- 6 October 2026
- Updated 16h47
Industrie automobile au Maroc : Le premier moteur des exportations du Royaume franchit un cap historique
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- Max LIPORT
- 4 septembre 2026
- À la une L'Essentiel de l'Afrique
Véritable fleuron de la stratégie d’émergence industrielle du Royaume, le secteur automobile marocain consolide sa position de leader sur le continent africain. Devenu en quelques années la première source d’exportation de marchandises du pays (devant les phosphates et l’agroalimentaire), ce secteur affiche des indicateurs de production et des performances financières en forte progression.
Des performances financières et commerciales records L’industrie automobile marocaine confirme son rôle de locomotive du commerce extérieur. Les dernières statistiques publiées par l’Office des changes mettent en lumière une dynamique sans précédent :Un bond des exportations au premier semestre 2026 : Les ventes de la filière automobile à l’étranger ont bondi de 17,4 %, atteignant 93,65 milliards de dirhams (environ 10,06 milliards de dollars). À elle seule, l’automobile porte près de 60 % de la croissance des exportations globales du Maroc.La structure des ventes : Cette accélération est principalement tirée par l’écosystème « Construction » (assemblage de véhicules), qui progresse à 37,93 milliards de dirhams, suivi de très près par le segment du « Câblage » électrique à 35,05 milliards de dirhams.Le premier employeur industriel : Selon les données du Baromètre de l’industrie, le secteur s’impose comme le premier bassin d’emplois industriels du Royaume, mobilisant plus de 251 000 salariés au sein de centaines d’entreprises et d’équipementiers.
Un appareil productif performant et intégré Le Maroc a dépassé le cap symbolique d’un million de véhicules produits par an, ravissant à l’Afrique du Sud le rang de premier producteur de voitures particulières du continent. Cette réussite repose sur une chaîne de valeur structurée autour de hubs logistiques majeurs et de constructeurs mondiaux :Les grands écosystèmes constructeurs : L’appareil industriel s’appuie sur des infrastructures de pointe, notamment l’usine de Renault à Tanger Melloussa et la Somaca à Casablanca (capacité combinée de plus de 500 000 véhicules/an), ainsi que le site de Stellantis à Kénitra (plateforme Smart Car). Un taux d’intégration locale exceptionnel : Contrairement aux simples usines d’assemblage, le Maroc a réussi à fixer la valeur ajoutée sur son territoire. Le taux d’intégration locale moyenne atteint 60 % à 69 % selon les constructeurs. Le pays compte plus de 250 équipementiers internationaux (Aptiv, Valeo) installés dans des zones d’accélération industrielle comme l’Atlantic Free Zone.
Le hub logistique Tanger Med : La connectivité du port Tanger Med permet d’expédier les véhicules produits vers l’Europe en moins de 48 heures. En 2025, la zone d’activité portuaire liée à l’automobile a généré à elle seule un chiffre d’affaires sectoriel de 13,7 milliards de dollars.
Cap sur 2030 : Transition électrique et nouveaux composants Pour maintenir sa compétitivité face aux nouvelles réglementations européennes, le « Made in Morocco » opère un virage technologique accéléré vers la mobilité propre et la diversification de sa chaîne d’approvisionnement :L’ambition 2 millions de véhicules : Le ministère de l’Industrie et du Commerce a fixé un objectif de capacité de 2 millions de véhicules par an à l’horizon 2030, en visant un taux d’intégration locale de 80 %.
L’offensive de la filière chinoise : Le Royaume attire une nouvelle vague d’investissements stratégiques. Le groupe chinois Broad-Ocean Motor implante actuellement à Tanger une usine de moteurs électriques, tandis que l’implantation géante de Guizhou Tyre (298,72 millions de dollars investis) permettra de produire localement 6 millions de pneus par an pour équiper les chaînes de montage.
La filière batterie : Le Maroc ambitionne de créer un écosystème complet de production de batteries pour véhicules électriques, soutenu par des incitations financières du Fonds Hassan II et des contrats d’approvisionnement sécurisés en cobalt et minerais critiques.L’industrie automobile marocaine s’est imposée comme une référence mondiale d’intégration industrielle. Le défi des prochaines années consistera à former la main-d’œuvre locale aux métiers de l’électronique embarquée et à verdir totalement l’énergie des usines pour anticiper la taxe carbone européenne.Souhaitez-vous que nous analysions un volet connexe ? Je peux :Détailler les incitations fiscales et financières de la nouvelle Charte de l’Investissement pour les équipementiers Faire un focus sur le développement de l’écosystème des batteries électriques au Maroc Analyser l’évolution des parts de marché des marques de véhicules vendues sur le marché local marocain








