La rentrée sera notamment animée par le discours sur l’état de l’Union de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. L’UE devra également composer avec un contexte international agité, marqué par la poursuite du conflit entre la Russie et l’Ukraine et les vives tensions au Moyen-Orient.

Le 10 septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, donnera le coup d’envoi d’une fin d’année riche en temps forts, avec son discours sur l’état de l’Union – Crédits : Commission européenne | shaadjutt / iStock | Montage Toute l’Europe
L’heure de la rentrée a sonné et avec elle, un nouveau chapitre s’ouvre pour l’Union européenne. De New York à Belém, en passant par Copenhague et Luanda, l’agenda européen de l’automne 2025 s’annonce chargé. Entre grands rendez-vous diplomatiques, échéances électorales cruciales et sommets économiques et environnementaux, l’Union européenne devra affirmer sa voix sur la scène mondiale, tout en gérant des tensions politiques internes.
« Nous avons une chance unique de construire une Europe plus forte, plus sûre et plus prospère. Saisissons ce moment car il est décisif pour l’Europe« , avait déclaré Ursula von der Leyen lors de la conférence de presse marquant ses 100 premiers jours de second mandat, le 11 mars dernier. Si la présidente de la Commission européenne a déjà commencé à traduire ces paroles en actes, le 10 septembre doit lui permettre de redonner une vision d’ensemble, d’affirmer ses priorités pour les cinq années à venir et de rallier le soutien du Parlement autour de son agenda.
De nouvelles orientations pour l’avenir de l’Union
Ce jour là, la cheffe de l’exécutif européen prononcera le très attendu discours sur l’état de l’Union. Instauré en 2010 après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le discours sur l’état de l’Union européenne ou SOTEU (« State of the European Union ») est devenu en quelques années un événement politique majeur de la rentrée européenne. Il est prononcé dans l’hémicycle à Strasbourg, devant les eurodéputés.
L’objectif de cet événement de rentrée est double. Il permet d’abord de dresser le bilan de l’année qui vient de s’écouler. Dans un second temps, Il donne le ton et les grandes lignes des principaux chantiers prioritaires pour les mois à venir. Au terme d’un discours d’une heure environ en moyenne, place au débat avec les eurodéputés. Chaque groupe politique peut ainsi questionner la présidente de la Commission européenne sur son bilan et sur ses ambitions pour l’agenda politique à venir. Cette dernière répond ensuite aux sollicitations des eurodéputés.
Le 10 septembre, Ursula von der Leyen prendra la parole pour la cinquième fois dans le cadre de cet exercice. Un exercice politique qui n’a pas eu lieu en septembre 2024, puisque les élections européennes venaient tout juste de se dérouler en juin, entraînant une période de transition et de renouvellement des institutions. L’Allemande s’était néanmoins présentée à la tribune du Parlement européen le 18 juillet pour exposer ses priorités et être réélue présidente de la Commission européenne par les députés européens.
Faire entendre la voix de l’Europe dans le concert mondial
Le temps fort du 10 septembre s’inscrit dans un contexte international particulièrement tendu, avec une guerre en Ukraine qui perdure, mettant à rude épreuve la stabilité régionale et mondiale. La présidente de la Commission devrait notamment rappeler l’engagement constant de l’Union européenne dans ce conflit, soulignant le soutien politique, militaire et humanitaire apporté à Kiev, symbole d’une Europe unie dans ses valeurs et sa détermination.
En dépit des discussions « constructives » – selon les mots de Donald Trump – menées à Washington entre dirigeants européens et américains le 18 août, il reste difficile de voir la paix se profiler. La perspective d’une rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky semble aussi s’être éloignée. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé vendredi 22 août le président ukrainien de bloquer l’organisation d’une éventuelle réunion avec son homologue russe, au lendemain de critiques similaires du dirigeant ukrainien envers Moscou. Dans le même temps, la situation ne s’améliore pas sur le terrain, tandis qu’un 19e train de sanctions européennes contre la Russie est prévu pour début septembre.
Depuis près de deux ans, un autre conflit retient l’attention des Européens. En représailles aux massacres du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas en Israël, l’État hébreu a intensifié ses bombardements sur la bande de Gaza. Une guerre qui a déjà provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes. La situation s’est encore aggravée le 20 août, lorsque le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a approuvé un plan de conquête de la ville de Gaza. Les Vingt-Sept ont appelé à plusieurs reprises à un cessez-le-feu ainsi qu’à la libération complète des otages détenus par le Hamas, sans succès jusqu’ici. Toujours en discussion, le réexamen de l’accord d’association liant l’UE à Israël continue par ailleurs de diviser les États membres.
Sur le plan économique aussi, les enjeux à venir sont importants, alors que l’horizon semble s’être dégagé depuis la conclusion d’un accord commercial entre l’UE et les États-Unis le 27 juillet. Un accord finalisé le 21 août dans une déclaration conjointe. Depuis le 7 août 2025, les États-Unis appliquent des droits de douane supplémentaires sur des produits en provenance de plusieurs pays à travers le monde. Les exportations européennes, elles, sont majoritairement taxées à hauteur de 15 %.
Les nouvelles ambitions européennes de la rentrée devront enfin composer avec la problématique urgente du changement climatique et les nombreux enjeux liés à l’énergie, à la défense ou au numérique, dans un monde où les grandes puissances s’opposent plus qu’elles ne s’unissent.
Une succession de rendez-vous stratégiques
À la rentrée, les grands sommets internationaux vont s’enchaîner, à commencer par la 80e Assemblée générale des Nations unies, du 9 au 23 septembre à New-York. Principal organe de délibération de l’organisation, cette assemblée réunit chaque année les représentants des États membres. Ce rendez-vous annuel est « une opportunité unique de discussion multilatérale sur l’ensemble des défis mondiaux« , avance l’ONU. Chacun des 193 États membres des Nations unies y dispose d’un vote égal, contrairement au Conseil de sécurité de l’ONU. Il y sera notamment question de la reconnaissance de la Palestine, qu’une dizaine de pays dont la France et trois autres membres de l’UE se sont engagés à reconnaître à cette occasion. Le 30 juillet, quinze pays occidentaux avaient lancé « l’appel de New York » pour une solution à deux États entre Israël et la Palestine.
Le 2 octobre, ce sera au tour de la Communauté politique européenne de se retrouver. L’organisation, lancée en 2022 pour renforcer les liens entre l’ensemble des pays du continent qui partagent les valeurs de l’Union européenne, réunira ses membres au Danemark. Au cœur de l’actualité européenne, le royaume assure d’ailleurs depuis le 1er juillet la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. La présidence suivante sera assurée par Chypre, à partir du 1er janvier 2026.
La Conférence des Nations unies sur le climat (COP) en est quant à elle à sa 30e édition. La COP30 aura lieu cette année à Belém (Brésil) du 10 au 21 novembre 2025. Berceau des conventions des Nations unies sur l’environnement, le géant sud-américain est réputé pour son expérience en matière de négociations climatiques et de multilatéralisme, comme en témoigne le célèbre sommet de Rio en 1992. Mais avec la menace de défections diplomatiques, l’événement suscite autant d’espoirs que de critiques. D’autant qu’il se déroule quelques mois après l’annonce par les États-Unis de leur retrait de l’Accord de Paris.
Plusieurs dirigeants européens se rendront également à Johannesburg les 22 et 23 novembre. La ville sud-africaine accueillera le sommet du G20, un groupe informel qui a pour but de favoriser la concertation internationale entre les économies les plus développées. L’Allemagne, la France et l’Italie en sont membres, de même que l’Union européenne en tant qu’organisation, tandis que l’Espagne bénéficie du statut d’invité permanent.
Enfin, les 24 et 25 novembre, les dirigeants des États membres de l’Union européenne et des pays de l’Union africaine (UA) se réuniront à Luanda, en Angola, pour le septième sommet UE-Union africaine. Ce rendez-vous multilatéral sera coprésidé par le président de l’Angola, João Lourenço, et le président du Conseil européen, António Costa. L’UE sera également représentée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Le sommet, tenu à l’occasion du 25e anniversaire du partenariat entre l’UE et l’UA, abordera les questions du renforcement de la coopération dans des domaines clés tels que la paix et la sécurité, l’intégration économique, le commerce, le multilatéralisme, le développement écologique, la transition numérique ou encore les migrations. « Notre objectif pour ce sommet historique est la poursuite d’un partenariat entre l’UE et l’Afrique robuste, équilibré et tourné vers l’avenir« , a déclaré António Costa.
Le regard tourné vers les urnes
L’automne 2025 s’annonce aussi déterminant avec plusieurs scrutins susceptibles de redessiner les équilibres politiques à l’intérieur de l’Union.
Les 3 et 4 octobre, la République tchèque organisera ses élections législatives, afin de renouveler les 200 sièges de la Chambre des députés. Le scrutin mettra aux prises le mouvement populiste ANO d’Andrej Babiš et l’extrême droite du SPD, menée par Tomio Okamura, sur fond de débats nourris autour de l’avenir européen du pays.
Le 29 octobre aux Pays-Bas, les élections législatives anticipées ouvriront une nouvelle page de la vie politique du pays, à la suite de la chute du gouvernement le 3 juin 2025, précipitée par le départ de l’extrême droite de la coalition au pouvoir. Le scrutin dans la cinquième économie de l’Union européenne sera suivi de près en Europe.
D’ici le 11 novembre, l’Irlande élira un nouveau président pour un mandat de sept ans. Cette élection marque la fin des 14 années de mandat de Michael D. Higgins, symbole de continuité, qui ne peut se représenter car ayant déjà effectué les deux mandats maximum autorisés par la Constitution.
Au-delà des frontières de l’Union, certains pays européens non membres vivront également des échéances politiques majeures à l’automne. Le 8 septembre, la Norvège organisera ses élections législatives pour élire les 169 sièges du Storting.
Le 28 septembre, la Moldavie tiendra également des élections législatives importantes, dans un contexte de forte instabilité politique et de campagnes de désinformation massives menées par la Russie. En juillet 2021, le Parti action et solidarité (PAS) de Maia Sandu, alors présidente depuis seulement six mois, avait obtenu 63 sièges au Parlement à l’issue d’une campagne centrée sur la lutte contre la corruption et la réforme de la justice. Quatre ans plus tard, l’évolution du contexte géopolitique a transformé ses priorités : le PAS s’affiche désormais comme une force politique anti-Kremlin, résolument pro-Ukraine et favorable à l’intégration européenne de la Moldavie, candidate à l’UE depuis 2022. À l’automne 2024, les électeurs moldaves ont confirmé ce cap en réélisant Maia Sandu et en soutenant l’adhésion à l’Union européenne lors d’un référendum.
Notons enfin la situation particulière de la France, où le vote de confiance prévu le 8 septembre pour le gouvernement de François Bayrou s’annonce très incertain, dans un climat politique tendu. En cas de rejet, une crise gouvernementale pourrait s’ouvrir, ouvrant la porte à un possible changement d’exécutif.
Les prochains mois s’annoncent ainsi comme une période charnière pour l’Europe : confrontée aux tensions internationales, à des défis environnementaux globaux et à des bouleversements politiques internes, l’Union européenne devra affirmer sa cohésion, sa souveraineté et son rôle diplomatique afin de se projeter sereinement vers l’avenir.
L’agenda institutionnel de la fin d’année
Réunions du Conseil européen
- 23 et 24 octobre
- 18 et 19 décembre
Le calendrier complet du Conseil européen.
Sessions plénières du Parlement européen
- 8 au 11 septembre
- 6 au 9 octobre
- 20 au 23 octobre
- 12 et 13 novembre (mini-plénière à Bruxelles)
- 24 au 27 novembre
- 15 au 18 décembre
Le calendrier complet du Parlement européen







