Alors que plusieurs pays africains font face à des échéances de dette de plus en plus lourdes, un panel d’experts appelle le G20 à créer d’urgence un mécanisme de refinancement capable de remplacer les obligations les plus coûteuses par des financements abordables.
À trois jours du sommet du G20 qui se tiendra à Johannesburg, en Afrique du Sud, un panel d’experts africains a choisi de bousculer l’agenda international. Le message qu’ils souhaitent faire passer : sans un mécanisme de refinancement massif et immédiat, plusieurs pays pauvres – en Afrique et au-delà – risquent d’être écrasés par le poids de leur dette.
Mis en place par la présidence sud-africaine du G20, le groupe propose de rompre avec les recettes classiques, jugées trop lentes et trop timorées. Finies les restructurations interminables et les discussions techniques qui n’en finissent pas d’aboutir. Les experts plaident pour un outil simple, rapide : un dispositif permettant de remplacer la dette la plus chère par des financements accessibles, avant que la spirale de remboursement ne devienne incontrôlable.
Dans un rapport rendu public mardi, ils avancent plusieurs pistes : un fonds dédié capable de racheter les obligations les plus onéreuses, ou des mécanismes d’échange de dette mobilisant des ressources concessionnelles. Le FMI pourrait jouer un rôle central, via l’utilisation des droits de tirage spéciaux (DTS). Les réserves d’or de l’institution sont aussi évoquées, si les membres du G20 acceptent d’en ouvrir l’usage.
Derrière ces propositions, un constat : pour de nombreuses économies à faible revenu, le temps est compté. Les remboursements explosent, les marges budgétaires fondent, et les programmes sociaux deviennent des variables d’ajustement. « Certains pays ont besoin d’air maintenant, pas en 2027 », glisse un membre du panel.
Cette équipe rassemble des figures reconnues, dont un ancien ministre sud-africain des Finances et un ex-gouverneur de la Banque centrale du Kenya. Tous pointent l’inefficacité du « Cadre commun » lancé par le G20 après la covid-19. La Zambie et le Ghana, censés être des cas tests, y ont passé des années sans obtenir un accord définitif. Pendant ce temps, d’autres États comme le Sénégal ou le Mozambique voient les tensions monter.
Le panel va plus loin en appelant les pays endettés à s’unir dans un « club des emprunteurs », destiné à rééquilibrer un rapport de forces largement dominé par les créanciers. L’ambition : peser davantage sur la réforme de l’architecture financière mondiale, notamment celle du FMI.
L’Union africaine, de son côté, pousse la création d’un mécanisme continental de refinancement, sans calendrier ferme pour l’instant. Mais le discours converge : la dette est revenue au centre du jeu, menaçant la stabilité financière de plusieurs régions.







