Avec 3,4 millions d’habitants, la Moldavie est un pays d’Europe de l’Est coincé entre la Roumanie et l’Ukraine. Depuis son indépendance de l’Union soviétique en 1991, la Moldavie est longtemps restée tiraillée entre deux blocs : d’un côté la Russie, et de l’autre, l’Europe.
Avec l’élection de la présidente Maia Sandu en 2020, une figure politique pro-européenne, la Moldavie a pris un virage décisif vers l’Occident. Mais la situation de la Transnistrie, région sécessionniste soutenue par Moscou, constitue un obstacle majeur à cette ambition et fragilise la stabilité politique du pays. La Moldavie demeure donc un terrain de tensions géopolitiques entre l’UE et la Russie.
Quel est le résultat du référendum et qu’est-ce que cela signifie pour la Moldavie ?
Dimanche dernier, lors d’un référendum, les électeurs moldaves ont approuvé d’un cheveu l’objectif d’adhésion de leur pays à l’Union européenne, avec seulement 50,45 % de votes favorables. Le même jour se tenait également l’élection présidentielle, qui a vu la présidente sortante, Maia Sandu, arriver en tête au premier tour avec 42,2 % des voix. Cette dernière a dénoncé des ingérences de la part de la Russie dans ces scrutins.
Ce référendum marque un tournant décisif dans l’histoire de la Moldavie, qui cherche à se détacher de l’influence russe pour se rapprocher de l’Union européenne. L’adhésion, si elle se concrétise, pourrait offrir à la Moldavie des opportunités économiques, de stabilité politique et de renforcement démocratique. Mais elle suscite aussi des interrogations du côté de Bruxelles, notamment en matière de gestion des frontières, de corruption et de relations avec la région séparatiste de la Transnistrie, où la Russie exerce une influence significative.
La Moldavie n’est pas seule à vouloir aujourd’hui rejoindre l’UE
Neuf pays sont officiellement candidats pour intégrer l’Union européenne, avec en première ligne, les Balkans occidentaux. Pour 6 d’entre eux, les négociations ont déjà démarré ; il s’agit de la Serbie, du Monténégro, de l’Albanie, de la Macédoine du Nord, de l’Ukraine, de la Moldavie.
En Géorgie, candidat officiel depuis 2024, les négociations n’ont pas encore démarré. La Bosnie-Herzégovine, candidate officielle depuis 2022, a reçu le feu vert du Conseil européen mais elle doit encore remplir certains critères. Et en Turquie, les négociations initiées en 2005 sont suspendues depuis 2018 en raison de la dérive autoritaire du régime.
Enfin il y a le cas du Kosovo qui a déposé sa demande de candidature à l’adhésion à l’UE en décembre 2022, mais celle-ci n’a pas encore été validée par Bruxelles. Chaque candidature doit répondre à des critères stricts, notamment démocratiques et économiques.
Justement la question des critères, c’est un sujet qui sera abordé lors du voyage de la présidente de la Commission européenne dans certains pays candidats cette semaine ?
Ursula von der Leyen a entamé hier une tournée de 4 jours dans les Balkans occidentaux, en démarrant par l’Albanie. A cette occasion, ces pays devraient montrer qu’ils ont pris la mesure des réformes à engager pour espérer rejoindre l’Union européenne.
Enfin à noter également les élections législatives en Géorgie ce week-end. Que peut-on attendre des résultats de ces élections ?
Bien que la Géorgie ait obtenu le statut de candidate officielle à l’Union européenne, le chemin reste semé d’embûches et les négociations n’ont pas encore démarré. Les élections législatives de ce week-end pourraient soit renforcer la voie vers l’adhésion, si les partis pro-européens l’emportent, soit, au contraire, ralentir les négociations si les forces plus conservatrices, parfois proches de Moscou, prennent le dessus. Il ne faut pas oublier que la Géorgie fait également face à des enjeux territoriaux avec l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, deux régions sous influence russe.
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