Le Vatican, Etat le plus petit et le moins peuplé au monde, est souvent perçu comme une entité à part, tant sur le plan géographique que politique. Située en plein cœur de Rome, cette enclave de 44 hectares est entourée par l’Italie, membre fondateur de l’Union européenne. L’Etat de la Cité du Vatican est avant tout le territoire du Saint-Siège, institution suprême de l’Eglise catholique.
Si le Vatican n’est pas membre de l’Union européenne, il entretient avec celle-ci, ainsi qu’avec les pays qui en sont membres, des relations diplomatiques, économiques et politiques de longue date.
Quelles sont les relations entre le Vatican et l’Union européenne depuis 1957 ?
Enclavé en Italie, l’un des principaux pays membres de l’Union européenne, le Vatican entretient des relations étroites avec l’UE. Les relations diplomatiques entre les deux parties ont été officialisées en novembre 1970, lorsque le nonce apostolique et chef de la mission du Saint-Siège à Bruxelles, Mgr Igino Eugenio Cardinale, a présenté ses lettres de créance au président de la Commission européenne de l’époque, Franco Maria Malfatti. La fonction de nonce apostolique auprès de l’UE est vacante depuis le décès en août 2024 du prélat irlandais Noël Treanor, qui l’occupait depuis 2022.
Le premier ambassadeur de l’UE auprès du Saint-Siège a, quant à lui, été accrédité en juin 2006. Il est par ailleurs ambassadeur de l’Union auprès de la République de Saint-Marin, de l’Ordre de Malte et des organisations des Nations Unies basées à Rome. La fonction est occupée depuis septembre 2024 par Martin Selmayr.
Les liens entre le Vatican et l’UE « sont d’abord des liens de dialogue« , rappelait Sébastien Maillard, ancien correspondant du journal La Croix à Rome, dans une interview donnée à Vatican News, en 2021. Selon lui, le Saint-Siège fait part « d’une bienveillance critique envers la construction européenne« .
Sous Pie XII (1939-1958), le Saint-Siège soutenait activement la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Durant son pontificat long de 26 ans (1978-2005), Jean-Paul II s’est inquiété à plusieurs reprises du devenir de l’identité chrétienne du continent. « O vieille Europe, je te lance un cri plein d’amour : retrouve-toi toi-même, sois toi-même« , déclarait-il en novembre 1982 lors d’un discours prononcé à Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne). Une inquiétude répétée en octobre 1988, cette fois-ci au Parlement européen de Strasbourg, puis reprise par son successeur, Benoît XVI (2005-2013). Un an avant la chute du mur de Berlin, le pape Jean-Paul II, d’origine polonaise, exprimait son soutien à un élargissement de la construction européenne à l’Est lors de son discours au Parlement européen.
Après son intronisation en 2013, le pape François a rappelé à de nombreuses reprises à l’UE quelles étaient ses valeurs de solidarité, d’humanisme et d’entraide, particulièrement lors des périodes de pression migratoire. Il a d’ailleurs été récompensé par le prix international Charlemagne d’Aix-la-Chapelle en 2016, distinction décernée depuis 1950 à des personnalités qui se sont engagées pour l’unification européenne. « Je rêve d’une Europe qui promeut et défend les droits de chacun, sans oublier les devoirs envers tous« , déclarait-il dans son discours.
Ces interventions plus ou moins régulières des papes successifs vis-à-vis de l’UE et de son action font dire à Sébastien Maillard que le pape et, par extension, le Saint-Siège et l’Eglise catholique, servent « de conscience, de rappel aux Européens de ce qu’ils sont, de leur ‘baptême’« .

Quelle est la monnaie utilisée au Vatican ?
Bien qu’il ne soit membre ni de l’Union européenne, ni de la zone euro, le Vatican utilise l’euro comme monnaie officielle. Un accord monétaire entre l’UE et le Vatican permet au micro-Etat d’utiliser l’euro comme monnaie légale et d’émettre, sous certaines conditions, un certain nombre de pièces en euros, mais pas de billets. Andorre, Monaco et Saint-Marin sont également concernés par ce genre d’accord.
Avant l’introduction de l’euro, la lire vaticane était la monnaie officielle du Vatican, utilisable aussi sur le territoire italien. Les pièces frappées par le Vatican sont généralement prisées des collectionneurs, car rares. La Commission européenne a demandé à plusieurs reprises au Vatican de mettre davantage de pièces en circulation pour éviter la spéculation.
Par ailleurs, l’accord monétaire entre l’UE et le Vatican prévoit l’application des règles de l’UE en matière de lutte contre la contrefaçon, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Le Vatican fait-il partie de l’espace Schengen ?
Le Vatican n’est pas officiellement membre de l’espace Schengen, mais il bénéficie de facto des mêmes règles en raison de sa situation géographique unique. Etant entièrement entouré par l’Italie, qui fait partie de l’espace Schengen, le Vatican maintient une frontière ouverte avec celle-ci. Cela signifie que les visiteurs peuvent entrer au Vatican sans contrôle supplémentaire des passeports, une fois qu’ils ont franchi les contrôles à l’entrée de l’Italie.
Les règles douanières du Vatican, elles, sont fondées sur un accord conclu en 1930 avec l’Italie, qui exonère le Vatican de tous les droits et taxes communautaires. La petite quantité de marchandises originaires du Vatican et exportées vers l’Italie est ainsi exonérée de droits et soumise à un régime préférentiel.







