- 12 September 2026
- Updated 16h47
UMOA : les dépôts et emprunts ont crû près de trois fois plus vite que les crédits en 2025
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- Max LIPORT
- 28 août 2026
- À la une
Le système bancaire de l’UMOA a enregistré en 2025 une progression soutenue de ses ressources, dans un contexte de croissance plus modérée des crédits à la clientèle. Cette évolution s’accompagne d’une hausse des autres emplois bancaires et d’une concentration persistante des actifs dans les principales économies de l’Union.
Les dépôts et emprunts des établissements de crédit (banques et établissements financiers à caractère bancaire) de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) ont augmenté de 16 % en 2025, à 56 200,2 milliards FCFA (99,9 milliards $) tandis que les crédits à la clientèle n’ont progressé que de 5,5 %, à 38 731,6 milliards FCFA. Selon le rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l’UMOA, les ressources collectées par les établissements de crédit ont ainsi progressé près de trois fois plus vite que les financements accordés à la clientèle.

Les ressources progressent plus rapidement
L’écart avec 2024 s’est nettement creusé. Les dépôts et emprunts avaient progressé de 7,2 % cette année-là, contre 5,6 % pour les crédits. En 2025, leur croissance a plus que doublé, alors que celle des crédits est restée proche de son niveau de l’année précédente. En montant, les dépôts et emprunts ont augmenté de 7770,7 milliards FCFA en 2025, contre 2031,7 milliards FCFA pour les crédits.
Cette progression des dépôts et emprunts a principalement été portée par les dépôts à vue. Ceux-ci ont atteint 33 142,8 milliards FCFA, en hausse de 21,8 % sur un an. Les dépôts à terme et les emprunts se sont établis à 23 057,4 milliards FCFA, en progression de 8,7 %. Ensemble, les dépôts et emprunts ont représenté 83,3 % des ressources du système bancaire en 2025.
Les autres composantes du passif ont également progressé. Les fonds propres nets ont augmenté de 11,9 %, à 7765,8 milliards FCFA, tandis que les autres ressources ont progressé de 37,1 %, à 3 493,9 milliards FCFA en 2025. Au total, les ressources du système bancaire de l’UMOA ont augmenté de 16,5 %, contre une hausse de 10,4 % des emplois. Cette configuration a contribué à réduire de 52,5 % l’écart entre les ressources et les emplois bancaires.
Le crédit reste concentré
La progression du crédit au sein de l’Union reste inférieure à celle des autres emplois bancaires. Les crédits à la clientèle ont atteint 38 731,6 milliards FCFA en 2025, contre 36 699,9 milliards FCFA un an auparavant, soit une progression de 5,5 %. Leur croissance s’est accompagnée d’une hausse de 17,1 % des autres emplois. Les titres de placement et les autres instruments financiers ont ainsi pris une place plus importante dans l’allocation des ressources bancaires.
La dynamique du crédit varie également selon les pays. Six pays de l’Union ont enregistré une hausse des crédits à la clientèle en 2025. La Côte d’Ivoire arrive en tête, avec une hausse de 1590 milliards FCFA, soit 11,9 % sur un an. Le Bénin suit avec une progression de 283 milliards FCFA, soit 8,3 %, devant la Guinée-Bissau (+40 milliards FCFA, +23,1 %), le Sénégal (+280 milliards FCFA, +3,6 %), le Togo (+57 milliards FCFA, +2,4 %) et le Mali (+66 milliards FCFA, +0,9 %). À l’inverse, les crédits ont reculé de 184 milliards FCFA au Burkina Faso, soit 4 %, et de 67 milliards FCFA au Niger, soit 5,4 %.
La structure des échéances montre par ailleurs une reprise des crédits à court terme. Ceux-ci ont atteint 17 833,1 milliards FCFA en 2025, soit une hausse de 8,9 %, après une baisse de 3,6 % en 2024. Les crédits à moyen terme, d’une maturité comprise entre 2 et 10 ans, ont progressé de 3 %, à 17 146,5 milliards FCFA, après une hausse de 17,2 % en 2024. Les crédits à long terme, qui ont une maturité de plus de 10 ans, n’ont augmenté que de 0,8 %, à 1756,3 milliards FCFA, après une baisse de 14,4 % un an plus tôt.
Cette évolution intervient dans un système où le financement bancaire reste concentré sur trois secteurs. Le commerce, les restaurants et les hôtels absorbent 30 % des crédits en 2025, devant les services à la collectivité et les secteurs sociaux, avec 24 %, et les industries manufacturières, avec 12 %. Ces trois branches concentrent ainsi 66 % des financements.
Les actifs restent concentrés en Côte d’Ivoire et au Sénégal
La progression des ressources intervient dans un système bancaire dont les actifs restent concentrés sur deux principales places. À fin décembre 2025, l’UMOA comptait 161 établissements de crédit agréés, dont 136 banques et 25 établissements financiers à caractère bancaire. La Côte d’Ivoire représentait 37,9 % des actifs du système, devant le Sénégal avec 19,2 %. Le Burkina Faso représentait 12,5 %, le Mali 11 %, le Bénin 9,2 %, le Togo 6,6 %, le Niger 3 % et la Guinée-Bissau 0,6 %.
Cette concentration géographique s’inscrit dans une progression globale du bilan bancaire. Celui-ci a atteint 82 298,8 milliards FCFA en 2025, en hausse de 14,1 %. Les dépôts et emprunts ont donc progressé plus rapidement que les crédits, tandis que les fonds propres et les autres ressources ont également augmenté.
Au total, les ressources ont progressé beaucoup plus rapidement que les crédits distribués. La hausse de 16 % des dépôts et emprunts, contre 5,5 % pour les crédits, témoigne d’une accumulation de ressources au sein du système bancaire. Reste à déterminer dans quelle mesure cette progression pourra se traduire par de nouveaux crédits à l’économie.








