- 6 November 2026
- Updated 16h47
Afrique-Europe : Le temps des vérités et de la co-construction
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- Max LIPORT
- 4 septembre 2026
- À la une L'Essentiel de l'Afrique
Les relations entre l’Afrique et l’Europe traversent une mutation profonde, caractérisée par l’effondrement des anciens paradigmes et l’émergence d’une exigence absolue de symétrie.
Face aux bouleversements géopolitiques globaux, l’heure n’est plus aux déclarations d’intention lénifiantes des sommets intercontinentaux, mais à une realpolitik pragmatique et mutuellement bénéfique.Pendant des décennies, la coopération euro-africaine a souffert d’un déséquilibre structurel, souvent résumé à une logique d’aide publique au développement d’un côté, et d’approvisionnement en matières premières brutes de l’autre. Ce modèle a vécu. Aujourd’hui, le continent africain, fort d’une population majoritairement jeune et d’une influence croissante sur l’échiquier mondial, diversifie activement ses partenariats. De Pékin à Washington, en passant par Ankara ou New Delhi, l’Afrique s’offre le luxe du choix.
Face à cette nouvelle concurrence, l’Europe doit réinventer son offre de partenariat si elle veut rester un interlocuteur de premier plan.Le véritable terrain d’entente de cette nouvelle ère réside dans la co-construction industrielle et la transition durable. L’exemple réussi de l’intégration du Maroc dans la chaîne de valeur automobile européenne, ou le développement de hubs énergétiques en Afrique de l’Ouest, démontrent que le continent n’est plus un simple marché de consommation, mais une terre de production. Le déploiement des investissements européens doit désormais se focaliser sur le transfert de technologies, la transformation locale des ressources et le financement d’infrastructures souveraines, à l’instar de la stratégie Global Gateway de l’Union européenne, qui doit accélérer ses réalisations concrètes sur le terrain.Cependant, des points de friction majeurs persistent et exigent un dialogue franc.
La question de la mobilité humaine, la gestion des barrières normatives liées à la taxe carbone européenne, et l’accès équitable aux financements climatiques mondiaux restent des sujets de tension. L’Europe doit comprendre que la sécurité et la stabilité de son propre espace dépendent de la prospérité et de l’industrialisation de son voisin méridional. À l’inverse, les dirigeants africains doivent consolider l’intégration régionale via la ZLECAf pour offrir un marché unique, stable et attractif.L’Afrique et l’Europe sont liées par la géographie, l’histoire et les défis du siècle. Pour que cette coopération devienne le moteur du XXIe siècle, elle doit s’affranchir du paternalisme passé pour embrasser une alliance de contrats clairs, où la souveraineté de chacun est le gage de la réussite commune.








