- 16 October 2026
- Updated 16h47
Économie camerounaise : Entre résilience sectorielle et forte pression budgétaire
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- Max LIPORT
- 4 septembre 2026
- À la une L'Essentiel de l'Afrique
Plus que jamais locomotive économique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le Cameroun navigue dans une conjoncture internationale et régionale complexe. Marqué par des arbitrages budgétaires rigoureux et des réformes structurelles menées de concert avec les partenaires financiers, le pays présente un bilan macroéconomique contrasté. Zoom journalistique sur les indicateurs de l’économie nationale.
PIB et Croissance : Une économie à deux vitesses Le Produit Intérieur Brut (PIB nominal) du Cameroun s’établit à environ 52,5 milliards d’euros (soit plus de 44 % de la richesse globale de la zone CEMAC). Après une décélération qui a ramené la croissance à 3,1 %, l’activité montre des signes de relance avec des projections de reprise estimées à 3,3 %. Cette dynamique positive s’accompagne d’une relative maîtrise de la hausse des prix, l’inflation s’étant stabilisée autour de 3,4 % à l’issue de l’année précédente. L’analyse de la structure de production met en évidence la répartition suivante par grands secteurs d’activité :
Le Secteur Tertiaire (Services – ~48 % du PIB) : Il demeure le principal moteur de l’activité économique nationale. La dynamique est particulièrement portée par le secteur bancaire — marqué par une forte hausse des volumes d’octroi de crédits — ainsi que par les branches des transports et des télécommunications.
Le Secteur Secondaire (Industries – ~30 % du PIB) : Ce segment est caractérisé par d’importants contrastes. Les industries manufacturières tirent parti du développement des grands projets d’infrastructure régionaux, à l’instar du programme d’aménagement du corridor de transport Douala–Bangui. À l’inverse, l’activité extractive (pétrole et gaz) affiche un repli structurel marqué par une baisse de l’ordre de 9,2 %, une contraction qui pèse sur les recettes d’exportation de l’État.
Le Secteur Primaire (Agriculture – ~22 % du PIB) : Le pilier de l’emploi national (qui occupe près de 60 % de la population active) repose principalement sur l’agriculture de rente. La filière cacao, dont le pays est le 4ème exportateur mondial, a tiré profit de cours internationaux particulièrement élevés avant de subir les effets du repli mondial amorcé en fin d’année. Par ailleurs, l’exploitation forestière (bois d’œuvre) demeure très sensible aux fluctuations de la demande sur son principal marché d’exportation, la Chine.
Dette publique : L’enjeu de la liquidité et du service de la dette Sur le plan strictement comptable, l’encours global de la dette publique camerounaise est évalué à 15 607 milliards de FCFA, consolidant le taux d’endettement à 44,2 % du PIB.Ce ratio maintient le Cameroun bien en deçà du plafond de convergence régional de la CEMAC (fixé à 70 %). Toutefois, cette apparente stabilité faciale masque des vulnérabilités de trésorerie importantes relevées par les analystes financiers et le FMI: La charge étouffante des échéances : Les décaissements requis pour assurer le service de la dette absorbent plus de 2 400 milliards de FCFA par an.
Les seuls règlements au titre des intérêts et commissions contractuelles consomment une part substantielle des recettes fiscales mobilisées en début d’exercice. La prédominance du risque extérieur : La dette extérieure représente environ 64 % de l’enveloppe globale des engagements. Cette configuration expose le budget aux chocs exogènes et aux variations des devises étrangères de référence.Le raccourcissement des maturités : Le profil de remboursement du portefeuille s’est contracté, la durée moyenne avant échéance s’établissant à 6,9 années (contre 7,5 années précédemment). Ce rythme accéléré oblige l’État à consacrer la majeure partie de ses efforts financiers au remboursement du principal plutôt qu’au refinancement de nouveaux investissements à long terme.Le défi central pour Yaoundé réside désormais dans la sécurisation de nouveaux appuis financiers. Suite à la clôture du précédent programme avec le FMI, les négociations relatives à la mise en place d’un nouvel accord ou à la conclusion de financements obligataires d’envergure internationale s’avèrent déterminantes pour stabiliser le plan de financement de l’État.








