Massad Boullos: Qui est vraiment ce libanais qui conseille de Trump pour l’Afrique ?
L’homme d’affaires américano-libanais Massad Boulos est devenu en avril 2025 le conseiller principal du président Donald Trump pour l’Afrique, cumulant ce rôle avec celui de conseiller pour les affaires du Moyen-Orient. Sa nomination est largement due à sa proximité familiale avec le président, étant le beau-père de sa fille Tiffany Trump. Cependant, son profil est atypique : venu du secteur privé avec une longue expérience des affaires en Afrique, notamment au Nigeria dans l’automobile, il incarne un virage vers une diplomatie plus transactionnelle et moins axée sur l’aide traditionnelle.
La doctrine qu’il applique pour le compte de Washington est simple et pragmatique. Elle substitue à la logique d’aide au développement une approche centrée sur le commerce et les « deals » stratégiques, résumée par le triptyque « paix, partenariats, prospérité ». Concrètement, son action vise d’abord à stabiliser les zones de conflit pour ensuite y déployer un agenda économique américain. Sa première tournée diplomatique en Afrique, en avril 2025, l’a ainsi mené en République Démocratique du Congo, au Rwanda, au Kenya et en Ouganda, avec pour objectif officiel de faire avancer la paix dans l’est de la RDC et de promouvoir les investissements du secteur privé américain.
Cette stratégie a un objectif géopolitique clair : contrer l’influence dominante de la Chine sur le continent, particulièrement dans le domaine des minerais stratégiques. Boulos est le chef d’orchestre visible d’une reconquête américaine du cœur minier de l’Afrique, ciblant des ressources comme le cobalt, le cuivre et le lithium, ainsi que des corridors logistiques critiques comme celui de Lobito. Sa mission consiste à réengager Washington dans la course aux ressources africaines, en utilisant des outils diplomatiques et commerciaux pour offrir une alternative aux investissements chinois, sans pour autant les nommer directement dans le discours officiel.







