Présentée comme un jalon pour la modernisation du transport, la relance des chemins de fer au Ghana a pris du plomb dans l’aile. Entre défauts de financement, contraintes techniques et institutionnelles, plusieurs défis séparent le pays de son ambition de mailler son territoire de 4000 km de rails.
Annoncée pour le mercredi 1er octobre 2025 par la Ghana Railways Development Authority (GRDA), la relance des opérations commerciales sur la ligne ferroviaire Tema – Mpakadan a connu selon la presse locale un premier coup de frein. Selon les informations fournies, le premier train voyageur ne serait pas arrivé à destination dans les délais en raison d’une panne technique.
Inopérante quelques mois après son inauguration en novembre 2024 à cause d’une défectuosité de la voie ferrée, ce tronçon de 100 km avait fait l’objet de travaux de remise aux normes et d’essais techniques. Censé augmenter l’offre de mobilité et faciliter les expéditions de marchandises depuis la ville portuaire de Tema vers les zones orientales du pays, il fait partie d’un projet de réseau à écartement standard (SGR) de 1000 km.

La presse locale rapportait aussi l’état de dégradation avancée des infrastructures et des trains de la ligne Sekondi – Takoradi – Kojokrom inaugurée en 2016 après un investissement estimé à 165 millions USD. Le service sur cet axe de 15 km avait été suspendu en mars 2020 pour des travaux de conversion en SGR qui n’ont pas abouti. Son exploitation a repris la même année avec des services irréguliers, avant son interruption totale en 2024.
Malgré des efforts affichés ces dernières années, la relance du transport ferroviaire peine à se concrétiser au Ghana, alors que des défis de mobilité persistent dans ce pays où le trafic est en grande partie concentré sur un réseau routier en proie à des embouteillages contraignants, notamment à Accra et Tema.
L’ambitieux plan présenté sous l’administration du président Nana Akufo-Addo visait à mailler l’ensemble du territoire de 4000 km de voies ferrées raccordant le Burkina Faso, l’un des principaux clients du port de Tema. La mise en œuvre de ce plan devrait nécessiter près de 30 milliards USD d’investissement. D’après les autorités, près de 75% de ces 4000 km restent encore à construire.







