En 2024, la rémunération des femmes était en moyenne inférieure de 11,1 % à celle des hommes au sein de l’Union européenne, avec d’importantes disparités entre les États membres.
Les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes dans l’UE
Écart (en %) entre le salaire horaire brut moyen des hommes et celui des femmes salariées en 2024 et en 2014

Face aux inégalités salariales, les États membres ne sont pas logés à la même enseigne. En Belgique, en Roumanie et en Pologne, ils demeurent relativement faibles. Dans ces trois pays en 2024, les femmes touchaient en moyenne respectivement 0,7 %, 3,7 % et 4 % de moins que leurs homologues masculins, selon Eurostat. Au Luxembourg, les femmes salariées gagnaient même en moyenne un salaire horaire brut supérieur de 0,8 % à celui des hommes.
A l’inverse, les écarts sont bien plus importants en Estonie (18,8 %), en République tchèque (18,5 %), en Autriche (17,6 %), en Hongrie (16,9 %) ou encore en Finlande (16,3 %). De son côté, la France se situe légèrement au-dessus de la moyenne de l’Union européenne (11,1 %) avec un écart de rémunération de 11,8 % en défaveur des femmes en 2024.
Sur les dix dernières années, les inégalités salariales sont tout de même en recul. Depuis 2014, la moyenne européenne est ainsi passée de 15,7 % à 11,1 %. En 10 ans, la grande majorité des États membres ont vu cet écart se réduire, à l’image de l’Estonie (-9,3 points de pourcentage), du Portugal (-7,9 pp) ou de l’Espagne (-7,6 pp).
De grosses différences dans le volume horaire
Ces données, calculées à partir des salaires dans l’ensemble des secteurs économiques, doivent cependant être interprétées avec précaution. En effet, dans chaque pays les racines des inégalités salariales peuvent être multiples : différences en matière d’éducation, de choix de secteur, ségrégation sur le marché de l’emploi, partage inégal des responsabilités domestiques et de la garde des enfants…
Actuellement, faute de consensus, aucune statistique n’existe à l’échelle européenne sur l’écart de rémunération ajusté, c’est-à-dire l’écart entre les femmes et les hommes ayant des caractéristiques strictement identiques (âge, niveau de diplôme, type de contrat, etc). Les données présentées ici mesurent ainsi un phénomène plus large que la notion de “à travail égal, salaire égal”.
L’écart de rémunération entre les genres “s’explique en partie par le moindre volume de travail annuel des femmes, qui sont à la fois moins souvent en emploi au cours de l’année, et davantage à temps partiel”, explique l’Insee. Ainsi, en France, à temps de travail identique, le salaire moyen des femmes est inférieur à celui des hommes de 14 %, estime l’institut. L’écart grimpe même à 21,8 % si l’on ne tient pas compte du volume horaire. Des chiffres différents de ceux avancés par Eurostat qui peuvent s’expliquer par les différences en termes de calcul.
Méthodologie
Dans cet article, l’écart de rémunération est mesuré en comparant le revenu horaire brut moyen des femmes salariées rapporté au salaire horaire brut moyen des hommes salariés.
Eurostat donne quelques détails supplémentaires : « Cet indicateur mesure la différence entre la rémunération horaire brute moyenne des hommes salariés et des femmes salariés en pourcentage du salaire horaire brut moyen des hommes salariés. L’indicateur a été défini comme non ajusté, puisqu’il donne une vue d’ensemble des inégalités entre les hommes et les femmes sur le plan de la rémunération et mesure une notion plus large que la notion d’égalité des rémunérations pour un travail égal. Tous les membres du personnel travaillant dans les entreprises de dix salariés ou plus, sans restriction d’âge et du nombre d’heures prestées, sont inclus« .
De nouvelles règles européennes
L’Union européenne a adopté de nouvelles règles de transparence des rémunérations en 2023. Celles-ci prévoient que les entreprises de l’UE seront « tenues de partager des informations concernant les salaires, et de prendre des mesures en cas d’écart de rémunération entre les femmes et les hommes supérieur à 5 % », précise le Conseil de l’UE.
La directive prévoit également des dispositions sur l’indemnisation des victimes de discrimination en matière de rémunération, ainsi que des sanctions, dont des amendes, pour les employeurs ne respectant pas les règles. Entrée en vigueur le 10 mai 2023, cette directive doit être « transposée » par les États membres dans leur législation nationale avant le 7 juin 2026.







