À Delhi, « la France, comme l’Inde, ont répété vouloir ouvrir une ‘troisième voie’ libérée de la domination américaine et chinoise dans l’IA« , annoncent Les Échos. Ouvert depuis lundi, le sommet pour l’impact de l’IA rassemble de nombreux chefs d’État dans la capitale indienne. Parmi ses objectifs : « délimiter ce que pourraient être les contours d’un cadre législatif sur les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle« , le tout sans renoncer à l’innovation, rapporte Libération. Le Premier ministre indien Narendra Modi et le secrétaire général de l’ONU António Guterres y ont notamment appelé « à garantir un accès universel à l’intelligence artificielle et à la mise en place de mesures pour encadrer son usage » [Le Parisien].
En déplacement en Inde pendant trois jours, le président français a quant à lui souligné jeudi, lors d’une déclaration conjointe avec son homologue indien, que les deux pays partagent « la nécessité de mieux réguler » la transparence des algorithmes et la protection des enfants [Libération]. France 24 rappelle que « protéger les enfants des ‘abus numériques et de l’IA’ [sera] une priorité de la présidence française du G7 cette année« . En outre, « la France est elle-même en train de prendre des mesures pour interdire l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux ».
Ciblant « Donald Trump sans le citer » [Le Figaro], Emmanuel Macron a également vanté la voie choisie par l’Union européenne. Il a assuré « que l’Europe était un ‘espace sûr’, non ‘centré’ aveuglément sur la régulation [et] déterminé à participer à la définition des ‘règles du jeu’ dans l’intelligence artificielle« , rapportent Les Échos. Une régulation que « l’administration américaine, invoquant la liberté d’expression, dénonce régulièrement », rappelle La Croix.
Innovation et indépendance
Le président français a notamment vanté les qualités du géant d’Asie du Sud en matière numérique, affirmant que « l’Inde a construit quelque chose d’unique au monde : une identité numérique pour 1,4 milliard de personnes, un système de paiement qui traite désormais 20 milliards de transactions par mois et une infrastructure de santé qui a délivré 500 millions de cartes d’identité numériques » [Les Échos]. « Une entente au beau fixe qui conduit Paris à reléguer au second plan la situation préoccupante des droits humains en Inde« , ne manque pas de souligner La Croix. Tandis que la « dérive autocratique dénoncée par l’opposition et les médias indépendants […] ne devrait pas être abordée pendant ce sommet« , poursuit Libération.
Emmanuel Macron a également insisté sur la nécessité pour les deux partenaires de « prendre ensemble le chemin de l’innovation, de l’indépendance et de l’autonomie stratégique » en la matière, cite Le Dauphiné Libéré. « L’intelligence artificielle va aider l’humanité à investir plus vite […] dans la santé, l’énergie, la mobilité, l’agriculture, les services publics et le bien commun de tous », a-t-il poursuivi [France 24]. Pour Le Parisien cependant, « la révolution en cours nourrit toutes les inquiétudes quant à son impact sur l’environnement, l’emploi, la création artistique, l’éducation ou l’information« . « L’une des principales craintes porte sur les conséquences de l’IA sur le marché de l’emploi« , précise La Voix du Nord. En Inde notamment, « des millions de personnes travaillent dans les centres d’appels et les services de support technique » et pourraient être remplacées par l’IA.
Enfin, La Croix note que le rapprochement de Paris et New Delhi dépasse les questions numériques : « la puissance émergente devient un partenaire privilégié de la France, notamment en matière de vente d’armes« . « New Delhi a annoncé se procurer 114 Rafale supplémentaires, pour un contrat estimé à 33 milliards d’euros » la semaine passée, rappelle le quotidien. Et dans le même temps, « l’Union européenne a conclu, le mois dernier, un accord de libre-échange historique avec New Delhi« .







