- 10 August 2026
- Updated 18h29
Carte, espèces, frais : comment payer en Europe ?
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- Max LIPORT
- 4 août 2026
- À la une Institutions
Espèces, chèques, carte bancaire, mandat… il vous est possible d’utiliser différents moyens de paiement pour régler vos achats dans l’Union européenne. Et les règles valent généralement au sein de la zone euro comme à l’extérieur.

Vous voyagez en Europe ou vous prévoyez de le faire ? L’Union européenne a mis en place plusieurs règles pour protéger les consommateurs et lutter contre le blanchiment d’argent. Retrouvez l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour payer avec des espèces, par chèque ou par carte bancaire en Europe.
Paiements en espèces
C’est le mode de paiement le plus répandu. Vous pouvez utiliser l’euro dans les 21 pays de l’UE membres de la zone euro. Certains pays utilisent très souvent l’argent liquide pour les paiements, comme l’Allemagne. À l’inverse, de nombreux bars, restaurants ou commerces suédois n’acceptent plus les règlements en espèces.
Dans les pays européens qui ne font pas partie de cette zone, de nombreux commerces acceptent les paiements en euros en plus de la monnaie nationale, bien que ce ne soit pas une obligation. C’est par exemple le cas dans les régions touristiques très fréquentées. Certains États tiers utilisent aussi l’euro, comme le Kosovo. Vous devez comparer les divers taux de change pratiqués par les banques lors du change des euros contre les devises des autres pays que vous visitez.
Il y a souvent un montant maximum à ne pas dépasser si vous payez en espèces. À compter du 10 juillet 2027, un plafond de 10 000 euros pour les paiements en liquide sera en vigueur à l’échelle de l’UE. Objectif : limiter le blanchiment d’argent sur le Vieux Continent et permettre une meilleure harmonisation des politiques des États membres dans ce domaine, jusque-là très disparates (voir tableau en fin d’article).
Par ailleurs, le nouveau règlement concerne également les paiements en espèces d’un montant entre 3 000 et 10 000 euros, pour lesquels une pièce d’identité vous sera demandée. Les règles adoptées entreront en vigueur le 10 juillet 2027. Une fois la loi publiée au Journal officiel, il y aura une période de transposition dans les États membres avant qu’elle commence à s’appliquer.
Dans les faits, lorsque la législation s’appliquera, Les États pourront maintenir ou adopter un plafond plus strict, ce qui est déjà le cas dans de nombreux pays. En France, les paiements sont par exemple plafonnés à 1 000 euros en liquide pour les résidents fiscaux français et les professionnels, ainsi qu’à 15 000 euros pour les non-résidents fiscaux. Le paiement en espèces entre particuliers n’est pas limité, même si une trace écrite est obligatoire au-delà de 1 500 euros afin de prouver le versement. Si vous traversez la frontière, sachez que d’autres pays ont des règles comparables, comme la Belgique (3 000 euros de plafond) ou l’Espagne (auprès des commerçants 1 000 euros de plafond de paiement en espèces sinon 10 000 euros pour les non-résidents fiscaux).
Paiements et retraits par carte bancaire
Les cartes bancaires internationales (Visa, MasterCard…) vous permettent de régler vos achats et de retirer des espèces dans les distributeurs automatiques de billets. Les cartes bancaires internationales offrent le plus souvent un certain nombre de services connexes, comme des assurances médicales ou des assurances rapatriement.
Pour l’utilisation d’une carte de débit ou de crédit de consommateur dans l’UE, les commerçants ne peuvent généralement pas vous facturer de supplément lié au moyen de paiement (« surfacturation »). Cette interdiction ne s’applique notamment pas à certaines cartes comme American Express ou Diners Club, ni aux cartes professionnelles. Des frais de conversion peuvent toutefois s’appliquer si vous voyagez dans un pays hors de la zone euro.
Au printemps 2020, dû à son utilisation croissante pendant la pandémie de Covid-19, le plafond du paiement sans contact a augmenté dans plusieurs pays européens. Pour les paiements effectués sans authentification forte, le montant est généralement limité à 50 euros par transaction. La réglementation européenne prévoit également deux seuils, calculés depuis la dernière authentification et non par jour : cinq transactions successives et un montant cumulé de 150 euros. Leur dépassement peut conduire la banque à demander le code confidentiel.
La pratique du paiement avec son smartphone ou sa montre connectée se répand en Europe. Contrairement aux paiements sans contact par carte effectués sans authentification forte, ces règlements ne sont pas nécessairement limités à 50 euros. Des limites ou des frais peuvent toutefois être appliqués par la banque ou le fournisseur du service, notamment à l’étranger. Consultez votre banque pour en savoir plus.
Par ailleurs, le règlement européen sur les marchés numériques (le Digital Markets Act, DMA), impose des obligations particulières aux grandes plateformes désignées comme contrôleurs d’accès. S’agissant des paiements mobiles, la Commission européenne a également rendu contraignants des engagements d’Apple ouvrant la technologie NFC de l’iPhone aux portefeuilles mobiles concurrents d’Apple Pay dans l’Espace économique européen.
Le virement d’une somme d’argent d’un compte bancaire à un autre est aussi très répandu. Les virements en euros sont harmonisés au sein de la zone SEPA (espace unique de paiement en euros), mise en place progressivement et pleinement déployée dans la zone euro en 2014. Dans l’Espace économique européen, les virements ordinaires en euros transmis par voie électronique sont généralement exécutés au plus tard le jour ouvré suivant. Les banques peuvent fixer leurs propres tarifs, mais ceux-ci doivent être les mêmes pour les virements nationaux et transfrontaliers équivalents. Pour effectuer un virement SEPA, l’IBAN du bénéficiaire suffit en principe ; le BIC n’est plus demandé au client.
Pour les virements en devises de l’Espace économique européen (EEE), le délai d’exécution est de maximum 4 jours ouvrables. En revanche, pour les virements en euros en dehors de la zone SEPA et les virements en devises en dehors de l’EEE, les délais peuvent varier.
Vers un futur système bancaire européen ?
Lancé en 2024 par le consortium de banques européennes European Payments Initiative (EPI), le dispositif Wero permet les virements en euros entre particuliers en Allemagne, en France et en Belgique, et depuis peu les paiements en ligne. En 2026, les achats en magasin, les abonnements et d’autres services additionnels devraient également être disponibles. Wero compte actuellement 47 millions d’utilisateurs potentiels par mois, soit moins d’un Européen sur 10. Il devrait prochainement être utilisé aux Pays-Bas, et progressivement étendu au reste de l’Europe.
De son côté, l’Union européenne souhaite développer sa propre solution : l’euro numérique. Soutenu par la Banque centrale européenne, le projet a pour but de permettre, dans l’ensemble de la zone euro, des transferts d’argent entre particuliers, ainsi que des paiements chez les commerçants et en ligne, pour un plafond qui pourrait se limiter à 3 000 euros. Si la législation est adoptée d’ici la fin de l’année, la mise en circulation de l’euro numérique pourrait intervenir en 2029.
Discrimination à l’IBAN
La Commission européenne a mis en place un formulaire en ligne afin de surveiller si des discriminations à l’IBAN ont toujours lieu dans l’Union européenne. Cette discrimination se produit lorsqu’un organisme refuse un virement ou un prélèvement SEPA au motif que le compte est domicilié dans un autre État membre, alors qu’il accepte les comptes nationaux. Elle est interdite dans l’Union européenne. En cas de problème, le consommateur peut introduire une plainte auprès de l’autorité nationale compétente.
La zone SEPA comprend 41 pays et territoires : les 27 États membres de l’Union européenne, les pays de l’Association européenne de libre échange (Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse), ainsi que le Royaume-Uni, l’Albanie, la Macédoine du Nord, la Moldavie, le Monténégro, la Serbie, le Vatican, Andorre, Monaco et Saint-Marin.
Quels frais paie-t-on dans les autres pays européens ?
D’après Your Europe, pour certaines opérations en euros réalisées dans un autre pays de l’UE, votre banque doit appliquer les mêmes frais que pour une opération nationale équivalente. Cette règle ne couvre pas les éventuels frais de conversion monétaire. C’est notamment le cas pour :
- les virements entre comptes bancaires dans différents pays de l’UE,
- les retraits à des distributeurs automatiques dans les pays de l’UE,
- les paiements par carte de débit ou de crédit dans toute l’UE,
- les prélèvements automatiques.
Procédure de « chargeback »
Cette procédure est encore assez méconnue en France. La rétrofacturation, souvent appelée « chargeback« , est un service contractuel proposé par certaines marques de paiement. Elle peut permettre, sous certaines conditions, de contester un achat réglé par carte et d’en obtenir le remboursement par l’intermédiaire de sa banque, notamment en cas de non-livraison ou de liquidation du vendeur. Ce service n’est pas obligatoire : les motifs admis, les délais et les éventuels frais dépendent du contrat de la carte de paiement. Il convient donc de vérifier les conditions auprès de sa banque ou de la marque de paiement
Besoin d’aide pour faire valoir vos droits ? Adressez-vous :
– au réseau FIN-NET pour un problème avec un prestataire de services financiers
– au réseau CEC pour un problème avec un commerçant
Paiements par chèque
Dans les pays de la zone euro, vous pouvez utiliser un chéquier en euro si les commerçants l’acceptent. Toutefois, les établissements bancaires peuvent prélever des frais, variables d’un établissement à l’autre et qui peuvent être très élevés. L’encaissement d’un chèque en provenance d’un autre pays européen peut, lui aussi, comporter des coûts significatifs, il est donc important de s’en informer au préalable.
Même s’il reste largement utilisé en France, qui représentait 88 % des chèques émis dans l’Union européenne selon les données de la BCE en 2025, ce moyen de paiement est beaucoup moins courant dans les autres pays européens De nombreux États n’acceptent plus les règlements par chèque, comme la Suède. C’est également le cas en Bulgarie, en République tchèque, en Estonie et au Danemark.
Mandat ordinaire international
Un mandat international permet de transférer, à moindre coût, des espèces à l’étranger avec le réseau postal international. Cette opération ne doit pas être liée à un échange commercial.
Pour émettre un mandat ordinaire international, il vous faut vous présenter dans un bureau de poste, remettre les espèces qui doivent être transférées et communiquer le nom et l’adresse du bénéficiaire. Vous ne devez pas nécessairement disposer d’un compte à la Banque postale. Le bénéficiaire reçoit les fonds dans la monnaie qui a été retenue par le pays de destination pour effectuer le paiement. En règle générale, le délai d’acheminement des fonds est le même que celui du courrier (4 à 5 jours pour l’Europe).
Transparence des frais
Les établissements bancaires doivent vous informer à l’avance des frais qu’ils vous facturent pour tout type de paiement transfrontaliers ou nationaux : par virement, carte bancaire ou chèque. Ces informations sont mises à votre disposition sous forme écrite ou par voie électronique.
Tableau : les plafonds de paiement en espèces en Europe
| Pays | Plafonnement du paiement en espèces |
|---|---|
| Allemagne | Pas de limite |
| Autriche | Pas de limite |
| Belgique | 3 000 euros |
| Bulgarie | environ 5 000 euros |
| Croatie | 15 000 euros |
| Chypre | Pas de limite |
| Danemark | Pas de limite entre particuliers mais chez les commerçants on ne peut pas dépenser plus de 20 000 couronnes danoises (soit environ 2 690 euros) |
| Espagne | Auprès des commerçants 1 000 euros de plafond de paiement en espèces sinon 10 000 euros pour les non-résidents fiscaux |
| Estonie | Pas de plafond général. Les commerçants sont toutefois tenus d’accepter jusqu’à 50 pièces par paiement, quelle que soit leur valeur. |
| Finlande | Pas de limite |
| France | 1 000 euros de plafond pour les résidents fiscaux français et les professionnels et 15 000 euros pour les non-résidents fiscaux français |
| Grèce | 500 euros sauf pour l’achat d’un véhicule |
| Hongrie | Pas de limite pour le consommateur mais les personnes morales, associations d’entreprises et particuliers soumis au système de TVA sont limités à 1,5 million de forints par mois (soit environ 3 820 euros) |
| Italie | 5 000 euros |
| Irlande | Pas de limite |
| Lettonie | 7 200 euros |
| Lituanie | 5 000 euros |
| Luxembourg | Pas de limite |
| Malte | Certains articles ne peuvent être achetés avec plus de 10 000 euros en espèces |
| Norvège | Pas de limite entre particuliers mais pas d’achat auprès de professionnels dépassant 40 000 couronnes norvégiennes (soit environ 3 840 euros) et pour les services pas plus de 10 000 couronnes norvégiennes (soit environ 960 euros) |
| Pays-Bas | Moins de 3 000 euros pour l’achat de biens. |
| Pologne | Pas de limite pour les particuliers, pour les paiements entre commerçants les paiements sont plafonnés à 15 000 zlotys (soit environ 3 270 euros) |
| Portugal | 3 000 euros. Pour les consommateurs hors du Portugal plafond à 10 000 euros, contre 1 000 euros pour ceux payant leurs impôts au Portugal |
| République tchèque | 270 000 couronnes tchèques par jour (soit environ 10 500 euros) |
| Roumanie | Entre consommateurs 50 000 lei (soit environ 10 050 euros), auprès des professionnels 5 000 lei (soit environ 1 000 euros) et pour la livraison de biens et services 10 000 lei (soit environ 2 000 euros) par jour |
| Royaume-Uni | Pas de limite |
| Slovaquie | Entre commerçants et auprès des consommateurs, jusqu’à 5 000 euros, pour les particuliers 15 000 euros |
| Slovénie | Les commerçants n’acceptent pas plus de 5 000 euros |
| Suède | Pas de limite |
Source : Centre européen des consommateurs France – Les règles peuvent varier selon la nature de la transaction et le statut du payeur ou du bénéficiaire. Elles sont susceptibles d’évoluer. À compter du 10 juillet 2027, un plafond européen de 10 000 euros s’appliquera aux paiements effectués en contrepartie de biens ou de services, sauf plafonds nationaux plus bas.







