15 heures. Le reste du temps, les jeunes seront soumis par défaut à une limite cumulée de deux heures par jour sur les deux plateformes.
Par ailleurs, même lorsqu’ils pourront les utiliser, ils n’auront pas accès à l’ensemble des fonctionnalités : le nombre de « j’aime » sous les contenus postés sera masqué par défaut, et les filtres modifiant fortement l’apparence physique, notamment ceux simulant de la chirurgie esthétique ou un maquillage extrême, seront bloqués. Enfin, lorsqu’un mineur utilisera ses applications pendant plus de 15 minutes consécutives, un message de prévention s’affichera. Les mesures devraient entrer en application dans les six mois.
Pour la Commission européenne, Meta doit « aussi protéger nos enfants »
Au lendemain de ces annonces, la Commission européenne a demandé des mesures similaires. « Nous attendons une gestion adéquate du temps passé devant les écrans, un contrôle parental approprié sur ces plateformes (…) Il appartient désormais à l’entreprise de proposer ces engagements au sein de l’Union européenne afin de protéger aussi nos enfants ici« , a affirmé, jeudi 27 août, Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne chargé du numérique, tout en rappelant que la firme de Mark Zuckerberg fait l’objet d’enquêtes pour les mêmes motifs en Europe.
Bruxelles ne demande pas nécessairement à Meta de reproduire à l’identique les restrictions prévues aux États-Unis. Au sein de l’Union, le groupe doit proposer des mesures permettant de réduire les risques liés à l’utilisation de ses plateformes par les mineurs, conformément au règlement sur les services numériques (DSA).
Depuis mai 2024, Meta est visé par une enquête de la Commission européenne qui lui reproche de ne pas limiter suffisamment les mécanismes susceptibles de favoriser l’addiction des mineurs. En juillet dernier, la Commission a estimé, à titre préliminaire, que les réseaux sociaux de Meta ne respectaient pas certaines obligations de la législation sur les services numériques (DSA), notamment en raison de fonctionnalités susceptibles de favoriser une utilisation addictive.







