Un sommet majeur consacré à l’océan. Du 9 au 13 juin 2025, Nice deviendra pour quelques jours la capitale mondiale de la protection de ces étendues d’eau salée, qui couvrent près de 71 % de la surface du globe. La ville azuréenne accueillera la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC 3), co-organisée par la France et le Costa Rica, dans un contexte international marqué par l’urgence climatique.
Qu’est-ce que l’UNOC ?
L’UNOC est une conférence internationale sous l’égide de l’ONU, visant à mobiliser tous les acteurs (États, ONG, scientifiques…) pour préserver les océans et garantir leur utilisation durable. Régulateur des grands équilibres environnementaux, pourvoyeur de riches ressources et de biodiversité, mais aussi vecteur majeur d’échanges économiques et lien essentiel entre pays et communautés humaines, l’océan est aujourd’hui menacé par de nombreuses pressions comme les effets du changement climatique, la pollution et la surexploitation des ressources marines.
Après deux premières éditions à New York (2017) et à Lisbonne (2022), la France et le Costa Rica co-organisent la 3e Conférence des Nations unies sur l’Océan.
Quand l’événement va-t-il se dérouler ?
Le coup d’envoi sera donné le 8 juin, Journée mondiale de l’océan, par une grande parade maritime en baie des Anges. Les chefs d’État arriveront ce jour-là, veille de l’ouverture de la conférence sur le port de Nice, pour assister aux festivités.
Puis, dès le lundi 9, les chefs d’État et de gouvernement plancheront sur la protection de l’océan. « La plupart seront à Nice jusqu’au 11 juin », a déjà indiqué le Quai d’Orsay. Mais les délégations poursuivront leur travail jusqu’au 13 juin.
Qui y participe ?
Les 193 États membres de l’ONU sont invités. À ce jour, 70 dirigeants mondiaux et des milliers de délégués, scientifiques et représentants d’ONG sont attendus sur la côte d’Azur.
Parmi eux, le Brésil, qui accueillera la COP30 sur le climat en novembre, a confirmé sa présence. Les États-Unis, premier domaine maritime au monde, ne devraient quant à eux pas envoyer de délégation, confirmant les changements politiques liés au retour au pouvoir de Donald Trump, qui s’est retiré fin janvier de l’Accord de Paris sur le climat. La Russie, elle, n’a pas encore confirmé sa venue, en raison du contexte en Ukraine.
L’Union européenne sera également bien représentée. Outre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, les commissaires en charge de la Pêche et des océans, Kóstas Kadís, de la Méditerranée, Dubravka Šuica et de l’Environnement et résilience de l’eau, Jessika Roswall, assisteront à l’événement. La délégation européenne sera complétée par une quinzaine de parlementaires membres des commissions de l’Environnement, du Climat et de la Sécurité alimentaire (ENVI), de la Pêche (PECH) et du développement (DEVE).
Très attendu, ce temps fort a une importance particulière pour l’UE dont 22 des 27 pays membres ont une façade maritime. Ensemble, ils forment la plus vaste zone économique exclusive au monde, un espace où les États peuvent exploiter les ressources jusqu’à 200 milles nautiques de leurs côtes.
Quels sont les enjeux ?
La volonté affichée par l’ONU est « d’accélérer l’action et de mobiliser tous les acteurs pour conserver et utiliser durablement l’océan ». Ainsi, l’UNOC 3 vise à mettre en œuvre l’objectif de développement durable n°14 (ODD 14) des Nations unies sur l’environnement marin autour de trois priorités, afin d’aboutir à un projet d’accord ambitieux :
- œuvrer à l’aboutissement des processus multilatéraux liés à l’océan – notamment le traité sur la haute mer (ratifié par l’UE et six États membres le 28 mai 2025) – afin de rehausser le niveau d’ambition pour la protection de l’océan ;
- mobiliser des financements pour conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable et soutenir le développement d’une économie bleue durable ;
- renforcer et mieux diffuser les connaissances liées aux sciences de la mer pour une meilleure prise de décision politique.
Le « Plan d’action de Nice pour l’océan », composé d’une déclaration politique et d’une liste d’engagements volontaires de la part des parties prenantes, sera adopté à l’issue des discussions internationales menées lors de ce grand rendez-vous.
Quel est le programme ?
Chaque matin auront lieu les séances plénières, au cours desquelles les États membres de l’ONU exprimeront leurs engagements en faveur de l’océan. Les après-midis seront consacrés à deux sessions de dialogues réunissant les États membres, les agences onusiennes ainsi que des représentants de la société civile (ONG, scientifiques, entreprises…).
Ces dialogues, appelés « Ocean action panels », favoriseront la mobilisation des différents acteurs et le lancement de projets concrets pour la protection de l’océan. Ils contribueront à inscrire la conférence dans une dynamique d’action en proposant des solutions concrètes, portées collectivement. Le programme détaillé de la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan est disponible ici.
À noter que cette conférence sera précédée de trois événements spéciaux : le One Ocean Science Congress (4-6 juin 2025, à Nice), le Blue Economy and Finance Forum (7-8 juin 2025, à Monaco), et la Conférence dédiée à la Coalition Ocean Rise & Coastal Resilience (7 juin 2025, à Nice).
Dans un contexte de dérèglement climatique et de tensions géopolitiques, l’UNOC 3 représente une opportunité unique pour replacer l’océan au cœur de l’agenda mondial.







