Loin d’être de simples étendues d’eau, les mers et les océans jouent un rôle fondamental dans l’équilibre de notre planète. Ils régulent le climat, abritent une biodiversité exceptionnelle et soutiennent des millions d’emplois. Un trésor aujourd’hui menacé par l’impact des activités humaines.
Car les océans sont aussi des territoires convoités. Les États y renforcent leur présence, notamment dans des zones stratégiques comme la mer Baltique, surtout depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.
Dans ce contexte, l’Union européenne a un rôle majeur à jouer. 22 de ses 27 pays membres ont une façade maritime. Ensemble, ils forment la plus vaste zone économique exclusive au monde, un espace où les États peuvent exploiter les ressources jusqu’à 200 milles nautiques de leurs côtes.
Dans la pratique, la protection des mers et des océans relève en partie de l’Union européenne. Elle a la compétence exclusive pour gérer les ressources biologiques de la mer mais partage celle de la protection de l’environnement avec les États membres. En revanche, les eaux territoriales restent sous le contrôle des pays. Autrement dit, l’UE donne la direction, mais ce sont les États qui mettent en œuvre les politiques sur le terrain, dans le respect du droit européen et des accords internationaux.
La première priorité, c’est de protéger la biodiversité. L’objectif est clair : sanctuariser 30 % des espaces maritimes et terrestres européens d’ici 2030. Pour y parvenir, l’UE renforce notamment les zones Natura 2000. Elle a aussi adopté en 2024 une loi sur la restauration de la nature, qui impose de restaurer 20 % des milieux marins dégradés à la même échéance. À terme, tous les écosystèmes marins abîmés devront être restaurés d’ici 2050.
Le 5 juin 2025, la Commission européenne a adopté le Pacte européen pour les océans « pour une économie bleue compétitive et des communautés côtières dynamiques« . À horizon 2027, l’Union prévoit de présenter un nouveau texte législatif et de réviser la directive sur la planification des espaces marins pour mieux coordonner les activités en mer. Un Conseil des océans rassemblant ONG et acteurs du secteur sera aussi mis en place afin de garantir une mise en œuvre claire et efficace des objectifs.
Des enjeux multiples et urgents
Mais cette problématique dépasse les frontières. L’Union européenne a également ratifié mercredi 28 mai un traité international historique sur la protection de la haute mer, qui vise à créer de vastes zones marines protégées au-delà des eaux nationales.
Préserver les océans, c’est aussi limiter ce qu’on y rejette. Face à la pollution plastique, l’UE a interdit plusieurs objets à usage unique. Elle pousse aussi pour un traité international contraignant, encore en négociation.
Autre enjeu : le transport maritime, responsable de 3 à 4 % des émissions de CO2 en Europe. Pour verdir ce secteur, l’UE mise sur plusieurs solutions : des carburants alternatifs, des navires plus propres, et l’intégration du secteur maritime au marché carbone européen.
Enfin, pas de politique maritime sans une gestion durable de la pêche. Chaque année, le Conseil de l’UE fixe des quotas par espèce et par zone, ensuite répartis entre les États membres. Premier importateur de produits de la mer, l’Union européenne a une vraie influence sur le secteur halieutique.
Ainsi, protéger les mers et les océans, ce n’est pas seulement protéger l’environnement. C’est aussi défendre notre souveraineté, notre économie, et notre solidarité à l’échelle mondiale.







